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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 16:31
Denis Samson et Michaël Flomen : "Dormance et Métamorphose de l'oeil", éditions "J"ai vu" (Québec), 2005.


Ce recueil de 56 pages, qui m'a été offert ce printemps par un couple de sympathiques amis québecois de passage à Paris, a un premier grand mérite : celui d'associer poésie et photographie que, pour ma part, j'estime être des arts hautement complémentaires.
L'auteur des poèmes, Denis Samson, est une valeur sûre de la poésie québecoise actuelle (je cite sa notice bibliographique : "poète accompli et respecté", "Son esthétique conjugue évocations naturelles et urbaines").
L'auteur des photographies, toutes en noir et blanc, très étonnantes, est quant à lui Michaël Flomen, dont il est dit que "Son approche concrète de la photographie nous offre des oeuvres situées à la limite de la représentation, proche de l'abstraction".
De la poésie de Denis Samson, je dirai qu'elle est incisive, volontiers fulgurante, comme juchée sur "des pilotis de lumière".
On y devine la présence de la nature canadienne rude, âpre, glacée, sans concession.
Le gel y a "des plaies ouvertes", des "puits profonds / comme du vin sombre" se signalent à notre attention ( en vis à vis d'une photo qui fait fortement penser à un grouillement d'étoiles sur fond d'obscurité cosmique), les "forêts jamais éteintes" n'y sont que "fumée", "les goélands" y "volent en cercle / cabalistique protection / contre la chute des astres". Images audacieuses, on le constate, qui se plantent presque brutalement en vous, comme le feraient des lames.
Cette poésie est puissante, aiguisée, toujours en éveil. Elle sait aussi célébrer le charme ambigu, dangereux, "destroyed" de l'univers urbain, où "les grafittis soutiennent les murs" et où "les messages d'amour / ont des couteaux pour initiales".
"Couteau", voilà, peut-être, le fin mot. Ce verbe-là a dents de "fauves aux plaies".
Les vers ont quelque chose d'abrupt, ils tombent un peu comme couperets, ils se détachent quasi cruellement, ils possèdent la beauté nette, le dépouillement cru, farouche du gel. Ainsi, "Tout reste inexpliqué", "ton corps et le mien seuls / nous séparent", cependant que "germent des semences nouvelles / de révolte" et que "les ombres [...] nouent / la lumière à la peau".
Le but du jeu ? Rechercher une "clarté profonde" (celle que réverbèrent les photos, peut-être, certainement même) qui transcende ce qui est "seulement / la surface des choses".
Ici, tout "craque" à la façon de la glace qui se romp au dégel, jusques et y compris "la soie bleue de l'air".  Le poète, d'instinct, sait que "l'eau rêve des rêves de pénombre".
Cette écriture n'est pas exempte d'influences surréalistes. Mais il s'agit d'un surréalisme soigneusement pesé, maîtrisé.
A ces textes déchirés et comme marqués d'une colère affleurante répondent les photographies qui, pour leur part, sont franchement impressionnantes.
Ce que M.Flomen nous propose là est bel et bien une "métamorphose de l'oeil". Où sommes-nous ? Dans le cosmos infini ou au fond le plus secret d'un étang ? Au coeur d' une colonie de cellules organiques ou entre des plaques de schiste ? En présence d'une aurore boréale ou bien d'une explosion, d'un incendie, de quelque "big-bang" primordial ?
Certes, ces clichés ont quelque chose d'inquiétant, qui déstabilise. Leur force (minérale ou organique ?) ne laisse pas de place à l'indifférence.
Leurs fulgurances accompagnent à merveille la démarche du poète intransigeant, "sauvage".
Un ensemble bien attirant...

