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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 16:21
 

Il s’agit là du premier volet d’une série documentaire allemande.

Si l’exploration spatiale a longtemps obsédé les scientifiques, celle des océans terrestres – pourtant beaucoup plus proches – ne fait que commencer.

Les eaux du Golfe du Maine, aux Etats-Unis, sont « les eaux les plus étudiées du monde ».

Il n’empêche que la prise de conscience – toute récente – de l’importance des océans a amené un océanographe américain à les « cartographier », au moyen d’une « caméra spéciale ultramoderne » ayant pour mission de filmer « toutes les formes de vie présentes ».

« Un esprit nouveau – nous annonce-t-on en grande pompe – souffle sur la recherche océanique ». Il s’agit, en effet, maintenant, de percer « le moindre secret » de cette masse d’eau titanesque, berceau de la Vie, et de ce qu’elle abrite.

Dans ce but, il y a quelques années, a été lancé le non moins titanesque projet d’un « recensement de la vie marine partout dans le monde ».

D’ores et déjà, les scientifiques se déclarent émerveillés par la variété biologique et « la quantité de nouvelles espèces », qui les « surprend » sans cesse. Le moins que l’on puisse affirmer, c’est qu’ « on ne s’y attendait pas ».

ROV est un « sous-marin dernier cri, un robot de trois tonnes et demi », voué à l’exploration des « milieux les plus reculés du globe ». C’est à la faveur de sa présentation qu’un spécialiste nous précise que « seulement 10% des fonds marins sont [actuellement] connus de manière grossière, et que moins de 1% le sont de manière détaillée ».

C’est dire si la tâche qui attend ces nouveaux explorateurs de l’extrême est exaltante : un vrai défi !

Au cœur des « abysses »( « par 3500 mètres de fond »), en particulier, se trouvent « les fumeurs noirs », qui intriguent énormément les biologistes. Ces milieux, qui sont les plus inhospitaliers de la planète, produisent, entre autre, dans leurs colonnes d’eau en ébullition, de la « chaleur, des gaz toxiques (sulfuriques) », ainsi que des « métaux précieux ». Mais leur principal intérêt est de receler « dans une obscurité totale », une vie extraordinairement riche, « foisonnante », quasiment baroque par ses formes, que l’on commence seulement à découvrir.

Pour les savants, les conditions qui règnent en ces endroits hostiles sont « les mêmes conditions qu’aux débuts de la Vie » !

Imaginez… « au cœur d’un fumeur noir », on a enregistré des températures maximales de 407,1 degrés… « un record » !

L’eau, dans un tel cadre, nous assure-t-on, subit une « étonnante transformation : elle ne peut même plus bouillir ! »

Bien entendu, des « échantillons géologiques » y ont été prélevés (un peu comme sur la Lune ou Mars), ceci afin de déterminer « pourquoi les fumeurs noirs sont-ils si propices à la Vie ».

Et il est vrai que, face à un tel phénomène, les scientifiques qui l’étudient sont de plus en plus enclins à penser que ce sont « les substances chimiques en provenance du noyau terrestre » qui seraient « à l’origine de la Vie ». Quel bouleversement conceptuel !

On voyait jusqu’alors le massif de l’Himalaya comme la plus imposante des chaînes de montagnes terrestres. Et bien non ! Le progrès dans la connaissance du fond des mers nous détrompe désormais, de façon assez fascinante : « avec ses 60 000 km de long, ses 2 000 km de large et ses 3 000 km de haut », c’est la « dorsale océanique » qui est « la plus grande chaine du monde » !

Cette cicatrice dans la croûte terrestre fait le tour du globe, et totalise un très grand nombre de « cheminées » sans la présence desquelles, nous assure-ton à nouveau, la Vie, vieille de 4 milliards d’années, n’existerait pas.

La Vie serait donc issue du ventre de la Terre, d’un mariage du feu et de l’eau ? Belle perspective !

Après celle de la fameuse « soupe primitive » (selon laquelle, en gros, la Vie serait née de successions ininterrompues de pluies et d’éclairs), une nouvelle conception de l’apparition des entités biologiques se fait jour, qui voit dans les « sources thermales » que constituent ces cheminées sous-marines (lesquelles diffèrent des fumeurs noirs) la source des « acides aminés, sucres et bases », par « agglutination des molécules organiques dans un espace confiné ».

Toujours selon  cette hypothèse, le résultat direct de tout ce processus fut l’ARN.

