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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 13:13

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 15:49
 Chroniques de l'Ile Maurice 


sous la direction de Dominique Ranaivoson et Jean-Pierre Orban
De l'extrême relativité de l' "ailleurs" Avec Chroniques de l'île Maurice (1), Dominique Ranaivoson poursuit par la bande sa balade littéraire africaine puisque, hormis une halte au Katanga (RDC) (2), les Chroniques qu'elle publie aux Éditions Sépia ont déjà fait deux fois étape à Madagascar (3). Et c'est tant mieux. On ne dira sans doute jamais assez combien l'espace africain ne se réduit pas à son cœur noir, mais s'étend à sa périphérie, le Nord arabe, le Sud multiracial ou ses îles de l'Océan Indien d'où il s'observe et où il s'exprime avec une acuité que permet la marginalité. Une marginalité qui nous aide à nous rappeler la multiplicité du continent et le métissage vers lequel il se dirigera irrémédiablement comme le reste du monde. De ce métissage, l'île Maurice est sans conteste un modèle. Aux portes de l'Afrique, mais sur la route maritime de l'Asie, escale des navigateurs et des commerçants, elle est devenue une terre où se sont mêlées deux colonisations, la française et la britannique, et plusieurs langues : celles des colonisateurs et celles des vagues successives d'immigrants, du bhojpuri au mandarin en passant par le tamoul et l'urdu, enfin le créole développé sur l'île, unique comme chaque créole. Tous bâtards, dit le narrateur d'une des nouvelles (4) des Chroniques de l'île Maurice. Une image du monde d'hier et de demain. Un reflet de l'univers dans cette perle de l'océan indien que J.-M.G. Le Clézio appelle sa "petite patrie", lui qui est amoureux des croisements culturels. Un brassage d'une richesse étonnante, marqué par la prégnance de la culture du sous-continent indien (5), où la primauté de la langue anglaise dans la vie administrative et l'enseignement universitaire n'empêche pas le français de rester extrêmement vivace. Surtout dans le domaine littéraire. En témoigne le nombre d'auteurs francophones dont le lectorat a dépassé, et de loin, les frontières de l'île, de Malcolm de Chazal à Ananda Devi et d'Edouard Maunick à Natasha Appanah. En est aussi la preuve la multiplicité des publications mauriciennes en matière de poésie et de nouvelles depuis le milieu du 19e siècle : recueils, mais aussi revues littéraires dont rend compte Robert Furlong dans son introduction à Chroniques de l'île Maurice. Pourtant, à lire les nouvelles rassemblées par Dominique Ranaivoson, Christophe Cassiau-Haurie et Robert Furlong, on a l'impression paradoxale que les habitants de cette île célébrée pour son charme, tout en chérissant leur patrie, cherchent à s'en évader pour rejoindre un monde extérieur fantasmé. Une contradiction peut-être seulement apparente et commune à toute île : les eaux qui la cernent et les vents qui la battent sont autant d'appels à franchir ses limites, si tangibles. Mais si paradoxe il y a, les Chroniques de l'île Maurice le cultivent, en participant d'un double mouvement : l'un vers les spécificités de l'île, sa richesse, ses saveurs, ses langues, l'autre vers les horizons et les espoirs qu'ils font naître. L'utopie ne loge pas toujours où on la croit. Bernardin de Saint Pierre voyait dans l'île Maurice un paradis perdu rousseauiste et l'avait choisie comme cadre de l'amour de Paul et Virginie, les deux adolescents innocents de son roman éponyme. Et Baudelaire, qui y fit escale en 1841, la décrivit sans la nommer dans "L'Invitation au voyage" : "Là, tout n'est qu'ordre et beauté / Luxe, calme et volupté" (6). Engouement classique de romantiques qui, rejetant leur monde, allaient chercher son opposé ou ses sources intactes dans un lointain magnifié. Une illusion que relaient aujourd'hui, prosaïquement sinon vulgairement, les touristes et qu'alimentent les agences de voyage et les offices du tourisme locaux. Pour la plupart des Mauriciens de Chroniques de l'île Maurice comme de Nouvelles de