Patricia Laranco.
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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 08:56
http://www.kreyolfactory.com

Entrée libre
Réservation : A.BIDJECK@villette.com


Mizik Factory
Grande Halle de la Villette
Métro : Porte de Pantin


Rencontre autour du Maloya

Dimanche 7 juin 2009 de 15h00 à 17h00

Objectifs

Présenter le Maloya d'hier et d'aujourd’hui, histoire d'une musique, d'un
peuple, entre culture, tradition, paradoxe et perspective

Le Maloya dans l’histoire

De l’esclavage en 1687 à 1946 (de l’île Bourbon à l’île de la Réunion)
1946, départementalisation à 1981
    1981 à 2008 affirmation du Maloya

La musique Maloya
Les racines (composantes afro malgache...)
    Les instruments (Sati, Piker ; Roulèr, KAyam, Bob…)
    Le fonker
    Les artistes (Granmoun Lélé, Gramoun Bébé, Firmin Viry, Zyskakan, Danyel
Waro…)

La culture Maloya
Le Maloya support de la langue créole
Le support des revendications
    Son influence sur la construction de l’identité réunionnaise
    « Le Kabare », la dimension spirituelle

La Pratique du Maloya
    L’évolution de la pratique
    La transmission
    Les différents courants
•    Gardiens de la Tradition : Danyel Waro, Salem, Indigo, Ti Fred
•    Les modernistes (introduction de nouveaux instruments)  : Loy Ehrlich,
René Lacaïlle
•    Les contemporains (mélange les musiques internationales) : Davy Sicard,
Baster
•    Le Maloya et le Dance Hall : DJ Dan, Zénès Maloya, Malkijah, Kaf Malbar

La diffusion du Maloya
Les festivals : Africolor
La dimension, touristique


Les intervenants :

Animateur: Gora Patel
Artistes : Danyel Waro, Loy Ehrlich
Ethnomusicologue : Guillaume Samson
Danseur : Florence Boyer
Auteur : Andre Rober
Producteur, diffuseur : Philippe Conrath


Les Partenaires
Artmayage
AERP
Maloya.org
Réunionnaisdumonde.com
Association réunionnaise communication et culture




Source : l'ARCC (Association Réunionnaise Communication Culture)


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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 11:09
 

Contre les voix grinçantes des arrogants, des hystériques et des cons nous vous proposons un produit absolument révolutionnaire, l'anti-grincenomate. Cette merveille de la technologie moderne a été conçue par des scientifiques de haut niveau et de tous les niveaux dans nos laboratoires dernier cri.

 

L'anti-grincenomate : Une merveille de la technologie !

 

Portatif, léger, maniable, malléable, flexible. En vente à un prix dérisoire chez tous nos revendeurs.

 

Vous vous rendez à une soirée et vous tombez sur une voix grinçante, en dents de scie, qui fait frémir les vitres et les assiettes ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

Il élimine, de façon subtile, les déchets vocaux.

 

Vous vous rendez a un mariage et vous tombez sur une personne qui après 3.2 secondes vous explique que son fils est médecin et sa fille comptable ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

Un parent vous rend visite et il se met à débiter des âneries communalistes ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

Un politicien qui déblatère ( encore ) à la télé ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

           Un mauricien ( encore un ! ) qui s'invente un accent français ou anglais ?

 

           Utilisez l'anti-grincenomate !

 

Un titulaire d’une maîtrise en lettres qui vous dit le plus sérieusement du monde qu’il ne lit jamais ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

Un comptable ( ils sont partout ! ) que vous dit le plus sérieusement du monde qu’il ne lit jamais ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

Un snobinard qui éructe les effluves de toutes ses prétentions ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

Le mauricien inculte qui croit avant tout à l’argent ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

            Un faux médecin ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

Un vrai escroc ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

Un vrai con ?

 

Utilisez l'anti-grincenomate !

 

L’anti-grincenomate, la solution à tous vos problèmes !

 

Une merveille de ta la technologie, à votre service pour combattre ce fléau des temps modernes, les déchets vocaux.

 

Achetez l’anti-grincenomate.

 

Et pour madame nous proposons l’anti-grincenomate-2-le retour, une merveille de la technologie mais aussi un pendentif que vous pouvez accrocher autour du cou de votre mari.


