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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 14:46
Le Poème n'a ni commencement ni fin.





Après l'amour
on retombe dedans sa peau
cette peau qu'on se figurait avoir quittée !







Pourquoi ne pourrait-on pas voir dieu comme un maître d'école qui n'en finirait pas d'effacer ce qu'il vient d'écrire au tableau noir - au moyen de l'éponge ou de la brosse du temps ?







L'éphémère ? Le changement perpétuel ?
N'y a-t-il pas meilleure illustration du caractère foncièrement fragile, illusoire, vain du monde ?





Nous cherchons la stabilité. mais qu'est-ce que ça veut dire, stable , solide ? Dans un monde où tout n'est que mouvement du temps, changement, devenir ?
Dans un monde où rien n'est capable de fixer, de retenir quoi que ce soit ?





Je ne suis sûre de rien. Tout tremble. Tout murmure "peut-être".
Notre goût d'étreindre est pathétique.
Qu'étreint-on ? L'illusion d'étreindre ?





Vivre...n'est-ce pas faire semblant de croire en le définitif ?


Patricia Laranco.
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 19:21
Il y avait un Tupinamba qui mangeait des topinambours et des taupes de Pernambouc et des boucs des bouquets de boucs en assenant des calembours avant de venir à Hambourg
et puis
un matador doré vrai malabar qui m'adorait matadorait dans l'arène d'une araignée niée neu-neu
la nénène du nain non-né mettait au nabot ses sabots mattait au rebut ses robots ses beaux rots car l'enfant rotait.
Dans la corbeille, des corbeaux et des corneilles écornées les pattes en l'air - c'est épatant - c'est empâté - c'est patenté.
Le comte Dracula comptait ses draps et puis contait ses culs séculaires et consécutifs à un passé de de concussion.
Les crapauds crapahutaient là et crachotaient dans les ca(c)hots des cacahuettes qui fusaient comme des fusées diffusées.Les cahuttes longeaient l'azur et ses purs chants pur-sangs porcins.
Nous étions à Pornichet, là où le port était niché en attente d'un oeuf tout neuf, d'un oeuf qui ferait faire "ouf".
Le père a peur et l'amer pleure et l'amour de la mère a tort. La haine mord et dort debout. Debout, à bout, je t'ai bouté je t'ai botté toi mon tabou toi que j'ai traîné dans la boue, dans la boucherie qui nourrit.
La pourriture est nourriture.
La latérite latérale hérite de la terre hirsute héréditaire, hérissée - mais peu importe le rut brut ! Peu importe le bruit qui broie ! Peu importe le nid qui noie !
Les alvéoles de la vie  ont été vidées de leur suc, ont été privées de leur stuc, de leur stock de stuc mis à sac. A sac. A sec. Nous y voilà. Dans la voilure du présent.
Le coq, un jour, dit au cocu "Toi, t'as gagné le coquetier, Coco, il faut t'acoquiner !"
"Mais m'acoquiner avec qui ?"
Là, le coq rebroussa chemin...pour mettre en cloque sa moitié moite. Saperlipopette, le pied ! Le pied dès lors qu'on est pompette. Le piédestal pédestre pour la pédérastie des pompiers. L'épi dès lors qu'on est épié et que l'on va de mal en pis.
J'épie l'épi.
Je fais pipi.
Je ramasse au sol mon épée.
Je plie et je m'attends à pire ou à pile. Ou peut-être, à poil.
J'ai été appelé à poil. A poil et à sapeur - pas peur !
Non, pas l'heure de se leurrer. Pas l'air de rameuter les heures.
Pas l'heure de chevaucher les airs. Pas l'air de lire en sa pâleur. De chevroter sur mes malheurs. D'ôter les hôtes de l'hôtel. Et les autres de la contrée où abondent les contretemps qui se mettent à contrecarrer.
De créer le creux des crevés de le dessiner à la craie alors que crépite le cri criblé, que craque le croassement que croque la croix cramoisie cramée comme une croix gammée.
Les crétins créent avec leurs crocs. Leurs crocs-Magnons crocs de mignons, de crocs-moignons, de crocs-kenjambes, de crocs de moines qui s'empoignent et jouent des  pognes pour cogner.
Une apocope apoplectique anorexique apolitique apologique propulsait la populace au delà des propos qu'elle nous proposait. La populace copulait dans les délices du délit dans le lit qui délie les mots les langues et en plein New-Delhi au beau milieu d'un million de personnes et de new deals.