l'île, un recueil publié aux Éditions Magellan en 2007 (7), l'utopie est ailleurs. Ou plutôt : l'ailleurs est leur utopie. On ne compte pas les textes où il est question d'envol ("Cafard" (8) de Jean Claud Andou), de départ vers l'étranger pour y accomplir des études ou / et y réussir ("Joseph" (9) de Brigitte Masson, "En traversant Petite Escale" (10) ou "Le triomphe" (11) de Sailesh Ramschurn), d'ascenseur ("L'ascenseur" (12), de Vèle Putchay, où le personnage porte le nom d'Ikhar) ou d'évasion vers des lieux imaginaires ("Le lac de lumière" (13) de Lyndon Lordan), dans les mots ou la lecture ("Le livre" (14) de L.J. Viramalay). Les personnages ou les narrateurs décrivent un passé révolu, un présent asséché ("Un monde de douceur" (15) de Shenaz Patel). Ils sont hantés par le souvenir de l'esclavage, dénoncent la servitude de la femme ("Le miel des étoiles" (16) de V. Rughoonundun), cherchent à se dégager des impasses sociales. Le tourisme est un leurre ("Sexy tropiques" (17) de Thierry Château, "La conférence du Professeur de Secondat" (18) de Laurent Dubourg). Et les fins sont souvent tragiques ("Joseph" de B. Masson, "Insignifiant" (19) de M.K. Sabir, "Le triomphe" de S. Ramchurn) ou dérisoires ("The show" (20) d'Umar Timol, "No more beer" (21) de Bertrand de Robillard). Mais tout n'est pas noir dans l'"île-fée" de Malcolm de Chazal. Il reste la fleur magique du poète ("La fleur de Malcolm" (22) de Sylvestre Le Bon), la force des liens familiaux, l'humour et le créole qui, jouant des mots, semble un recours contre la morosité ("Épique" (23) de Yussuf Kadel). En réalité, c'est un portrait en demi-teintes que dessinent les Chroniques de l'île Maurice. Et les textes qui composent ce recueil davantage tourné vers les talents nouveaux ou moins connus de l'île que Nouvelles de l'île Maurice occupé par plusieurs auteurs confirmés, sont à mi-chemin entre la parabole et la nouvelle proprement dite. Il est significatif que les récits qui se rapprochent plus du registre classique de la nouvelle, tant dans un recueil que dans l'autre, sont ceux dont le thème n'est pas spécifiquement mauricien : "Les jeux de Bérénice" (24) de Lilian Berthelot et "Bleu glace" (25) d'Ananda Devi. Seule la contribution de Shenaz Patel, "Un monde de douceur" combine un thème mauricien et les attributs exemplaires d'une nouvelle. Une belle réussite toute en retenue. Chroniques de l'île Maurice : petites fables aigres-douces pour un pays où l'univoque n'existe pas… Jean-Pierre Orban 1. Chroniques de l'île Maurice, sélectionnées et présentées par Dominique Ranaivoson, Saint-Maur-des-Fossés, Sépia, mai 2009. 2. Chroniques du Katanga, Sépia, 2008. 3. Chroniques de Madagascar, 2006, Nouvelles chroniques de Madagascar, 2009. 4. Gillian Geneviève, "Seuls", op. cit., p. 75. 5. Dont Chroniques de l'île Maurice se fait assez peu l'écho, hormis l'origine supposée de plusieurs de ses auteurs, mais qui est présente dans une nouvelle ("Le miel des étoiles", de Vinod Rugoonundun) d'un recueil similaire publié en 2007 à Paris, par Magellan&Cie/Courrier international, Nouvelles de l'île Maurice, collection "Miniatures" dirigée par Pierre Astier. 6. Dominique Ranaivoson, Préface à Chroniques…, op. cit., p.8. 7. Op. cit. 8. Chroniques…, pp. 30-36. 9. Chroniques…, pp. 108-118. 10. Nouvelles…, pp. 73-93. 11. Chroniques…, pp. 144-154. 12. Chroniques…, pp. 120-130. 13. Chroniques…, pp. 96-106. 14. Chroniques…, pp. 170-182. 15. Nouvelles…, pp. 11-27. 16. Nouvelles…, pp. 31-41. 17. Chroniques…, pp. 50-60. 18. Chroniques…, pp. 62-70. 19. Chroniques…, pp. 132-142. 20. Chroniques…, pp. 156-168. 21. Nouvelles…, pp. 97-109. 22. Chroniques…, pp. 90-94. 23. Chroniques…, pp. 82-88. 24. Chroniques…, pp. 38-48. 25. Nouvelles…, pp. 45-69. Chroniques de l'Ile Maurice Sous la direction de Dominique Ranaivoson, édition Sépia, Auteurs : Jean Claud Andou, Lilian Berthelot, Thierry Château, Laurent Dubourg, Gillian Geneviève, Sylvestre Le Bon, Lyndon Lordan, Brigitte Masson, Vèle Putchay, M. K. Sabir, Sailesh Ramchurn, Louis Judex Viramalay

