U.TIMOL. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 14:43
L'égocentrisme, c'est bien commode...ça permet de faire l'autruche. Cela donne aux membres des sociétés d'abondance juste ce qu'il faut d'oeillères pour ne pas voir à quel point ils sont heureux et privilégiés par rapport à des masses humaines qui défient l'imagination.
Cela empêche de penser, d'analyser, de se rendre compte, entre autre que l'ensemble de l'humanité (soit à peine moins que 6 milliards d'hommes) ne pourra jamais accéder au niveau de vie des pays riches sous peine d'étouffer totalement la planète.
Que nous le voulions ou non, nous faisons partie d'une toute petite poignée d'"aristocrates", d'une véritable minorité de nantis jouisseurs qui pèsent lourdement sur l'équilibre de la planète entière. Mais ça, c'est le grand tabou , c'est une image de nous-mêmes qui nous demeure insupportable.
Peut-on faire abstraction de milliards d'êtres humains qui n'ont pas notre "chance" ?
Peut-on faire abstraction de l'avenir de la terre dans son entier ?
L'incitation à l'égocentrisme est un des moyens que le système a chosi pour se perpétuer, pour persévérer dans son être.







Est-ce qu'être fou, c'est  ne pas ressentir de la même façon que les autres ou bien ressentir des choses qui, authentiquement, n'existent pas ?






C'est le temps qui tempère l'épaisseur des choses. Il les traverse et, de fixes, il les rend mobiles.
C'est son passage qui les rend évanescentes comme des tiges qui tremblent dans le vent aigu de Mars.






Les mots sont de l'ordre de l'approximation.





L'être humain est décidément bien insondable !





Nul n'est plus difficile à satisfaire que l'être humain (en raison de sa complexité). Voilà pourquoi, sans doute, la société idéale est de l'ordre de l'utopie.
Quoi que l'on fasse, bâtisse, il y aura toujours des insatisfaits, de sorte que rendre le monde meilleur ou pire, qu'est-ce que ça veut dire ?





Les sages se croient sages.
Ne sont-ils pas le jouet d'une illusion ?
Le meilleur des mondes possible ne sera-t-il jamais autre chose que le moins pire ?





Les hommes seraient-ils "machos" si les femmes, au fond, n'appréciaient pas cela ?






Le temps nous éloigne de nous.





La grande question scientifique et philosophique : qu'est-ce que le temps ?






On parle du monde un peu comme s'il était fixe, statique. Quelle erreur !
Ce qui, pour ma part, me frappe, c'est son extraordinaire mobilité.
La succession des instants fait que le monde est, par essence, dynamique.
Ne devrait-on parler, plutôt que "du monde", "DES mondes", qui se succèdent ?
Au même titre que l'on parle des kilomètres et des objets qui viennent l'un après l'autre ?






Et si le temps défilait par grains, un peu comme la lumière (dont les "grains" s'appellent photons) ?
Ou encore par images fixes comme dans les films (entre autres, d'animation) ?






Nous n'existons pas seulement "en plein" mais également en creux. Par les réactions que notre présence provoque dans notre environnement. Par la rencontre que nous faisons à chaque instant avec le monde.
En présence des autres et du monde, nous devenons autres, automatiquement.
Nous nous modifions, dans la même mesure que nous modifions, déstabilisons.
Car le monde réagit, à tous les coups, à notre présence.





L'intellectuel est ambigu.
Son statut de "penseur" le place à part de la société.
Toutefois, il serait trop facile et illusoire d'oublier qu'il est - et reste - une des émanations de cette société-même.
Pour écrire, pour penser (à moins d'être autodidacte, ce qui est assez rare), il faut être passé par l'école et donc, en général, ne pas "stagner" dans des couches trop populaires ou défavorisées.
Dans l'Europe médiévale, par exemple, les activité intellectuelles étaient réservées aux "clercs", qui faisaient partie de la classe des prêtres (orantes)
, tandis qu'en Inde, le savoir, on le sait, était l'apanage de la caste brahmane, à savoir la plus haute caste de la société.
Il y a donc, on le voit d'emblée, collusion entre le "savant"
, le "penseur" et le pouvoir, les hautes sphères du corps social.
Cependant, la faculté de réfléchir libère l'esprit. Elle lui permet de prendre du recul par rapport au monde, aux valeur de la société qui est la sienne. Ainsi, les penseurs et autres créatifs en viennent-ils parfois à remettre en question le bien-fondé du groupe social dans lequel ils vivent.
Mais s'ils le font, c'est bien souvent au nom d'une conscience élitiste. D'un discret, mais indéniable sentiment de supériorité. Ils n'ont que trop conscience d'être les tenants de la culture qu'ils déifient et opposent volontiers à la notion de "barbarie". La culture, en somme, est plus Civilisation que la Civilisation.
Son essence, qu'elle le veuille ou non, la place du côté de la dominance. Les réflexes de l'intellectuel sont, à ce titre, très instructifs. Il vit souvent dans une tour d'ivoire qui le coupe du reste du monde. Son monde protégé lui permet le "luxe" de l'extravagance. Mais , pour autant, il ne lui ôte pas la suffisance, l'esprit d'"évangélisation" qui pousse à répandre sur le monde ses "lumières", pour faire reculer la "barbarie". Comme les colons de la IIIème République ou, plus près de nous, les tenants du "devoir d'ingérence".


