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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 12:23

 

La locutrice qui a élaboré ce discours et qui ne s’identifie pas nécessairement à l’auteure qui l’a créé  nous décrit sa  vision   propre du milieu environnant   où elle se trouve au cours d’un temps neigeux. Partant de ce contexte limité dans l’espace et dans le temps  , elle porte un regard sur  une vue extrêmement large , celle de l’existence  humaine dans ce monde. Le lexique choisi et utilisé dénote massivement un pessimisme noir  qui  inciterait le lecteur à croire que tout ce qui se trouve dans le champ de vision de la locutrice est insupportable à percevoir ,  soit parce qu’il est sombre ,  soit à cause de son aspect trouble ou brumeux ( vieux murs noirs - neige grise – grumeaux ( caillots de sang ) brouillés - chemins noircis coincés - congères souillées - les enfilades de blockhaus paraissaient des bêtes transies - l'étendue privée de couleurs hormis le blanc sale et le noir - L'horizon ondulait vers nous en vagues au flux régulier ). Psychanalytiquement , cette manière de voir le monde pourrait  être engendrée par un accouchement difficile et traumatisant qui ferait  sentir au nouveau- né  son passage du paradis utérin vers le monde aérien comme un déplacement forcé vers l’enfer. Et cette sensation  restera gravée dans son inconscient pendant toute la vie. Mais la fin du poème  nous mène vers une autre direction,  tout à fait  différente , celle  d’un scepticisme existentiel (deux lignes courbes de rail incisant l'espace enneigé pour aller on ne savait où ). Les deux dimensions sont-elles contradictoires ?Je ne le pense pas  car le névrotique et le psychotique peuvent bien,  dans  certains cas rares ,  co-exister chez une même personne . Enfin sur le plan stylistique , les images bien que sombres  tout comme les sens  philosophiques qui les revêtent  , atteignent grâce à leur caractère surprenant et innovant un haut degré de poéticité .

 

 

 

 

 


Mohamed Salah Ben Amor

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

L'attente.

par Patricia Laranco,

 

 


Appuyés aux vieux murs noirs

nous regardions la neige grise

ensevelir les alentours

de ses vastes grumeaux brouillés.

Nous attendions !

Nous attendions

dans l'odeur âcre du métal,

à peine à l'abri de ce vent

qui venait frapper les remparts

soufflé par les chemins noircis coincés entre neige et ciel bas,

désormais pareils à couloirs formant labyrinthes de boue, brouillard et congères souillées. Tout était sombre, âpre et brumeux,

tout se donnait à la fumée,

les enfilades de blockhaus

paraissaient des bêtes transies

prêtes à plonger de très bon coeur

dans la terne bouillie du sol.

Chairs cisaillées, coeurs atterrés,

piétinant, rongeant notre frein,

nous interrogions de l'oeil

l'étendue privée de couleurs

hormis le blanc sale et le noir

cru des vols d'oiseaux au bec dur. L'horizon ondulait vers nous

en vagues au flux régulier

dont l'ouate gommait les contours

et rendait confus nos esprits. Alors nos regards s'abaissaient

pour s'attarder au morne cours

de deux lignes courbes de rail

incisant l'espace enneigé

pour aller

on ne savait où.

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Published by ANANDA.
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