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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 11:49

 

LES   HAUTS   ESCALIERS.

 

 

 

Le vent souffle dans les hauts escaliers
tout près
du ciel désormais à portée de la main
mais à force de s'élever
les escaliers
ont fini par se perdre au cœur de la nuée
les voici qui sont devenus si éloignés
qu'on ne peut plus les atteindre, ni les gravir.

Les portes battent
avec un son lourd, résonnant
pareil à celui qui sonne dans les clochers
pareil à celui qui cloche dans les sonnets
le vent les arrache quelquefois à leurs gonds
et le ciel cherche toujours
à les remplacer
par ses écharpes de nuages vaporeux
d'où jaillissent non pas des lapins magiciens
mais d'immenses colombes aux ailes immaculées
leur donnant quelque peu des airs de Christ en croix...

Là-bas
tout en haut
les colimaçons du ciel
s'effritent, frôlés par les tranchants du jet stream
les fabuleuses chevauchées de la nuée
s'arquent avec de soudains cabrements de dauphins,
tout frisotte, énorme, dans une irisation
glaciaire, aiguisée
comme de la banquise.

Les troupeaux circulent,
se bousculent à loisir
à grands coups de sabot,
les vents hachent menu
tout le menu fretin
de degrés étriqués, coincés, tordus, velus.

Le désert est en marche, juste sous nos
pieds
n'est-ce pas sûr que l'avenir est pour bientôt ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EUROPE.

 

 


 

 

Pierre léchée par les ciels froids


par les nues aux mufles mouillés,

 

 

 


 

le matin est creux


et rêveur

 

 

 


 

Pierre embrassée d’un cercle bleu


où s’ébattent, en la frôlant


formes d’un blanc bien détaché,


suspens de courts corps cotonneux


pareils à des embarcations


aux flancs neigeux et sans défense.

 

 

 


 

Le ciel se met à me toiser


du haut de son flegme distant ;


juste à son aplomb, les pavés


baveux que l’ombre retient


dans sa fosse, en secret


hoquètent

 

 

 


 

où sont les grands soleils mordants,


tonitruants, qui vous rôtissent ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes là : constamment plantés sur des seuils,


ne regardant la vérité


que d’un seul œil


que d’un seul œil-soleil


solidifié au sol,


empalé comme un vampire convalescent.

 

 

 


 

Nous sommes là ; souvent assommés de sommeil,


de sommes-veilles qui ravaudent le passé,


l’extirpent des nids de nuit et de buissons


à des années-lumière de nos chevauchées.

 

 

 

 

 

Nous sommes là, souvent prisonniers  incertains,


la tête tournée vers quelque sens interdit,


quelque voie sans issue aux clins d’œil racoleurs ;


dans l’épaisseur des mots


peut-on trouver


son corps ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’espace est lisse


et moi, dessous


et moi, dedans


je vois grandir


son élasticité, je le


sens s’étirer, il est


d’huile


je m’insère dans sa coulée,


entre ses strates d’abstraction


laiteuses qui portent l’odeur


d’un vent hochet chargé de pluie ;


tout se désencombre alentour


son glissement caoutchouteux


éloigne encore les objets


qui sont de plus en plus distants


sa volonté de raréfier,  de faire place nette


agit


pour imposer la liberté


dans sa géométrie brutale.

 

 

 

 

 

Pavés sonores et trottoirs blancs


se dérobent sous les souliers


comme des points de fuite hâtifs


tracés de dissolution.

 

 

 

 

 

Bientôt deux parallèles vont


celle du chemin et du ciel.

 

 

 

 

 

 

Patricia Laranco.

 

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