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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 09:58

 

Ce documentaire allemand traite d’une hypothèse toute nouvelle et « révolutionnaire » concernant la naissance de la BIPEDIE chez les ancêtres de l’Homme. Celle émise par un biologiste de BERLIN, Carsten NIMITZ.

Nous savons que notre espèce a mis plusieurs millions d’années à devenir bipède. Ce que nous ignorons en revanche encore à peu près totalement, c’est la réponse à la question suivante : « pourquoi l’Homme s’est-il décidé un jour à se mettre debout ? ».

L’énigme – qui est « de taille »- avait jusqu’alors donné lieu à la fameuse « THEORIE DE LA SAVANE », longtemps « incontestée ». La station debout aurait permis aux tout premiers hominidés, nos ancêtres les plus lointains, de voir plus loin et, en surveillant de la sorte mieux les alentours grâce à leur posture dressée, de parer aux multiples dangers d’un environnement tout nouveau pour les grands singes : l’immense savane africaine, où ils s’étaient aventurés.

Oui, mais voilà, Carsten Nimitz, lui, ne l’entend pas du tout de cette oreille. Sa fréquentation assidue des lieux de baignade berlinois – à ses yeux « lieux privilégiés d’observation » infiniment plus révélateurs que l’étude du comportement des grands singes actuels – l’a convaincu d’un fait troublant quoique pourtant d’une évidence qui saute aux yeux : les êtres humains manifestent un besoin de « proximité avec l’eau » qui s’apparente à une « quasi addiction ».

Couplée à « dix ans d’observation du comportement aquatique de certains singes », son étude approfondie du comportement des baigneurs de notre espèce a peu à peu fait germer en lui « une approche audacieuse et iconoclaste ». Selon ce savant, le « plaisir » que les gens ont à se baigner ne saurait mentir et, surtout, ne saurait être aussi intense sans une origine profonde, très lointaine ; « LA BIPEDIE EST NEE CHEZ DES SINGES QUI VIVAIENT AU BORD DE L’EAU ».

Un repère, d’abord, que Carsten Nimitz signale : les singes et les Hominidés se sont génétiquement séparés voici huit millions d’années, soit « peu de temps avant l’apparition de la bipédie ».

Carsten Nimitz a conduit des études on ne peut plus sérieuses, et celles-ci ont porté sur « plusieurs milliers de baigneurs ». Elles l’ont mené à des constats d’importance : sur les lieux de baignade, « les enfants passent 86% de leur temps hors de l’eau, 12% à patauger en eau peu profonde et seulement 2% à nager pour de bon » ; de ces faits, le scientifique berlinois tire, dans la foulée, la conclusion pour lui patente que quelque chose nous lie à l’eau, créant entre elle et nous un vieux lien qui, à son sens, nous fait apparaitre comme « des animaux des rivages ». Ainsi, toujours d’après lui, « le temps passé EN EAU PEU PROFONDE (barbotage) » aurait joué un rôle déterminant dans l’émergence d’une de nos caractéristiques essentielles, la bipédie.

L’Homme, il ne faut pas l’oublier, a ceci de remarquable qu’il est « le seul mammifère à s’être définitivement converti à la bipédie ». Pourtant, c’était loin d’aller de soi. Il faut savoir que la station debout « ralentit la démarche des mammifères » ; avec cela, sollicitant l’action de « 200 muscles », cette locomotion demande « beaucoup d’énergie » et représente donc un « coût élevé ». Ce prix considérable se traduit, chez les malheureuses créatures que nous sommes, par des « problèmes de hanche, de genou », par une « compression des articulations », le tout assorti de « contraintes sur la colonne vertébrale » fort désagréables.

Nimitz illustre son propos en nous révélant que, par exemple, « le mal de dos chronique atteint 30% des Européens ». Et d’ajouter, assez malicieusement : « pour soulager la douleur, il suffit de se remettre un instant à quatre pattes ».

