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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 12:59

Fin B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le décor : ?

 

 

On frappe à la porte

 

 

 

 

 

 

K.: Oui.

 

 

Policier : Vous êtes bien Antigona K. ?

 

 

K. : C’est possible. Pourquoi ?

 

 

Policier : Parce que mon chef Crémon souhaite vous interroger.

 

 

K : A quel propos ?

 

 

Policier : Veuillez ouvrir, il vous le dira lui-même d’ici peu.

 

 

K : Entrez, vous pouvez vous asseoir.

 

 

Policier : Merci.

 

 

Crémon : Merci.

 

 

K : Que puis-je pour vous ?

 

 

Crémon : Permettez-moi d’abord de me présenter. Je suis Crémon, grand chef des Hautes Institutions. Je me vois contraint de vous lire ci-après l’acte d’accusation vous concernant. Mais d’abord une question importante : Êtes-vous effectivement Antigona K ?

 

 

K : C’est sûrement le cas.

 

 

Crémon : Bon peu importe qui vous êtes vraiment. A mes yeux, vous êtes Antigona K.

 

 

K : Ecoutez, c’est comme vous voulez…

 

 

Crémon : Maintenant je vais procéder à la lecture de l’acte d’accusation.

 

 

K : Oui

 

 

Crémon : Les Hautes Autorités vous accusent de perturber l’ordre public. Votre rire intempestif constitue une perturbation et par conséquent un danger pour la paix sociale. Par ailleurs, les Hautes Autorités vous accusent d’exister.

 

 

K : Euh…je m’excuse mais je ne vois pas en quoi mon rire peut poser un quelconque problème. C’est un acte naturel, un réflexe qui ne gêne rien ni personne. Et puis j’ai le droit d’exister.

 

 

Crémon : Peut-être…mais vous ne pouvez remettre en question le jugement des Hautes Autorités ! Les Hautes Autorités ont tout pouvoir et leur jugement est, quelque soit le cas, objectif.

 

 

K : Bon. Alors, pourriez-vous m’expliquer en quoi mon rire et mon existence représentent un danger pour l’ordre public ?

 

 

Crémon : Les Hautes Autorités estiment qu’il n’y pas lieu d’expliquer la raison d’être de leur jugement. Les Hautes Autorités obéissent à une logique qui leur est propre.

 

 

K : Ah bon…et quelle est cette logique ?

 

 

Crémon : Les Hautes Autorités ne vous doivent aucune explication. Ne vous posez pas de questions et contentez-vous d’obéir. N’est-ce pas plus simple comme ça, et bien moins fatigant pour vous ?

 

 

K : Bon. D’accord. Quelle est donc la sentence ?

 

 

Crémon : J’y viendrai…mais vous devez au préalable impérativement répondre à une question.

 

 

K : Et quelle est cette question, monsieur ?

 

 

Crémon : Est-ce que vous êtes prêt à faire l’aveu que vous êtes coupable ?

 

 

K : Mais…mais…mais non ! En aucun cas ! Je ne suis coupable de rien…et je n’ai commis aucun crime. !

 

 

Crémon : Bon. Je répète ma question. Avouez- vous être coupable ?

 

 

K : Non, je n’avoue rien ! Arrêtez !

 

 

Crémon : Les Hautes Autorités décrètent par conséquent que vous êtes officiellement coupable de deux crimes : le crime du rire et le crime de l’existence.

 

 

K : Quoi ? Vous avez perdu la tête !

 

 

Crémon : Veuillez répondre à nouveau à la question suivante : Êtes-vous Antigona K. ?

 

 

K : Je vous l’ai déjà dit : ça se pourrait.

 

 

Crémon : On dira donc que vous êtes effectivement Antigona K. . A présent, je vais procéder à la lecture de la sentence vous concernant. Est-ce que vous avez des questions ?

 

 

K : Je n’en ai pas mais je récuse totalement votre autorité. Je suis un citoyen libre. J’ai le droit d’exister et de rire !

 

 

Crémon : Non. Ce n’est pas du tout ce que pensent les Hautes Autorités. Celles-ci estiment que votre existence menace gravement l’ordre public. Il arrive parfois, voyez-vous, que l’existence des gens soit un danger. Ils respirent, mangent, boivent et réfléchissent. Bon, je vais m’arrêter là…puisque, je vous l’ai dit, toute explication est superflue !

