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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 10:36

Il y a toujours un sourire

Dans chaque terre étrangère

Lointaine

Qui nous rend amis

Sans se connaître

Sans jamais nous parler

Séparés par des montagnes navigatrices

Océans fondus

Guerres inattendues

Exodes interminables

Entre soleil et poussière

Et accablantes maladies

 

Mais ton sourire est là !

Et il sera toujours là !

Mama noire

Mama-terre

Chaleureuse

Gentille

Simple

Maternelle

La plus humaine !

 

Elle qui a vécu comme les arbres

Pour fleurir et rafraîchir avec une ombre solennelle

Son propre peuple

Les emportés du sable et de l’illusion

Jeunes de village qui préparent leurs tristes

Et derniers vêtements

Avant de partir et de se jeter dans l’extension vorace

De l’exode et de l’aventure

Comme unique vision

 

Mama noire

Mama-terre

Entre ciel parfumé à la menthe

Entre rochers caressés par la mer

Parfumés d’algues, de poisson et de sel

Ou entre la terre perdue de la géographie

Qui sent le bois calciné

Et qui se dessèche

Au fil des années

Entre tes mains et tes pieds

Creusés par un temps

Sans écho

 

Mais

Ton sourire est là !

Et il sera toujours là !

Mama noire !

Mama-terre !

Avec ton parfum de vie !

Avec tes enfants

Tes petits-enfants et tes chèvres

Avec la farine naturelle

De tes jours et tes nuits intemporelles

Qui te rendent chaque jour

Plus belle !

Enveloppée d’ancienneté

Parsemée de rêves

Qui coulent invisiblement de ta rétine acérée

Qui me regarde avec sa peau

De pénombre douce

Comme une source intarissable

De ma petite condition

Qui viens vers toi

Pour apprendre à sourire

Comme toi

 

Mam noire !

Mama-terre !

Et l’inachevé de la vie

Avec les mots humbles de ta féminine simplicité

Que tu chantes

Quand tes ancêtres ne te parlent plus

Que tu chantes

Quand le vent t’amène de mauvaises nouvelles

Tu es la présence de la couleur infinie

Mama noire !

Mama-terre !

Couleur qui défie le soleil qui s’abat

Sur tes épaules et généreux dos et bras

 

Tu traverses chaque matin la brousse

Et les champs moribonds

A la recherche d’une goutte d’eau

Mais tu ne quitteras jamais ton village

Je le sais

Sans le savoir

 

Tu resteras auprès de tes enfants

Sans ton mari

Qui a péri en transportant de vieux cartons

Et quelques branches desséchées

Comme nourriture essentielle

Et tu frappes le blé –

                              Sans tes frères

- Tu frappes le blé –

Sans aucun autre amour

-Tu frappes le blé-

Sans aucun autre espoir

-Tu frappes le blé-

Pour demain

Mama noire !

Mama-terre !

Tu frappes tes rêves

Ton enfance et ta vieillesse

Comme en exorcisant

Le soleil et les hommes

Qui ne cessent de tout saccager !

-Tu frappes le blé !-

 

Mama noire !

Mama-Terre !

 

 

Pablo Poblète.

Paris, 2011.

 

 

 

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Published by ANANDA.
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