P.Laranco.
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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 13:15
Jean-Marc Couvé est bien connu du petit monde de la poésie française.
Poète, il est aussi critique et il publie, notamment, dans les (réputées) revues JOINTURE et DIERESE.





Vive l’amour
… et Reiser !

 

 

   Dans le doux, la dent dure, dans le mou et le doute,

vive l’amour !

En contorsions reptiliennes, l’amour

inaliénable aux cloneries informatiques.

 

   Vive l’élan, ose, aboie ! et lent, bu, à la lit… bide haut,

cerf, vidé de toute « loi du marcher »… où crever ?

   Vive la bonne, la belle, la forte, la grande insoumise,

l’inextinguible naïve, la vitupérante, la pétaradante, l’entêtante

enivrante envoûtante excitante irrépressible et désaliénante

PULSION DE VIE.

 

   Vive l’envie de vivre dans le doute sans jamais s’abstenir

d’aimer parce que c’est anti-productif et sale et démodé hétéro

et homo et vulgaire et rabelaisien et sadien et anar-chien

et hors normes énorme anti-haine anti-F-haine, anti-cons,

heaume à château ma chatte haut mâche hâte

 

   Vive l’amour hors des clous / du christ maso / hors d’âge

hors d’haleine hors d’atteinte hors des sentiers battus rebattus

et des combattus d’avance, des résignés, des assis rimbaldiens,

des as à saints qui jamais ne furent – que compisse !   

                    – qui jamais n’eurent que hure,

mais pas le moindre brimborion de début de vagissement

de bébé balbutiant –                                       car ces cons-là

[qui sont aussi, le plus souvent, clients des call-girls et autres

s… aintes de haut rang et Dames de bas vol]

                                                                       sont nés vieux,

croulants, gâteux, arpagonant, égrotant et gros, tant, aigr’s aux temps !

   Dépossédons-les donc

– il en va de notre survie, hors misère –

                                                                   de leur seul pouvoir : l’argent.

 

   Pétons largement la gueule, une bonne fois pour toutes

et d’un seul coup d’épingle, à leur bulle financière

de pervers pépères / peine art,

         car l’art… gens – anonymes, mes sœurs et frères,

               l’art ne devrait jamais se laisser monnayer

           ni l’art d’aimer acheter / tacheter /

                                    maculer / maquiller…

 

   Vive l’amour et mort à l’art mou

                          – mort à leur morale – leurre amer !

 

    

 

 

             Les trouvères sont troublants…

 

 

   Les trouvères sont troublants,

kif-kif le trou badour.

 

   Le mot « itou » pareil,

qui fait penser au trou – deux fois là

ou las mène – au trou lala itou !

 

C’est un vieil adverbe Kim No-

vak comme un gant d’ latex au bout du gland

(en ces temps indécis de sida / de desiderata),

itou, oui, fier vocable, eh, galamment outille !

 

Le poème sec / des mots qui s’excitent

sans trop mouiller personne

Or les maux, c’est pas tout !

De même, le mot itou

ne dit rien, rien du « Tout »…

 

Ainsi tel troubadour

de Nogent-le-Rotrou,

idem, se trouva mou

rendu à Singapour,

quand des durs le trouvèrent

- ça le troue ; vert il est / verry laid !

 

Il a si trouille…

qu’il se transforme

tank – ah, rosse ! –

et défouraille sur les Boss

         leur en faisant /

et pis des trous, ici, un trou,

et là, un trou là… là itou !

   

 

 

 

 Jean-Marc Couvé.