Nous n’avons pas « choisi », on le voit, la voie facile, et notre corps n’y est même  pas encore complètement adapté. C’est dire si les tout premiers efforts pour devenir bipède – ceux de nos lointains ancêtres, « chaînons manquants » entre l’Homme et le singe – ont dû être plutôt pénibles ! Et c’est là, triomphe Nimitz, qu’entre en jeu le rôle qu’a joué l’eau. L’eau détend, soulage le corps…par son effet d’ « APESANTEUR AQUATIQUE ». Il y a huit millions d’années, nos ancêtres pionniers de la marche bipède étaient encore loin de disposer d’une musculature dorso-ventrale aussi développée que la nôtre, ça va de soi. Alors, se laisser porter par l’eau, se laisser flotter devait être bien tentant… Nimitz va aussi jusqu’à soupçonner que les femelles hominidées venaient mettre bas leurs petits dans l’eau. Comment expliquer, sinon, l’étrange réflexe d’apnée spontanée chez nos jeunes bébés ? N’avons-nous pas tous vu des reportages sur les « bébés nageurs » ?

« Nageurs »… « nageurs »…mais, me direz-vous, de quoi êtes-vous en train de parler, là ? Ne faites-vous pas allusion à cette théorie des « singes nageurs » qui avait été émise il y a 70 ans, époque où elle avait fait grand bruit avant de s’effacer plus ou moins faute de preuves ? Cette théorie prétendait, entre autre, rendre compte de la mystérieuse perte de notre pilosité originelle… Mais Nimitz nous détrompe aussitôt, presque à grands cris, quoiqu’ un peu rieur : non, il ne s’agit en aucun cas, ici, de « singe nageur » - qu’on se le dise !

Nimitz nous fait remarquer une foule de faits à l’appui de son hypothèse : « les gens sont apaisés par le clapotis de l’eau dans les espaces verts » ; « dès qu’il fait beau, à Berlin, les gens sont attirés par les rivages » ; « les parcs sans lacs ni cours d’eau sont nettement moins fréquentés,  et ce dans le monde entier » ; « 75% des clients de voyagistes recherchent des destinations qui se trouvent au bord de l’eau – jusques et y compris pour les vacances équestres et les vacances d’hiver » ; « la proximité de l’eau est une valeur ajoutée en ce qui concerne les biens immobiliers ». Tout cela est vrai, indéniable.

La paléontologue française Brigitte SENUT, du MUSEUM D’HISTOIRE NATURELLE DE PARIS, à son tour sollicitée par l’équipe du documentaire, se montre toutefois un peu perplexe. Elle a en effet pour habitude de donner la priorité aux fossiles, et résume sa position par une formule bien sentie : « l’os ne mentira jamais ». Pour autant, elle ne tarde pas à nuancer quelque peu son propos en convenant qu’il existe, sur l’apparition de l’animal étrangement vertical que nous sommes, de nombreuses hypothèses et interprétations, selon les différents spécialistes. A ceci, une raison : « les ossements ne leur offrent que peu de certitudes ». Brigitte Senut ne nous le cache pas : les fossiles des premiers âges de l’humanité sont, en définitive, fort peu nombreux. S’ils renseignent, ils gagneraient tout de même à être plus complets, et en plus grand nombre. C’est la porte ouverte à une assez vaste gamme de suppositions, de propositions de scénarios.

Senut, pour sa part, en 1978, soutenait mordicus que la fameuse LUCY vivait dans un environnement arboricole. Ce qui lui valut, de la part de ses confrères (et rivaux) américains, de se faire instantanément « traiter d’hérétique », alors même que, comme ils l’admirent un peu plus tard, tout incitait à penser qu’elle avait raison.

Devant nous, Brigitte Senut se livre à une comparaison entre un FEMUR de chimpanzé et un fémur de notre propre espèce ; le nôtre apparait bien plus long, ce qui est manifestement lié à la bipédie.