Sources :






http://www.africultures.com/
+ Umar Timol


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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 11:43

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 10:38
En octobre 2009,  l’ARCC vous convie à trois rencontres culturelles
importantes dans l’espace qu’elle anime rue Pelleport à Paris :

Mercredi 7 octobre à 19h : Spectacle poétique du Théâtre du Grand Marché «
BAT LA LANG DÉOR « avec les auteurs Christian Jalma, Kristof Langromme,
Francky Lauret, Lolita Monga, Pierre-Louis Rivière et Barbara Robert

Mardi 20 octobre à 19h  : Rencontre Couleur Saphir animé par le
journaliste Albert Weber avec pour invité l’artiste Gilbert Pounia dans le
cadre des 30 ans de Ziskakan

Mercredi 21 octobre à 19h : Conférence débat avec Laurence Pourchez,
anthropologue,
Maître de conférences, HDR, Département d'études créoles, Université de La
Réunion
Théme : Savoirs féminins liés à la nature, plantes médicinales et médecine
traditionnelle dans les Mascareignes (Réunion, Maurice, Rodrigues).

Entrée libre sur réservation
arcc2@wanadoo.fr

Patrick Nurbel
Tel : 06 16 34 31 65
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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 08:47
Chère Amie, cher Ami,
 
Comme depuis plusieurs années à cette époque nous vous invitons
 
le samedi 17 octobre 2008

de 15 h à 20 h

à la Salle des fêtes de la
Mairie du XIVe arrondissement de Paris

12, rue Durouchoux

métro : Mouton-Duvernet (ligne 4) ; bus : 28, 36, 38, 58, 68

 

 

à assister à la

XXIe Journée mondiale de la poésie

organisée par l'association

Poesia 2 Ottobre - Paris

en collaboration avec, entre autres,

Actes de présence

autour du thème

Dans le miroir de l'autre

 mémoires d'avenir

au cours de laquelle

quelque 40 poètes, diseurs, comédiens, musiciens et universitaires

approcheront le sujet sous des formes diverses et variées

et des hommages seront rendus

à Lucie Aubrac (en présence de Raymond Aubrac)

à Jean Malaurie (en sa présence)

et à Pablo Neruda

 

à cette occasion notre association présentera


 
deux montages poétiques

Hommage à Pablo Neruda...

mis en espace par É. Meyleuc et P. Vianna

(1904 — 1973)

...cité en prose et en vers par

Éric Meyleuc et Pedro Vianna

extraits choisis par P. Vianna

traduits en français par Denise Peyroche et P. Vianna

 

mis en espace par É. Meyleuc et P. Vianna










Flammes du passé, projections en devenir




poèmes de

Renata Ada-Ruata, Maurice Audebert, Cristina Castello,

Jean-Claude Diamant-Berger, Mohammad Djalali (M. Sahar),

Patricia Laranco, Nicolle Leclercq, Acyr Correa Leite Maya,

Liliane Mayérowitz, Éric Meyleuc, Denise Peyroche,

Alessandro Rolandi, Joëlle Thiénard, Pedro Vianna




 
choisis par P. Vianna

 



dits et joués par

Cristina Castello, Danièle Dailloux,

Mohammad Djalali (M. Sahar), Éric Meyleuc, Pedro Vianna

 


sur les improvisations musicales de

Christophe Frionnet

 



mis en espace par É. Meyleuc et P. Vianna

 

