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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 13:54

VESPERALES.

 

 

Je baguenaude, je tournille, je n’ai lieu qu’à l’orée, vaguement dessaisi, peupliers, oliviers, acanthes, et les toits, la lumière immobile, un laps, puis tout s’incline vers le couchant, un chien au loin aboie grave et doux comme un soupir, il ne perturbe pas grand-chose, j’en aurais envie d’être chien truffe pattes sur la trame de l’heure, je ne sais quoi soudain tressaille, peut-être l’aboiement, le brillant des tons, la sculpture des sons, je cille, sans raison patente jette un œil à la croisée, cette splendeur immaîtrisable, je frôle de la main un buffet, très vieux, sans vraiment le toucher, tends l’oreille, je n’entends toujours rien à ce signe, cette forme d’invite, miniature par instants, tous les jours là, chaque jour singulière, et le vent dans le feuillage du peuplier, la clarté presque bise à l’entour du fût, on le dirait figé, mais non, il se transforme au plus intime, aussi bien que le gazon, les étourneaux, les nues autour, mais trop long le délai pour que nos yeux l’englobent, trop bref pour celui du pech, aucun ne va à même allure ; l’univers ? un fagot de vitesses, contrecroisées, entrelacées, la plupart du temps discordantes, celle de la Petite Ourse et du pouls, de la falaise et du cers, de la pierre taillée, de l’épeire, chaque chose frémit selon son tempo, et les choses se dérobent, les pins grésillent dans les flammes d’où giclent des bluettes qu’emporte l’autan fou, on voit, par chance, des lucioles, on perçoit un bruissement, rivière, feuilles ou ton pas sur le gravillon de l’allée, on fend la foule des passants le long d’un trottoir sous un soleil de biais, le ciel à la croisée, ce n’est pas le même, les doigts laissent choir leur mainmise mais la perte est si peu vite qu’on ne s’en avise pas, on ne quête qu’un peu d’air, celui des ciels qui filtre entre vantaux à peine ouverts, un éclair aimantant au fond d’une prunelle, ta jupe haut fendue sur une cuisse nue, j’y crois, marque le pas. Trop tard ! Nevermore peut-être.

 

 

Et le monde illimité, in(dé)fini, sans monde, n’en finit pas de finir.

 

 

 

 

 


 

 

 

François Laur.

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Published by ANANDA.
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