Il pleut du bleu bulbeux bulleux sur nos maisons car il fait beau. Un insecte sectaire au peu incestueux se pavanait; après l'inceste palimpseste il accumulait les cesterces et, devenu cistercien s'en allait dès lors faire la sieste son assiette à côté de lui flanqué d'oriflammes de flemme en toute originalité.
Originale, l'origine ? Gynécologique en tout cas.
A l'intérieur des gynécées régnaient le flegme et les phlegmons, et les cloaques pleins de cloques et l'estocade à l'estomac. Zétaient moqués, toqués, tatoués :  rien que des mastroquets mastocs, ou des mastodontes en toc, ou des mastodynies de choc.
Mais attention les nuits se ruent et la moque devient amok.
Avant l'amok, la moquerie. Vois ! Mon plexus de plexiglas qui s'agace à n'en plus finir sans coup férir sans coup fourré sans coup foireux sans cul-terreux sans cautère et sans cathéter et mon torse comme une herse adverse, un avertissement !
Mais l'avertissement ment-il ?
La mante est-elle religieuse ?
La menthe sert-elle à faire le thé ?
Et puis...le thé tôt ? Le thé tard ?
Le têtard qui tête le sein, le sein-frusquin frusques offusquées fruste pensée de palanquin
le sein...le sein...le sein-Médard...le sein-drome.,le sein-Nicolas ?
Il n'est pas plus sain que le sein, le saint sein bien originel.
Le sein suave et sempiternel.
Le sein-suaire et même l'ours-sein.
Il neige et la neige s'agrège elle abrège de ses coussins notre nostalgie qui ruisselle en selle et qui s'enkyste là.
L'hirondelle est une ronde, elle. Une aronde du temps jadis. Mais le jadis était de jade. Un palimpseste lancinant d'insectes ludiques porteurs de la terreur paludéenne.
Flot flux fléau plaie de la pluie les bicyclettes étaient cycliques et les cyclones se clonaient avec des mimiques clownesques.
Au secours ?
Quel est mon recours ?
Quel retour pourrai-je espérer ?
Impie, j'expie, je pulse, j'expulse, j'excite, j'exfolie la cité.
J'exclame d'exsangues clameurs.
J'extropie toute l'entropie anthropophagique qui pille
J'ai si peur et je pleure j'en ai mal à la plèvre et mal aux lèvres et aux mièvreries des ferveurs.
Impotent et ventripotent le poussah poussif possessif pousse au crime et aussi au mime. Et les miroirs noient la nuit les minois minoens qui muent qui tapinent en tapinois et nous taquinent à la quinine épisodique châtiment celui d'une épizootie que le Zodiaque avait prédit comme une épine dans le pied, dans le pieu, dans le rien qu'un peu...il ne faut pas en faire un plat. Ni un pâté de sable mou.
Les couples en battaient leur coulpe il n'y avait pas à y couper. Tandis que l'été s'entêtait à boire la lie jusqu'à la coupe.
Aux mortes eaux vont les oiseaux oiseux qui dans les zoos bizutent. Quelle torture pour la tortue !
Dans le plus simple appareil rien n'est pareil rien n'appareille plutôt tout est dépareillé empaillé pailleté de paille et d'écailles, de lait caillé, de loup-caillou; nous caillassons. Nous capotons nous clapotons nous clabaudons nous cabotons  comme des cabotins cabochards puis nous fermons notre clapet. Nous clamons nous calquemurons et nous claquons des doigts - clic - clac !
Nous applaudissons : c'est la claque et la clique des têtes à claque.
Nous cancanons nous canardons et c'est un vrai capharnaüm et sus au crapaud campagnard, à son cousin le campagnol. Nous minaudons minimisons la mine de nos miséreux et de nos minéraux véreux et de nos numéros zéro - merci à la sainte rumeur.
Les nervures des nervis énervés par le narval nerveux les cycles d'encyclopédie du cyclope copte éclopé qui écope et fume son clop et colporte cloportes et cols.
Des amphores amphibies enflées, des pédagogues goguenards qui vous abreuvent de leurs gags en goguette et qui jouent au go à l'intérieur des synagogues. Des sinécures de curés et des cures de cinéma et puis après je n'en ai cure comme dirait l'écureuil curieux.