 

 

entrée libre

dans la limite des places disponibles



Amicalement

 






Pedro VIANNA
Président d'Actes de présence
 
 
Actes de présence
2 ter, passage de Clichy
F-75018   PARIS
Téléphones : +33 (0)9 51 79 61 37 (prix d'une communication locale depuis un poste fixe en France)
                    +33 (0)1 42 93 61 37
Fax : +33 (0)9 51 79 61 37
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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 08:32
Bonjour,

L'Université Populaire de l'Île Maurice (UPIM) voudrait vous informer de deux événements :

1)
L'association Français du Monde ADFE a le plaisir de vous inviter à un café-philo le vendredi 9 Octobre 2009 à 17h.
Il se tiendra dans les locaux du Centre Culturel Charles Baudelaire de Rose-Hill.
Il a pour thème " Peut- on désirer sans souffrir ? " Il sera animé par Joseph Cardella
Nous vous attendons nombreux à ce moment de réflexion.
A l'issue de la conférence, nous vous invitons à partager un moment de convivialité.



2) L'ouverture de l'association ACSÉA (Association Culturelle de Sensibilisation et d'Éveil Artistique) le 1er Octobre 2009.
Leur bouquet d'activités variées permet aux membres de se sensibiliser, de se conscientiser et de se distraire par l’Expression Artistique.
Leur souhait est de développer l’imaginaire et les ressources créatives de chacun afin de favoriser la découverte de soi, la socialisation et le partage.
Pour ce faire nous vous proposons :
- des activités de loisirs ;
- des ateliers d’apprentissage au théâtre, à l’expression corporelle et aux arts du cirque.
Leurs activités ont lieu tous les après-midi et le samedi.
Que vous soyez un enfant, un adolescent ou un adulte, vous êtes concernés.
Pour plus d'informations, veuillez contacter Joanne Matelot, Responsable Pédagogique
Tél. : +230 492 39 74
Email: acsea@hotmail.fr
Ou vous rendre sur les lieux de 9h à 18h

ACSÉA (Association Culturelle de Sensibilisation et d'Éveil Artistique)
Curepipe, Rue Lislet Geoffroy (A l'arrière de Kaddy Plus, Rte du Jardin), Ile Maurice.



Cordialement


--
Université Populaire de l'Île Maurice (UPIM)
email :
upmaurice@gmail.com  
site web :
http://upmaurice.wordpress.com
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 20:22
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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 15:26

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 22:24

Une étude génétique des populations africaines nous renseigne sur les origines de l'homme moderne et les premières migrations

Origines et diversité des populations africaines

Une étude publie la carte génétique de l'Afrique, le continent dont notre espèce est originaire. C'est la plus grande étude génétique réalisée sur le continent africain. Elle est publiée dans  le journal Science. L'équipe, dirigée par Sarah Tishkoff (Université de Pennsylvanie), réunissaient des chercheurs du monde entier comme Floyd A. Reed (Max Planck Institute of Evolutionary Biology) ou Alain Froment (Musée de l'Homme).


Les sources de l'étude
Les chercheurs ont étudié les différences génétiques (sur plus de 1000 marqueurs d'ADN) de plus de 3000 individus répartis en 121 populations africaines, 4 afro-américaines, et 60 non africaines (dont les européens). Ils ont ainsi pu constituer une base unique de données sur la diversité génétique des africains. Cette collecte d'ADN a été effectuée sur une dizaine d'années.

Des résultats qui, suivant les cas, confirment ou infirment ce que pensait la communauté scientifique
La diversité génétique des africains est la plus forte comparée à n'importe quelle population dans le monde. Les scientifiques ont également pu identifier l'existence de 14 groupes de populations ancestrales. Cette extraordinaire diversité confirme également que les origines de l'homme moderne sont africaines et plus précisément situées entre l'Afrique du sud et la Namibie. Plus on s'éloigne de l'Afrique, plus la diversité génétique diminue. "Dans le passé, les généticiens ont étudié quelques africains en pensant qu'il étaient représentatifs du continent entier, mais nous avons trouvé que pas une seule des populations africaines n'est représentative de toute la diversité" indique le Dr Tishkoff.