Mais, en ces époques lointaines et en ces fonds marins, les séismes étaient monnaie courante ; ils entraînaient l’effondrement des cheminées, et il n’en fallait pas plus pour que la Vie, beaucoup trop fragile, disparaisse. Heureusement, nous explique-t-on, tout « ce processus se répéta en boucle »…jusqu’à ce que les toutes premières cellules aient enfin l’ingénieuse « idée » de se mettre à sécréter une « enveloppe lipidique ». Dès lors, protégées par ce cocon, elles purent se détacher des cheminées originelles et dériver dans les océans, et puis se reproduire…on y était !

Autre phénomène tout aussi intrigant : bien plus tard, « au Cambrien, l’explosion de la diversité des espèces » vivantes.

Les savants s’expliquent : pendant l’antique période dite « édiacarien », tout restait simple : « on se contenta d’aspirer sa proie » pour se nourrir. « Puis apparaissent les trilobites », animaux déjà plus complexes. L’époque des changements est venue.

On nous raconte que, le 30 août 1909, un dénommé WALCOTT et son épouse, en excursion à cheval dans les Montagnes Rocheuses canadiennes et soudain pris dans une averse de neige, découvrirent, tout à fait par hasard, les fameux « schistes de Burgess ». Dans les premières plaques de schiste qu’ils soulevèrent, à même le sol enneigé, un étrange fossile, que l’on baptisa par la suite MARELLA.

Aux yeux des paléontologues et biologistes, « les schistes de Burgess sont le coffre au trésor du Cambrien ». Ils constituent un témoignage inespéré et inestimable de cette époque décisive dans l’histoire de la Vie sur Terre.

L’étrangissime « faune de Burgess » est, en fait, une faune qui fut anéantie par un glissement de terrain, dans le fond sous-marin de l’époque, devenu, des millions d’années plus tard, les Montagnes Rocheuses. Elle recèle de tout petits animaux aux formes et aspects fantastiques parmi lesquels se distingue un seul et unique « méga prédateur », un « monstre » de deux mètres de long, ANOMALOCARIS, dont la reconstitution donna aux scientifiques bien du fil à retordre. Cet animal digne d’un roman de science-fiction avec ses allures d’extra-terrestre, avait les trilobites pour proie favorite.

Pour en revenir aux habitants (tout ce qu’il y a d’actuels quoique tout ce qu’il y a de « fantastiques » eux aussi) des fumeurs noirs, il n’est pas inintéressant de signaler qu’ "ils pourraient receler des substances utiles pour la création de nouveaux médicaments ».

Pas moins de « 300 espèces » ont été découvertes près des sources chaudes, et toutes ont la particularité « d’absorber les gaz toxiques et métaux lourds ».

Comment font-elles ?

« Quelles sont leurs stratégies de survie », en d’autres termes ?

Les savants nous rappellent que nous avons affaire à une « concentration extrême d’espèces », à des « formes de vie si étranges qu’on dirait que l’évolution a travaillé dans l’urgence ».

On connait désormais le « premier maillon » de la chaîne alimentaire de cet écosystème : « les bactéries sulfureuses, seuls animaux totalement indépendants de la lumière solaire » à exister sur cette planète.

Nous voici ensuite transportés dans le Pacifique Sud, au XIXe siècle : on nous entretient d’une « vaste expédition océanographique allemande » financée par Guillaume II, et menée à bien par « treize scientifiques », à bord d’un navire nommé le VALDIVIA. Cette expédition, qui poussa jusqu’au continent Antarctique, effectua dans l’océan des « sondages au-delà de 500 m de profondeur», qui lui permirent de ramener, dans de simples filets, nombre d’ « organismes totalement inconnus ». Un excellent dessinateur, Fritz WINTER, se chargea aussitôt de les reproduire avec minutie, et le documentaire nous permet d’admirer au passage quelques unes de ses œuvres parmi lesquelles « le vampire des abysses », à l’époque, ne manqua pas de frapper les imaginations. A partir de ce moment-là, les créatures abyssales, que l’on découvrait avec un mélange de fascination et de frayeur, seront longtemps considérées comme des « aberrations ». A tort. La science actuelle, qui n’a plus du tout le même point de vue, y voit à présent des « adaptations physiologiques à un milieu extrême ».

Sont-elles pour autant moins fascinantes, moins importantes ? Certainement pas.

Les savants contemporains continuent d’accorder une grande importance à des collections telles que celle issue de l’expédition du VALDIVIA, qu’elle juge « d’une valeur inestimable ».