Patricia Laranco.
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 14:37

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 11:51
La plupart des gens semblent avoir une place de plein droit dans le monde.
Ils y évoluent avec naturel, ils connaissent les règles du jeu.
La société est un milieu où ils se meuvent avec aisance, une aisance qui, à vrai dire, pour ma part, m'a de tout temps confondue.
Je les envie parfois. Avoir sa place. Sentir qu'on a sa place.
Ne jamais douter de la légitimité de sa présence au monde.
Être efficace et adapté. Opérationnel. Fonctionnel.
Ne sentir aucun frottement, aucune gêne, aucune sensation de disharmonie, de tiraillement au contact des autres et à celui de l'univers.
Je regarde toujours les gens avec un étonnement perplexe.
En ce qui me concerne, rien de tout ce que je viens de dépeindre ne va de soi.
Je sens, plus souvent qu'à mon tour, leur regard d'aigle me transpercer. Ils ont une sorte de sixième sens pour déceler, pour détecter (si ce n'est même pour renifler !) les êtres inappropriés dont je suis. En général, ils ne s'y trompent pas : ils me cataloguent de suite. Quelque chose en moi cloche, je ne fais pas partie de la tribu (de singes ?). Ils me savent incomplète, ils savent que je reste à l'orée de la tribu. Ils savent que je suis - et demeure - bon gré mal gré, une créature de seuils, de lisières.
Quelquefois, du coup, ils font tout bonnement comme si je n'existais pas. Ils ignorent l'échec de ma personnalité mal dégrossie.
Ils me passent au travers du corps, car je suis devenue transparente.
C'est qu'un gouffre me sépare de leur assurance toute naturelle. Eux, ils partent à la conquête d'un monde qui leur appartient déjà. Moi, la larve autiste, je reste dans mon coin, et je manie les mots. Je les empile, je joue avec telle un enfant joue avec ses cubes. Cela a, au moins, le mérite de me soustraire à leurs accès de dédain, d'impatience outrée. Je leur tourne le dos et, au fond, je sais très bien que ça les arrange. Tout ne vaut-il pas mieux qu'une verrue malvenue sur une surface de peau lisse ?
Ma mère était le produit de l'union d'un Blanc de l'Ile Maurice et d'une femme de couleur de la même île. Déjà, elle se considérait comme une sorte de "bâtarde"...comme un être illicite, illégitime, que le fait même d'exister rendait fautive. Sans doute me transmit-elle cette honte d'être, cette sensation - tenace -  qu'être était une forme de transgression.
Je ne l'avais jamais connue sûre d'elle : elle doutait de tout. Elle se laissait aller à une résignation teintée de scrupules qui la faisaient en quasi permanence, raser les murs. Elle eût aimé, je crois, se dissoudre, pour ne plus être, pour ne plus s'excuser d'être. Elle était un concentré de toutes les névroses mauriciennes.
C'était sans doute pour se faire "pardonner" qu'elle était si gentille !
Je crois n'avoir jamais connu d'être plus dépendant, moins sûr de lui, plus rongé par la conviction qu'elle devait, constamment, gagner, mériter la "tolérance" des autres.
Alors, peut-être que, quelque part, je me suis identifiée à cette mère.
Nous étions très proches et avions une relation quasiment fusionnelle.
Cette mère ne pouvait pas m'apprendre à faire mon entrée dans le monde.
Cette mère ne pouvait pas m'apprendre à m'y installer de plein droit.
Elle m'a couvée et, ce qu'elle m'a appris, c'est la crainte du monde. Elle était née dans le rejet.
Mais elle cachait impeccablement sa frustration, son envie.


P.L
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 12:16

"Tu n'es plus un enfant, tu n'es plus un enfant"...qu'est-ce qu'ils en savent ?
Cesse-t-on jamais d'être un enfant ?