L'étude à mis au jour des différences entre les données génétiques et linguistiques.
- Le peuple Masaï (Kenya), par exemple a maintenu son langage traditionnel et son mode de vie pastoral mais génétiquement  ils se  sont mélangés avec des populations ethiopiennes.
- Les populations de chasseurs-cueilleurs pygmées et les San dont les langues comportent des claquements (ou clics) ont des ancêtres communs avec d'autres populations d'Afrique de l'Est s'exprimant également avec des claquements.

En étudiant les variations génétique selon la géographie les chercheurs ont pu retracer les premières migrations humaines. Ils avancent l'hypothèse d'une première "sortie" de l'Afrique près de la Mer Rouge, en Afrique de l'est. C'est une nouvelle confirmation de la théorie Out of Africa. 

04/05/09




Sources
BBCNews
SciencesDaily

Sciences et avenir 

Site www.hominidés.com


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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 13:13
Voici un documentaire britannique qui a de quoi fouetter notre curiosité. Il cherche à faire le point sur nos connaissances actuelles en matière de sexualité préhistorique.
Ses questions ? "Les relations sexuelles ont-elles toujours été les mêmes depuis  deux millions d'années que l'espèce humaine existe ? " et, surtout, "quand les Homo Sapiens ont-il commencé à établir un code des relations sexuelles ? Quand le sexe est-il tombé sous le contrôle de la société ?"
A cela, les savants répondent (ce qui ne nous étonnera pas) : "les indices concrets sont minces".
Mais si l'on cherche, malgré tout, à se faire une petite idée, on dispose de trois points de départ, de trois pistes de réflexion : "notre anatomie, divers comportements animaux et, bien sûr, les restes archéologiques".
Un préhistorien nous assène (qu'on se le tienne bien pour dit) que "le cliché de l'homme préhistorique tirant sa femme par les cheveux est complètement discrédité" (à la bonne heure !).
En 1958, près de Dolni-Vestonice, en pleine Europe Centrale, a été découverte une sépulture "rarissime et unique" d'il y a 26 000 ans, où se trouvaient inhumées trois personnes côte à côte, dont l'une révélait qu'un coup avait été porté à ses organes génitaux.
Les spécialistes s'efforcent de nous replacer dans le contexte; ils expliquent : "à cette époque, les Hommes vivaient en groupes d'une trentaine d'individus. Plusieurs fois au cours de l'année, ils retrouvaient d'autres tribus, toutes originaires d'une région très vaste, qui s'étendait de la Russie jusqu'à la Bretagne; Dolni-Vestonice (Tchécoslovaquie) était un point majeur de rencontres, de rassemblement".
Les travaux que le célébre paléontologue Eric Trinkaus a mené sur la fameuse tombe ont permis de déterminer qu'on avait, là, affaire à trois individus "âgés de dix sept à vingt trois ans". La disposition des corps montre un corps de femme flanqué de deux dépouilles de sexe masculin. Curieusement, en ce qui concerne la femme, on a pu établir qu' "il s'agissait d'une femme qui ne pouvait pas mettre d'enfants au monde". Pour le reste, tous les indices laissent penser à une "mort brutale", suivie d'une "inhumation rapide". Une "éxécution commune" est aussi soupçonnée.
De quoi s'agissait-il ? "D'un crime sexuel"? D'une punition pour un "acte atroce", ou, à tout le moins, pour une grave transgression ?
D'après les savants, il nous faut renoncer à l'idée et au mythe d'un quelconque "Eden sexuel".
Ceci posé, faisant appel à l'éthologie animale, les spécialistes font remarquer que nos plus proches parents animaux actuels, les chimpanzés bonobos, copulent déjà spontanémént face à face et que, par conséquent, rien ne nous permet de douter que nos lointains ancêtres n'aient pas adopté les mêmes positions sexuelles que nous .
A ne pas oublier : "depuis 26 000 ans, notre cerveau n'a guère évolué".
