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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 11:49

 

VISION – 2006.

 

 

La perfection est bien de ce monde

Elle se cache à ce qu’il paraît mais ouvrez l’œil intérieur

Ouvrez-le bien

 *

Regardez le jeune Africain qui passe sur le trottoir d’en face

Qui passe passe devant les échoppes débordant de fruits juteux

Les vitres merveilleuses de transparence

Les murs de brique qui soutiennent des étages de vies quotidiennes

Regardez le grain de sa peau regardez sa démarche

Le ballet de ses pas

 *

Approchez-vous et observez dans ses yeux les pensées qui s’agitent

Une multitude de petites feuilles vertes et rouges vibrant au vent de l’esprit

Et on peut même aller plus loin jusqu’au souvenir de la grand-mère

Au souvenir du dernier repas le jour de sa mort et de son sourire au moment

De rendre le dernier souffle sur le lit de bois ciselé 

Jusqu’au souvenir de l’amour qui est encore l’amour

 *

Regardez comme il se détourne vers cette jeune fille du quartier

Qu’on croirait timide sous son foulard de soie bien ajusté

Elle vous rappelle Mona Lisa sur fond de murs tagués

En mieux

Ses poignets sont des brindilles ses joues de lait

C’est juste une fille et un gars du quartier

Mais réchauffée par le regard la timidité devient invitation

L’invitation plaisir et le plaisir

Partage

 *

Passez et volez à travers les rues de la grande ville

Croisez le chien sans son maître les rails brillants du tramway

Les discours de l’épicier et du coiffeur d’à côté

Prenez de la hauteur un instant

Elevez-vous

D’en haut la perspective n’est pas très différente

Les buildings les rues les vies en mouvement perpétuel

Un organisme

Tout comme l’une des cellules sur la peau fraîche du jeune homme

C’est juste un changement d’échelle

 *

Revenez quelques temps plus tard

C’est l’été à présent

Les arbres regorgent de feuilles regorgent de vert un vert presque noir

Les oiseaux palabrent à contre-jour

Notre couple est attablé à une petite terrasse

Pas loin du coiffeur et de l’épicier

Casquette vissée il tient son portable à la main et de l’autre la main de la fille

La fille devenue femme

Des avions dessinent des sillages de vapeur au dessus de leur tête

Des étoiles filent dans ses yeux

Elle se tait

Il caresse la rondeur naissante de son ventre

 *

Et vous qui osiez me dire que la perfection n’est pas de ce monde

 

 

 

 

 

 

 

 

Arnaud Delcorte.

 

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Published by ANANDA.
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