Le temps ? Il arrondit les angles.
"Avec le temps" l'on s'adoucit.
Lassitude et désillusion poussent désormais à économiser ses efforts.
On a donné. On a été accaparé par le métier de vivre. Par le lutte pour faire coûte que coûte de sa vie quelque chose qui ait un sens.
Après avoir jeté ainsi toutes ses forces, on se sent usé. On mesure finalement, peut-être, la vacuité, l'inanité de ces luttes. On réalise que la vie est une vague qui se soulève, puis s'écrase. Que ce contre quoi bute la phase "descendante", c'est la fin. "Piètre récompense pour tant de combats, tant d'efforts !", voilà ce qu'on se dit.
Alors on hausse les épaules, on accouche d'une moue songeuse.
La finitude, le butoir que constitue la fin de notre propre être relativise considérablement les buts, les soucis, les espoirs. Le caractère transitoire de notre être même nous saute aux yeux : il n'y a que ça, et rien que ça - et cela, justement, va disparaître.
Alors, les passions, les fougues de notre élan vital s'émoussent. Nous considérons la vie avec un recul, une sorte de détachement qui, à terme, finit par se muer en résignation digne et sereine. Du coup, on regarde le monde et soi-dans-le-monde avec un autre oeil. On encaisse mieux les coups qui continuent de vous bombarder l'épaule. On s'implique moins. Peut-être, parce que l'on est déjà ailleurs ?...


Patricia Laranco.

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 11:02
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 10:58
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 12:03

Existe-t-on jamais en soi ?

En dehors d’un jeu de miroirs ? En dehors du regard de l’autre et du sien propre porté sur un reflet dans l’eau ou dans une glace ?

N’existe-t-on pas, en premier lieu, parce que l’on SAIT que l’on existe ?

Parce que l’on se SENT exister ?

Et ceci vient de l’intérieur.

Les autres gens, le monde extérieur entier existent parce que je les regarde.

Et moi, je n’existe, aussi, que parce que je les regarde exister.

Parce que je me surprends moi-même en train de les regarder être.

Quand je perçois le monde externe, je perçois des objets, des corps.

Des choses matérielles qui s’inscrivent en tant que telles : matériellement.

Mais lorsque je perçois ma propre existence, en revanche, il n’en va plus de même.

Je perçois quelque chose de…disons…densément immatériel.

Je perçois une conscience, toute la densité d’une conscience. Je perçois quelque chose d’invisible, de matériellement impalpable.

Appelons ça comme on veut…un esprit, une intériorité.

De mon propre corps, je ne perçois que des éléments, des fragments : bras, mains, torse, abdomen, pieds, jambes…je crois que l’on a fait le tour.

Quid du dos, des reins ou des fesses…et, par dessus tout, quid du visage ? Et quid de l’ensemble de la silhouette, ce tout qui, à l’instar de tout tout, c’est bien connu, représente beaucoup plus que la somme de ses parties ?

L’ensemble de notre silhouette ne peut être perçu que par quelqu’un d’autre.

Notre visage, quant à lui, n’existe que par les êtres extérieurs qui le croisent et qui, en le regardant, attirent notre attention sur son existence.

Mais je veux là, bien sûr, parler, du visage strictement matériel.

Je sais – et, je crois, chacun sait – que j’ai (qu’il a) un visage intérieur, évidemment immatériel. Et que ce visage intérieur est, en fait, le plus authentique.

C’est, entre autre, notre propre perception, notre propre appréhension de nous-mêmes. Et cela n’appartient qu’à nous. Qu’à notre liberté profonde.

Cela peut être complètement affranchi de notre apparence offerte au monde.

 

 

                                                                                                                  Patricia Laranco

03-05/01/2007.

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 11:37

Depuis cinq siècles on assiste à une expansion extraordinaire des ethnies européennes qui avaleront par différents moyens (génocides , colonisation...) des continents entiers : Amérique. Australie, Asie, Afrique...
Ce qui se passe depuis quelques centaines d'années nous rappelle ces temps immémoriaux où l'homo sapiens a progressivement envahi le moyen orient et l'europe d'est en ouest faisant disparaître de la surface de la Terre l'homme du Néandertal. En 10 000 ans les néandertaliens vont progressivement « lâcher du terrain » pour finalement disparaître et laisser sapiens maître des lieux. Depuis sa découverte au 19ème siècle, Néandertal a été affublé d'une infériorité intellectuelle, adaptative et culturelle, mais les nombreuses investigations archéologiques démontrent le contraire.. tout comme l'Homo sapiens, Néandertal fabrique des outils ou inhume ses morts: . Son inadaptation est un mythe: il a vécu sous des climats très froids, dépensant jusqu'à 5 000 calories par jour.
Parmi les théories qui expliquent la disparition du Néandertal , il y a celle de l'affrontement mais il y a aussi l'hypothèse d'un Néandertal refusant le contact avec Cro-magnon, un Néandertal non-violent, peu agressif, en osmose avec la nature, qui répugne à tuer ou à combattre. Dans tous les cas de figure, c'est bien l'homo sapiens qui a fini par avoir raison de l' espèce rivale