Explication fort instructive : "l'Homme produit une hormone appellée ocytocine pendant l'acte sexuel, et même durant une simple étreinte". Or on sait maintenant que l'ocytocine est "l'hormone de l'attachement". C'est donc elle qui a tendance à prédisposer aux relations durables entre partenaires sexuels. L'ocytocine serait (est) donc la mère du couple ! Il est plus que probable, dans de telles conditions, que les Hommes de l'Âge de pierre "connaissaient l'Amour", l'attachement sentimental.
Reste qu'il y avait tout de même une ombre à ce tableau idyllique : les scientifiques pointent du doigt les testicules du mâle humain, lesquels s'avèrent être "plus gros que ceux des autres mammifères"; d'où, parallèlement à l'attachement, de très fortes tendances à l'infidélité. Pour résumer le tout, les savants parlent de "course à la reproduction", tant chez les hommes que chez les femmes. L'Homme devait - et ce n'était pas une mince affaire - résoudre la contradiction gênante, obsédante entre son besoin d'attachement et les pulsions qui le portaient à l'infidélité. Ce n'est que par cela que, selon les savants, "la naissance de la notion de fidélité" s'explique : il fallait réguler tout ça, sans doute pour éviter les conflits, qui auraient menacé la solidarité, donc la survie même du groupe.
Ce qui est certain (jusqu'à nouvel ordre), c'est que tous les indices archéologiques à connotation fortement sexuelle sont plus ou moins contemporains de la triple sépulture de Dolni-Vestonice. Il s'agit de "statues de femmes obèses, aux cheveux courts, dites "Vénus", affublées de seins, de hanches et de cuisses hypertrophiées", dont on se demande toujours (on se le demandera sans doute encore longtemps) si elles figuraient des "déesses-mères", des "pin-up préhistoriques" ou bien des "oeuvres d'art".
Selon les préhistoriens "tout semble indiquer que les femmes participaient autant que les hommes à la chasse" et que "l'égalité des sexes était bien plus développée que nous le pensions". Ils insistent, catégoriques : l'un assure qu' "il y avait toujours un certain niveau d'égalité des sexes", l'autre surenchérit en soutenant que "l'égalité était largement appliquée dans les clans".
Entre 20 000 et 30 000 ans, les statuettes de "Vénus" foisonnaient entre l'actuelle Russie et l'actuelle France. Les statues masculines, en revanche, étaient d'une rareté étonnantes. "La première statue d'homme découverte était une marionnette", nous apprend, quelque peu jubilante, une préhistorienne.
Ces "Vénus" omniprésentes n'ont pas fini de susciter des hypothèses : elles trahissent, certes, une "fascination pour le corps féminin" plus qu'évidente et évoquent également "la fertilité". Pourtant, il est un fait étrange, qui a de quoi interpeller : "on ne les trouve ni dans les autels ni dans les temples, mais au contraire dans des déchets, où elles sont souvent cassées". De cette constatation est née l'hypothèse des "pin-up préhistoriques", étayée par le fait que "la vulve (des statuettes) est très détaillée mais leur visage, inexistant". Ce sont des femmes sans visage...en même temps qu'hyperséxuées, des stéréotypes de femme dont on nie (?) le caractère d'individus. "C'est un objet qui provoque le désir", en déduit un spécialiste. Une autre version est cependant tout aussi plausible, peut-être : "rien ne nous dit que ces Vénus ont été sculptées par des mains masculines". Il peut très bien s'agir d'autre chose, pourquoi pas, par exemple, d' "outils pédagogiques" sculptés par des femmes en vue d'assurer l'éducation sexuelle, l'initiation des adolescentes ? "Culte ou pornographie ?", le mystère, en, tout cas, demeure bien opaque.