Au début de la décennie 2000 eut lieu, au KENYA, la mémorable découverte d’un Hominidé qui fut baptisé ORRORIN TUGENENSIS. B.Senut commente : on a su qu’il était bipède par son fémur ; ce dernier « était certainement plus long que celui d’un chimpanzé de même taille » ; en outre, chez ce fossile, « le col du fémur est plus épais, comme chez les humains ». L’existence, il y a six millions d’années, d’une forme avérée de bipédie est donc maintenant hors de doute.

Mais les révélations dont nous gratifie Senut, ensuite, nous font dresser l’oreille : « au Kenya, Orrorin vivait très certainement dans un environnement boisé et HUMIDE ». Ce qui en atteste ? Un « os de rongeur », ainsi que les vestiges de « feuilles pétrifiées à forme pointue », INDICES D’UNE « FORÊT PLUVIEUSE », retrouvés sur son site par la même Brigitte Senut.

Qu’est-ce à dire ? Faut-il voir là de l’eau (si je puis me permettre) versée au moulin de l’hypothèse de Nimitz ?

Afin d’essayer d’y voir plus clair, on a entrepris une étude portant sur « le climat africain des dix derniers millions d’années ». Des fouilles menées dans la VALLEE DU RIFT par des chercheurs allemands ont permis de mettre au jour « un fragment de BASALTE AYANT COULE JUSQU’A UN LAC ». La certitude s’est établie : à l’époque, fort reculée, qui nous intéresse, « UN LAC GIGANTESQUE » occupait toute une partie du Rift d’Afrique de l’est. Il a été prouvé que cette région a « connu des périodes importantes » au cours desquelles elle jouissait d’un climat beaucoup plus humide que celui qui règne de nos jours.

On sait à présent qu’il y a sept millions d’années, la terre était le théâtre de nombreux « bouleversements géologiques » qui occasionnaient des bouleversements climatiques non moins importants. En fait, cette période chaotique dura « plus de cinq millions d’années », au cours desquelles se manifesta une « ALTERNANCE DE CYCLES ARIDES ET DE CYCLES HUMIDES ». Or, ainsi que nous le dit Martina TRAUT, de l’UNIVERSITE DE POTSDAM, « les fossiles d’Hominidés ont été régulièrement découverts  en association avec un  CLIMAT HUMIDE ASSEZ FRAIS ». Ces très anciens restes cohabitaient d’ailleurs avec des fossiles de TORTUES, d’HIPPOPOTAMES et de CROCODILES. Plus aquatique que ça, tu meurs !

Tout porte ainsi à croire que nos ancêtres les plus anciens, en dépit des « dangers mortels » que devaient constituer pour eux le voisinage de certaines de ces créatures des eaux, s’étaient « spécialisés dans la vie des RIVAGES ». Après tout, faut-il s’en étonner lorsqu’on sait que les chimpanzés actuels « entrent dans l’eau » et y marchent « sans aucune appréhension » ? Carsten Nimitz nous visionne, à ce propos, un film dans lequel nous avons l’occasion de voir une guenon occupée à marcher avec aisance dans l’eau d’une rivière africaine; l’eau lui arrive un peu plus haut que les hanches et, afin de se mouiller le moins possible, elle lève les bras et, par la force des choses, se redresse. Le contact avec l’eau induit la bipédie !

Autre indice allant dans le sens de la thèse de l’audacieux savant allemand : cette « couche adipeuse » que le corps humain possède et qui est, en revanche, totalement absente chez son plus proche cousin.