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 10:07

J’aimerais que tu m’apprennes à regarder, non pas ce qui est prévisible, non pas ce qu’on méprend pour la réalité, toutes ces choses que tout le monde voit sans voir. Je te parle de ce qui se cache sous la surface, de ce qui frétille derrière les apparences. Je te parle de ce qui est fort, très fort et très beau. Je te parle de l’étreinte de la main d’une personne qui t’aime. C’est comme ça. C’est tellement fort que tu ne sais quoi en faire.

 

J’ai donc envie que tu m’apprennes à regarder car il y a tant à voir. Tout mérite, à vrai dire, d’être vu. Il suffit tout simplement de regarder ou plutôt de cesser de regarder. C’est-à-dire qu’il faut abandonner nos préjugés, nos certitudes, tout ce qui obstrue notre regard. Il faut évacuer tout ça, s’en débarrasser, ce n’est pas facile, je le sais, c’est plus difficile qu’on ne le croit mais il faut essayer. Il est important d’essayer, d’essayer d’aller au-delà de ce qu’on croit voir.

 

Et je sais alors qu’on commencera à voir des choses fabuleuses, par exemple, les yeux des enfants. On croit que ce n’est qu’un enfant parmi tant d’autres, qu’il n’a rien de spécial, mais non ce n’est pas vrai, les yeux d’un enfant sont magiques, c’est comme entrer dans un autre monde. Un monde où rayonnent la paix, le silence et l’amour. Les yeux des enfants sont comme ça, ils ont cette force inouïe, ils sont comme un miracle, ils nous disent tant de choses, c’est comme un langage façonné uniquement avec les mots de l’innocence. Et alors on ne cessera de les regarder, ces yeux, on ne cessera car on ne pourra faire autrement.

 

Et puis on se mettra à regarder les nuages et la il faudra abandonner toutes nos prétentions a comprendre quoi que ce soit. Cela ne sert à rien. Il ne faut pas essayer de comprendre. Il suffit de regarder. Et tu verras que les nuages sont comme des âmes voyageuses, qu’ils puisent dans le cœur des hommes faibles et démunis la force de dériver sur les océans tumultueux. Et rien ne les arrête, ils sont si forts, parfois ils ressemblent à des moutons, parfois à des singes, parfois encore à une voiture et le plus souvent à rien.

 

Mais ils sont forts et beaux et rien ne peut les arrêter.

 

Et puis on se mettra aussi à regarder les cailloux, on verra qu’ils arrivent, on ne sait trop comment, à saisir la lumière qui profane l’univers. Et les cailloux sont beaux parce qu’ils simples et petits et qu’ils ne savent pas parler. Et les cailloux sont un peu comme les enfants car ils nous apprennent tant de choses alors qu’on n’en veut pas. On regardera alors les cailloux.

 

On regardera aussi les pauvres et on verra que ce sont les êtres les plus beaux. Ils savent après tout le sens de l’essentiel et on ne peut pas leur mentir, on ne peut inventer des mots pour eux, on ne peut pas les berner. Mais surtout, ils sont au proche de la vérité car possèdent un savoir, on ne sait pas ce qu’est ce savoir, personne ne le sait, mais il nous indique la vérité. On ne cessera alors de regarder le visage des pauvres, il s’y trouve une flamme aussi mais bien plus qu’une flamme, il s’y trouve des paysages et des lieux que personne n’est encore capable d’imaginer. Il contient le peu de vérité qui est possible.

 

On regardera ceux aussi dont le corps est transparent, ceux qui n’ont rien à cacher, ceux qui n’ont rien à prouver. Ils sont beaux. Ils sont forts parce qu’ils ne veulent pas jouer, souvent on ne les prend pas au sérieux, on les méprise même mais, nous, on saura ce qu’ils sont. Et on apprendra à les regarder. Ils sont peu nombreux mais le monde cesserait d’exister sans eux, c’est difficile à expliquer, les gens dont le corps est transparent ont un pouvoir, ils nous disent, alors que tout est folie et haine, ils nous disent ce qui est limpide et simple, ils nous disent le fleuve embourbé de rêves qui sillonne le long des nos artères. Ils nous disent que ce monde n’est pas ce qu’on croit, qu’il est autre, qu’il peut être autre.