On trouve aussi des bas-reliefs rupestres de la même période qui suggèrent des formes de vulves "stylisées, schématiques, incomplètes". Mais, sur ce chapitre, les savants se hâtent de nous exhorter à la plus absolue des circonspections : "tout ce que nous découvrons de l'époque est interprêté par notre regard, et cela pose un gros problème". Nous avons des objets, parfois de vagues signes, que nous essayons de faire parler, et voilà tout. Comment comprendre des Hommes sans entrer dans leur univers mental , social ? Ils n'avaient pas d'écriture et, même quand les anciennes civilisation nous transmettent un peu d'elles-mêmes par le biais d' une écriture déchiffrée, nous sommes toujours à la merci des malentendus, des interprétations biaisées, voire de nos propres fantasmes. Comprendre une autre culture - quelque soit son âge - c'est toujours "toute une histoire".
Ce qui toutefois (pour en revenir à notre sujet proprement dit) reste vraisemblable, c'est qu'il y a 25 000 ans, un changement a dû se produire dans les groupes paléolithiques : "des règles se sont mises à régenter la sexualité". Les clans, nous précise-t-on étaient disséminés ("un habitant pour 1000 Km2"). Quand ces petits clans se retrouvaient, se réunissaient (comme il a été dit, déjà, plus haut), il y avait certainement des échanges sexuels (bien utiles, si l'on voulait éviter la consanguinité). Le site de Dolni-Vestonice, par exemple, "était un lieu de communication, d'échanges de marchandises, d'alliances, d'échanges sexuels". Sur ce genre de lieu qu'on appelle "lieu d'agrégation", les assemblées étaient assez nombreuses (100 à 200 personnes) et cela perturbait forcément l'équilibre sexuel de chaque clan. D'où le besoin de plus en plus pressant d'un "contrôle des moeurs" accru, qui ne manqua pas, à ce moment, de naître.
Et la sépulture, dans tout ça ?
On y vit que la main de l'homme disposé à gauche avait été intentionnellement placée sur le pubis de la femme couchée au centre, tandis que celle de l'autre homme, celui de droite, avait été placée sur le bras de cette dernière. "Il semble ici, en conclut-on, que la position de chaque corps ait un sens".
Outre le fait qu' "une couche de poudre d'ocre recouvre les trois têtes" (l'ocre pourrait avoir une signification sexuelle), des coquillages reposent à côté du squelette de l'homme de gauche (marque d'appartenance à un clan ?), cependant qu'un pieu se trouve fiché en travers de ses organes génitaux; un couteau en silex est, quant à lui, dirigé droit vers le sexe de la femme. Bien des choses suggèrent, on le voit, que "l'homme de gauche se serait immiscé dans le couple" (le fait qu'il ait été placé à gauche n'est peut-être pas anodin, le côté gauche représentant, pour la majorité des êtres, et des cultures humaines, le Mal). Il s'agit là, à coup sûr, d' "un message envoyé à toute la communauté, d'une mise en scène funéraire qui cherche à avoir valeur d'exemple". Tout ceci témoigne, presque sans l'ombre d'un doute, de l'existence de "règles déjà strictes bien avant les premières civilisations". Le fait que "les communautés croissaient" y est certainement pour quelque chose.
Nous passons maintenant à une autre période, nettement plus tardive : voici 8000 ans, le "recul des glaces" et la remontée des températures favorisèrent la naissance de l'élevage et de l'agriculture.
L'heure est, désormais (du moins au Proche Orient), à la sédentarisation des communautés.
La (vraisemblablement) première ville du monde se trouve en Turquie. Pas moins de 8000 personnes s'entassaient déjà dans la cité de Catal Hüyuk, qui a livré des "strates de 20 mètres d'épaisseur". Les gens y ont séjourné durant 700 ans, puis, on ignore bien sûr pourquoi, "le site a été abandonné".
Les premières fouilles de Catal Hüyuk datent de 1980.
Par la suite, les investigations révélèrent une "vie radicalement différente de celle des chasseurs-cueilleurs" des époques évoquées plus haut.
Cette vie se signalait, entre autre, par la "promiscuité" : ces gens-là "mangeaient, dormaient, copulaient et enterraient même leurs morts" dans l'espace de leurs maisons, lesquelles possédaient toutes une ouverture vers le toit que l'on pouvait atteindre grâce à une échelle. Dans un tel cadre (où personne n'était plus à l'abri des regards), on ne peut qu'imaginer une "augmentation des contraintes sociales", dont porte témoignage, d'ailleurs, la "règlementation de l'espace de chaque pièce" : morts, enfants, femmes et hommes avaient chacun, à l'intérieur de la maison, leur propre aire, "strictement séparée".