Pour qui veut savoir « à quoi ressemblaient les océans d’hier », les compte-rendu datant du XIXe siècle demeurent très précieux.

Paul HOLM, notamment, mène, là-dessus, des recherches approfondies.

En consultant des archives au King’s College de Cambridge, il a fait l’intrigante constatation que « beaucoup de poissons consommés aujourd’hui étaient nettement plus gros autrefois ». Il développe : « après 975, la taille des poissons d’eau douce qui, à l’époque, intéressaient seuls les pêcheurs, s’est mise à diminuer fortement et c’est alors que les gens se sont tourné vers la pêche en haute mer ».

Maintenant, on le sait : « autrefois, baleines, requins ( !), dauphins, harengs, thons par bancs immenses évoluaient dans la Mer du Nord ». Pour les thons, on ne commença à les consommer que dans les années 1930, et ils disparurent dans les années 1960 de cette mer .

Mais on ne peut pas évoquer les masses d’eau que sont les océans sans parler de la Lune.

Il faut penser (et cela ne nous vient pas souvent à l’esprit, certes) que « sans l’effet de freinage de la lune » sur la vitesse de rotation terrestre, notre planète serait « en permanence balayée par des ouragans géants », et l’atmosphère y serait « mince, irrespirable » ; par voie de conséquence, les créatures y seraient « plates », obligées de vivre au plus près du sol, de s’y accrocher « par des crochets ou des ventouses » et « la station debout serait impossible ». Merci, Madame la Lune !

La Lune ! Quelle est son origine ?

Si l’on spécule depuis longtemps là-dessus, en juillet 1969, la récolte d’échantillons de sol lunaire par Neil ARMSTRONG apporta, comme on pouvait s’y attendre, des éléments décisifs.

A présent, « 400 kg de roches lunaires » sont entreposés à Houston, au Texas, et leur étude a permis de faire remonter l’âge de notre précieux satellite à 4,2 milliards d’années.

De plus, une « grande ressemblance avec les roches terrestres » a été dûment mise en évidence.

Le scénario s’éclaire : la Terre fut heurtée par une planète de la taille de Mars, et les débris qui en résultèrent formèrent d'abord, autour d’elle, un anneau ; ensuite, sous l’effet d’un « phénomène d’accrétion des débris », se forma la lune.

L’étude des roches lunaires permit aussi un autre constat, peut-être plus intéressant encore : par leur âge, « les derniers cratères lunaires correspondent à l’époque où la Vie est apparue sur Terre ». C’est capital, car, de cela, on ne peut déduire qu’une chose : « il a fallu que le bombardement météoritique s’arrête pour que la Vie apparaisse ».

La science bouscule les certitudes, c’est un phénomène bien connu. Ainsi, même les plus ancrées, celles qui nous paraissent les plus évidentes, telles, par exemple, celle de la sphéricité de la Terre n’y échappent-elles pas. De récentes images satellite donnent à la planète une « drôle de gueule », celle d’un « œuf bosselé » et, plus grave, le niveau de la Méditerranée monte. « Des dépôts s’accumulent et comblent le détroit de Gibraltar ».

Des « scannages d’océan » menés par de nouveaux engins, les GLEEDERS (qui enregistrent les fluctuations des courants marins, tout en relevant les « pressions et températures » ainsi que la « teneur en sel et en oxygène ») confirment que cette étendue d’eau « se réchauffe et s’évapore nettement ». Tout porte à croire que, dans quelques millions d’années, elle sera vouée à la disparition et, ce faisant, à retrouver le statut de désert brûlant qui fut déjà le sien à une époque largement antérieure à la nôtre. La cause ? Ne vous en doutez-vous pas ? « Le réchauffement climatique » !

Au total, ce documentaire part un petit peu dans tous les sens. Biologie, astronomie, écologie, histoire, géologie…bien pluridisciplinaire, tout ça !

Mais qui s’en plaindrait ? Tout n’est-il pas étroitement interdépendant, interconnecté (comme diraient les Bouddhistes) ?

Je pense que l’on a raison de nous présenter les choses sous cet angle ( même si on a un peu l’air de passer, parfois, « du coq à l’âne »). Outre que c’est moins « ennuyeux », c’est plus proche de la réalité, de sa complexité intrinsèque.

Prochain épisode de la série samedi prochain : « en suivant les requins » !

 

 

P.Laranco.

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