 

 

 

 

 

Et puis on regardera l’invisible, c’est comme prendre un scalpel et se mettre à couper la chair mais la ce n’est pas de la chair c’est tout ce qui réel. La table, cette chaise, la montagne, les arbres, les fleurs, les oiseaux, les insectes, les rideaux, les voitures, les maisons, les étoiles, les sacs, les téléphones, les jouets, les chats, les chiens, les tortues, les avions, les hélicoptères, tout ça et encore plus. Et alors on verra une chose merveilleuse, que tout finalement n’est qu’un rêve, qu’il y a derrière tout ça autre chose, quoi, on ne sait pas trop précisément, c’est difficile à expliquer, le langage ne nous permet pas de tout dire. Le langage est comme une prison. Mais on verra que nous sommes tous dans un même corps, dans un seul être, dans un seul temps, je crois que c’est comme une béatitude, c’est quelque chose de très fort et très beau, c’est comme un cœur qui bat la chamade, c’est comme un cœur tambour, une frénésie qui ne s’arrêtera qu’à la mort. Et alors notre regard sera ébloui, sera calciné mais on ne voudra plus revenir à la vie, on ne voudra plus être comme les autres, on ne voudra plus prétendre, jouer à être, comme les autres.

 

C’est beau ce regard, il est fort, plus fort que tout.

 

J’aimerais, mon ange, que tu m’apprennes à regarder. S’il te plait.

 

umar

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 13:07

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 12:58

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 12:42

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 11:26
Des orientaux désorientés hantaient la tente et leur attente tentait de tuer le temps, le temps tentaculaire qui leur vrillait  tempes et tympans de son tempo.
La température montait. Elle attentait à l'attention qui se relachait, se tempérait.
Tout obtempérait, se terrait, s'altérait comme sous le poids d'haltères. Même les couples adultères qui s'adoraient, qui s'adulaient n'ondulaient plus sur leur lit laid.
L'androgynat gênait les gens qui geignaient et s'agenouillaient pour ne pas s'agiter, jeter aux orties les horticulteurs acculés, accumulés, les schizophrènes tous freinés par leurs acouphènes qui les parcouraient par à-coups.
L'hybride n'était plus bridé, cela souquait ça souquait sec ça chuchotait ça chahutait dans les cahuttes de caillou ça se caillait ça s'écaillait ça s'éraillait vaille que vaille.
Le mariage est un mirage, un oesophage anthropophage et pourtant il faut y entrer, dans cet antre, même si l'on doit s'entraver, s'entredévorer, finalement à peine s'entrevoir.
Au début, c'est connu, couru, l'exhaltation y est telle qu'on exulte, qu'on s'extasie - tant pis si c'est exagéré, cela n'en est pas moins exact et extatique, fantastique et fantasque, on s'ose pas tiquer. C'est plus tard que l'on tiquera, et que l'on décortiquera, qu'on se creusera le cortex pour savoir ce qui tourna court : était-ce touffu ou foutu ?
Puis l'on concluera :  c'est tout vu, on s'outrera du malotru, du malandrin, du mal-famé, du malséant, du malfaisant, du faisandé face de rat, du faussaire, du fossoyeur, du fossé, du funeste émoi.
Il sera désormais trop tard pour taire les torts, pour tordre le cou au souvenir de la torture.
Taisez-vous, tétanisez-vous, tassez-vous, totalisez tout ! Conspuez tous les cons qui puent, toutes les conques concassées ! Compissez tous les compassés, tous ceux qui se croient puissants et puisent dans leurs réserves d'énergie pour s'épuiser !
Epoussetez et toussotez, thésaurisez et tressautez !
Les sauriens n'en sauront rien. Les chanteurs, eux, déchanteront. Les ombres sombres sombreront. Les ronces fronceront le front.
Le fripier rasé de frais frôlera la frappe fripée - qui s'y frotte s'y piquera ! Qui s'y pique s'y frottera ou bien plantera des piquets ou bien planquera des paquets et à cela s'appliquera.
Mais ne cassez pas ma carcasse, ni même ma caricature, n'obturez pas , n'obstruez pas !
Ainsi les abbés s'abaissent-ils souvent devant les abrutis brutaux bretteurs qui souvent braient, brassent la braise des souvenirs souverains qu'on a placé sous verre.

Patricia Laranco.
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