L'histoire serait-elle un perpétuel recommencement?
Bien entendu, établir une analogie entre deux phénomènes de nature différentes tels que "l'espèce" et " l'ethnie" peut sembler manquer de rigueur mais les points de rencontre sont si nombreux que je me laisse tenter par ce parallélisme.
Les Grecs désignaient par ethnos un peuple qui n'était pas organisé en cité, qui n'avait pas de système politique semblable au leur. Un ethnicus en latin était pour les Romains un païen, une terminologie reprise ensuite par l'Église catholique. Actuellement, malgré une tentative de clarification, le mot ethnie est encore d'un usage peu aisé; il est appliqué à des réalités aussi dissemblables qu'une tribu en Afrique, ou une minorité nationale aux États-Unis. .
Les européens ne se perçoivent pas comme "ethnies", considérant leurs particularités comme valeurs universelles; ils se croient la règle que toutes les autres exceptions confirment dans sa transcendance. Dans le discours philosophique et scientifique occidental, le sujet qui parle reste toujours caché, recouvert, effacé de l'analyse. La localisation ethnique, sexuelle, raciale ou de classe du sujet qui énonce est toujours déconnectée de son discours, ce qui produit un mythe universaliste qui cache l'identité et la position du sujet .Cette pensée eurocentrique présente le point de vue particulier de l'énonciateur comme n'ayant aucun point de vue. Une telle position transcendantale a permis historiquement à l'homme blanc et occidental de se représenter son savoir et ses croyances comme les seuls à même d'atteindre l'universalité et ainsi d'écarter les connaissances non-occidentales comme particularistes et, donc, incapables d'accéder à l'universel.
Cette illusion de l'universalité a pris naissance à partir du 16eme siècle; elle découle d'un nouveau positionnement de l'Europe dans le système mondial. La découverte de l'Afrique puis de l'Amérique a dans un premier temps débouché sur le sentiment de la supériorité de l'Europe ; mais d'un autre coté, la pénétration des Ottomans venus de « l'orient » était un élément de pression supplémentaire pour la définition de soi. Les Ottomans étaient considérés comme des païens qui repoussaient les frontières de la chrétienté, et de ce fait cantonnaient son expansion à l'Europe. C"est donc par rapport à une altérité méprisée d'un coté, menaçante de l'autre que va se forger l'identité européenne, autrement dit, c'est dans la négation de l'autre qu'elle va s'affirmer. La conception de l'Europe en tant que « République Chrétienne » s'est imposée. Le continent européen était considéré comme le corps géographique créé par Dieu de cette République chrétienne. Derrière cette conception, se cache une représentation parfaitement essentialiste de l'identité. Les conquérants portugais et espagnols, aidés en cela par l'église vont exterminer les païens au nom de l'évangile; le pape de l'époque bénissait les carnages, considérant les amérindiens comme des êtres sans "âmes".. Il y a quelques mois, au Brésil, le pape, Benoît XVI, a réécrit l'Histoire comme aux pires heures de l'Église catholique.
« L'annonce de Jésus et de son évangile, a-t-il déclaré, n'a comporté à aucun moment une aliénation des cultures précolombiennes et n'a pas imposé une culture étrangère. » Et d'ajouter : « Le christ était le sauveur auquel les Amérindiens aspiraient silencieusement. »
Cet aveuglement va se poursuivre et se consolider avec la naissance de l'état-nation , ce lit de Procuste, cette homogénéité trompeuse traduisant des valeurs illusoires d'égalité, de liberté etc...qui vont encore renforcer le mythe de l'universalité et de la supériorité de la pensée européenne. C'est bien pour civiliser les barbares de l'Afrique , de l'Asie et de l'Australie que les ethnies européennes vont parachever la conquête de la planète. Si j'insiste sur la notion d'ethnie c'est qu'au sein des états-nations ce sont les ethnies blanches européennes qui dominent systématiquement. Quels pouvoirs peuvent bien avoir les Martiniquais, ou les Français-Maghrébins en France? les Anglo-saxons règnent en maîtres aux États-Unis ne laissant que des miettes aux noirs, aux hispaniques et aux autres. Cette fiction de l'état-nation n'a pas seulement fonctionné en Europe, elle a surtout été un désastre lorsqu'elle s'est exportée comme modèle d'organisation politique et étatique dans la périphérie non européenne. Les guerres civiles africaines à caractère ethnique illustrent quelques-uns des problèmes causés par le modèle eurocentrique imposés aux anciennes colonies.
La colonisation de la Palestine depuis 1948 s'inscrit dans ce même processus. Des ethnies blanches européennes viennent, au nom d'une religion, terroriser et pousser à l'exode massif les populations locales. A l'intérieur même de cet état mythique, les juifs Achkénaze d'origine blanche européenne sont les maîtres des lieux et traitent les Séfarade et les Falasha comme des citoyens de seconde zone.
La mondialisation constitue l'état paroxysmique du phénomène. C'est encore ce fameux lit de Procuste qui tente de niveler les différences, de gommer les identités pour imposer toujours au nom de l'universalisme la domination occidentale. Au mythe de la mission civilisatrice succèdent de nouveaux mythes, ceux de la démocratie et du droit d'ingérence humanitaire ouvrant la porte toute grande à l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak.. L'alliance entre sionistes et néo-conservateurs constitue la cerise sur le gâteau de cette longue marche. Juif et chrétiens se donnant rendez-vous à Jérusalem pour recréer le temple et accélérer le retour du Messie. Le monde arabo-musulman fait figure d'antéchrist. La chasse aux sorcières bat son plein! On se croirait de retour en plein Moyen-âge!
Ce caméléon idéologique qui depuis cinq siècles ne cesse d'asseoir la domination occidentale n'est pas un instrument au service de l'économique, comme le pense le marxisme. La relation entre le centre et la périphérie se caractérise plutôt par une domination ethno-économique.
Les ethnies africaines et asiatiques subiront-elles le même sort que celui des ethnies de l'Amérique du nord et de l'Australie ? ou seront-elles épargnées en tant que force de travail? De toutes les façons Cro-magnon a bien fini par régler son compte à l'homme du Néandertal; maintenant, il s'occupe de laver son linge sale en famille! Peut-être que dans quelques siècles, des historiens blancs pleureront la si regrettable diversité ethnique et culturelle de la planète... Peut-être aussi qu'il n'y aura ni blancs ni historiens pour pleurer quoi que ce soit.