 

 

K : Mais tout ça est proprement absurde !

 

 

Crémon : Ce qui est absurde, selon moi, c’est plutôt que vous refusiez de vous soumettre à l’autorité des Hautes Autorités !

 

 

K : Mais vous ne savez même pas si je suis effectivement Antigona K. !

 

 

Crémon : Je crois vous l’avoir expliqué…au fond, peu importe qui vous êtes. Il vous suffit seulement de savoir que vous êtes coupable !

 

 

K : Bon sang ! On nage en plein délire !

 

 

Crémon : Non, détrompez-vous, monsieur, cela n’a rien à voir avec un délire, c’est la vérité pure, simple, toute haute des Hautes Autorités. Tout ce que vous avez à faire, c’est obéir et tout se passera bien.

 

 

K. : Et si je refuse d’obéir ?

 

 

Crémon : C’est exclu. Vous ne pouvez pas refuser. Vous n’avez pas le choix.

 

 

K : Comment ?...Qu’est-ce que vous insinuez ?

 

 

Crémon : Je n’insinue rien, cher Monsieur. Je ne fais que me livrer à un constat.

 

 

K : Ah oui ?...Et ce constat, quel est-il ?

 

 

Crémon : Celui de votre culpabilité.

 

 

 K : Mais, je le répète : vous ne savez même pas si je suis effectivement Antigona K. !

 

 

Crémon : Ecoutez, nous tournons en rond. Je crois vous avoir dit que ce que vous êtes vraiment nous importe peu. Qu’à nos yeux le seul fait important est – et demeure - que vous êtes coupable.

 

 

K : Jamais de la vie ! C’est de la folie !

 

 

Crémon : Maintenant il est temps de procéder à la lecture de la sentence.

 

 

K : Bon. Si vous voulez. Allez-y.

 

 

Crémon : Les Hautes Autorités, après mûre réflexion et après consultation des Hautes Autorités les plus hautes, ont décrété que vous étiez passible de la punition suivante : la condamnation à vie !

 

 

K : A vie ? Mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

 

 

Crémon : Cela ne veut rien dire…je vous l’ai dit et répété, ne cherchez pas à savoir ! Maintenant il nous faut procéder à l’exécution de la sentence.

 

 

K : Mais j’existe déjà, comment pouvez-vous envisager de me condamner à vivre ?

 

 

Cremon : Taisez-vous et obéissez. Et répondez, je vous en serais gré, à la question suivante : Êtes-vous effectivement le dénommé  Antigona K. ?

 

 

K : Je vous l’ai archi dit. C’est possible.

 

 

Crémon : On dira donc que vous êtes le dénommé  Antigona K. Policier, veuillez procéder a l’exécution de la sentence !

 

 

K : Quoi ? Vous allez m’exécuter ?

 

 

Crémon : Je crois avoir dit « exécution de LA SENTENCE ». Pas de vous !

 

 

K : Je rêve ! Mais c’est quoi ce délire ?

 

 

Crémon : Je vous ordonne de procéder à l’exécution séance tenante !

 

 

K : ??

 

 

Policier : Voilà, monsieur, c’est fait.

 

 

K : Mais qu’est-ce que vous avez fait ?

 

 

Policier : J’ai exécuté la sentence.

 

 

K : Mais vous n’avez rien fait du tout !

 

 

Policier : Si

 

 

Crémon : Que si !

 

 

K : Et maintenant ? Que va-t-il m’arriver ?

 

 

Crémon : En conformité avec le protocole en vigueur, et uniquement dans le cas où vous seriez effectivement Antigona K., vous cesserez de rire et, éventuellement, vous décèderez.

 

 

K : Rien que ça ?

 

 

Crémon : Oui, rien que ça, et pas grand-chose de plus et  l’heure est à présent venue, pour nous, de prendre congé de vous !

 

 

K : Vous partez ?

 

 

Crémon : Oui nous partons mais  seriez- vous Antigona K., par hasard ?

 

 

K : Pourquoi pas ? Cela se pourrait.

 

 

Crémon : Aaah…bien ! Dans ce cas, les Hautes Autorités vous remercient. Au revoir…et bonne fin de journée .

 

 

Policier : Les Hautes Autorités vous adressent leurs remerciements. Au revoir.

 

 

K : Au revoir. Merci !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Umar Timol

(à suivre).

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Published by ANANDA.
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