N’oublions pas non plus, comme le souligne Nimitz, que la bipédie est un « défi pour notre système cardio-vasculaire » et que, sans elle, l’Homme ne souffrirait ni de VARICES, ni d’ŒDEMES CHRONIQUES. Quels sont les effets d’un séjour dans l’eau sur la circulation sanguine ? Comme la question vaut, ici, d’être posée, le documentaire nous fait assister à une expérience de simulation des effets de l’eau sur l’organisme d’un homme enfermé dans un caisson de plexiglas. Au terme de ladite expérience, il s’avère bel et bien que « la pression de l’eau SOULAGE LES VEINES DES JAMBES » en faisant remonter le sang dans le thorax.

L’espèce humaine est, par ailleurs, la cible de nombreux parasites : vers et protozoaires (qui seraient au nombre de « 400 »). Mais il se trouve que ces parasites africains sont autant liés à l’eau qu’à l’Homme même. Parmi eux est évoqué le cas du VER DE LA BILHARZIOZE, connu pour être spécifiquement adapté à son hôte, et qui ne s’attrape qu’au bord de l’eau. Nimitz insiste sur le fait que son cycle est « très complexe » et, partant, probablement très ancien (peut-être de six à sept millions d’années, hasarde-t-il).

Vue de l’espace, la Terre (au moyen de ses concentrations de lumières nocturnes) révèle que « plus de la moitié de l’humanité » a choisi de vivre au bord de l’eau. Cela ne donne-t-il pas à réfléchir ?

Il faut aussi prendre en compte le fait que L’EAU PEU PROFONDE constitue un RESERVOIR DE NOURRITURE EXTREMEMENT RICHE ET VARIEE, sous la forme de CRUSTACES et de POISSONS. Inès LEHMANN, de HAMBOUG, nous précise que le poisson, notamment, est une source de « protéines très digestes », comme de graisses très bénéfiques. Dans ce registre, elle s’intéresse tout particulièrement aux acides gras oméga 3 qu’on ne trouve que dans le poisson, et dont l’apport est essentiel au développement du CERVEAU. Or, constate-t-elle, « même les poissons africains d’eau douce contiennent de l’EPA et du VAH ». Demeuré « très vulnérable à certaines carences », notre cerveau a un impérieux besoin de protéines spécifiques que le poisson est seul à lui fournir. La lignée humaine s’est construite par la consommation du poisson…et la consommation du poisson ne peut se faire ailleurs qu’au bord de l’eau. Mais quelle eau ? Très probablement, celle des cours d’eau et des lacs, beaucoup moins sauvages, menaçants que elle de la mer. Spécialiste de l’étude des poissons fossiles (qui, du reste, sont fort rares), la paléontologue française Olga OTERO a eu la chance de trouver, au TCHAD, de « gros poissons-chats pêchés dans les eaux des mares d’assèchement », il y a environ 1,5 million d’années. Ce pourrait être un indicateur…

L’heure est venue de la conclusion.

A propos de sa théorie toute neuve, Nimitz persiste et signe ; il déclare que « cette hypothèse est plus vraisemblable que les autres ». Sans aller jusque-là, Senut, quant à elle, salue cette nouveauté comme une source de réflexion supplémentaire, et donc bienvenue : « entre chercheurs, nous nous stimulons », constate-t-elle, pour s’en réjouir. Et puis, il faut bien se dire que « l’Afrique n’a pas dit son dernier mot ».

L’idée de Nimitz, en tout cas, a fait son chemin en tant qu’ « explication pertinente » et, même si elle manque encore de preuves indiscutables, concrètes, elle séduit.

L’hominidé des origines, un discret et pacifique pêcheur et collecteur de coquillages plus qu’un grand et impitoyable chasseur de la savane ? Pourquoi pas ?

Produit de l’humidité, fils de l’eau et des fruits de l’eau plutôt que de l’âpre, de la sauvage sécheresse ? Assez sympa, ma foi…

Mais seul l’avenir, avec son lot de découvertes futures, nous dira si c’est là réellement une intuition géniale ou une hypothèse hasardeuse, dénuée de tout fondement et de toute consistance. A suivre…

 

 

P.Laranco.

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