Les décorations retrouvées à Catal Hüyuk (sculptures, fresques) sont fort nombreuses, et étonnantes (pour ne pas dire énigmatiques) : têtes de taureaux et de béliers, grandes créatures reptiliennes, femme pénétrée par un pénis, seins aux mamelons remplacés par des becs de rapace, "femmes obèses assises sur des trônes".
On retrouve, au nombre des morts, beaucoup d'enfants de  dix, onze ans ou moins, ce qui renseigne sur la forte mortalité infantile, sans doute encore aggravée par le fait qu'avec l'agriculture, "les enfants devaient, par grand nombre, travailler dans les champs". Ces sociétés-là avaient besoin de faire beaucoup d'enfants (pour l'agriculture et pour pallier la forte mortalité infantile). Soumises à cet impératif, les femmes se sont mises à créer une alimentation artificielle qui leur permettait de sevrer leurs jeunes enfants plus tôt et, donc, de retomber plus vite enceintes.
Aux femmes incombait la très rude tâche de moudre le grain et de fabriquer le gruau (base de l'alimentation). Pendant ce temps-là (on le sait) les hommes "passaient de très longues heures à se reposer".
Il ne devait pas être bien drôle d'être une femme en ces temps-là. Elles devaient vraisemblablement s'occupper des champs, moudre le grain et cuisiner, accoucher de façon intensive (avec tous les dangers de mort en couches ou post-partum que cela inclut) et, bien sûr, élever leurs enfants, qu'elles voyaient mourir comme des mouches. Par des statuettes, on a la preuve que cette société standardisait les postures sexuelles : les femmes y apparaissent, en effet, placées "à quatre pattes comme des animaux d'élevage". Force est, sinon de l'admettre, mais de le soupçonner : "l'égalité des sexes avait disparu". Les hommes, désormais sédentaires, possédaient de la terre, du bétail, des maisons. La notion de possession a dû jouer un rôle majeur dans cette régression du statut des femmes que l'on soupçonne : les hommes, qui avaient désormais des biens, leurs chers biens à transmettre, voulaient être absolument sûrs de leur paternité; "les femmes pouvaient être possédées au même titre que du bétail ou une maison", elles avaient le même statut "utilitaire". D'où une nouvelle idée : le mariage, qui allait de pair avec l'invention de la propriété. Il y a de fortes chances pour que les mariages de cette époque aient été tout ce qu'il y a d' "organisés" et d ' "arrangés".
Sur les Iles Britanniques, "il faudra encore 5000 ans   pour que toutes ces notions s'établissent".
C'est dans un endroit plutôt désolé, austère, les Iles Orcades, que l'on a découvert le premier (à ce jour) habitat sédentaire de cette partie du monde. Il est construit en pierres et on le nomme "site de Scara Brae". A l'intérieur des enceintes de pierres grises, on y retrouve encore des restes de lits (en pierre eux aussi) qui devaient être matelassés de fougères et de fourrures. Venus d'Ecosse, les membres de cette "petite communauté" élevaient le mouton, cultivaient le blé et l'orge, fabriquaient et consommaient du pain et de la bière. Ils avaient certainement mis sur pied "tout un système d'alliances complexes" avec d'autres peuples plus ou moins voisins, histoire, là encore, de se préserver de la consanguinité.
On trouve, à Scara Brae, un cercle de pierres levées, le cercle de Broadgar. Ce cercle était probablement, pense-t-on, "un lieu de mariages, donc d'alliance entre deux groupes" et il y a fort à parier, selon les spécialistes britanniques, que "le mariage était au centre de toute la philosophie de cette société".
Ainsi, en guise de dernier mot, avons-nous droit à ce constat (plutôt sombre) : "la subordination des femmes a commencé il y a 5000 ans, avec la sédentarité. Elle n'a pas cessé depuis".

P.Laranco.
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