FETHI,
le 16 fevrier 2009

Source : Toute la poésie



 

 


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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 16:37
Métissage non assumé. Identité problématique. Etrange pays que l'Ile Maurice !
On se demande, d'ailleurs, comment un tel pays peut tenir debout.
On dit souvent que tout voyage, que toute expatriation est, quelque part, une quête de soi-même. Il me semble que rien n'est plus vrai en ce qui concerne les Mauriciens.
Que faut-il pour réveiller le sentiment d'être mauricien, en d'autres termes "l'identité nationale" mauricienne - je vous le donne en mille ?
Eh bien, il semble qu'il faille un éloignement de l'île, une prise de distance d'avec ce pays de multiculturalité compliquée et de communautarisme, en un mot comme en cent une expatriation le plus loin possible de ses rivages dits "enchanteurs" pour que le Mauricien se rende enfin de compte qu'il est Mauricien !
En voyageant, il part, en quelque sorte, à la conquête de lui-même, et à la conquête de Maurice ! Tant il est vrai qu'on ne peut se trouver que par comparaison avec d'autres, que par rapport à.
De là résulte, sans doute, cette propension assez remarquable au voyage et à l'exil qui caractérise tant de natifs de l'"île arc en ciel", d'Edward Maunick à Le Clézio en passant par Torabully, pour ne citer que des écrivains.
Mais si Maurice incite si fort au voyage purement géographique, elle incite aussi à une autre forme de voyage : celui de l'écriture, tant (je l'ai dit ailleurs) elle abonde en poètes, en romanciers et en nouvellistes.
L'écriture. Pour s'évader. Pour questionner l'identité. Le mot. Pour se trouver une langue.
L'identité mauricienne est encore, toujours, en devenir. Quand se cristallisera-t-elle enfin ? Se cristallisera-t-elle ?
Sera-t-elle aussi féconde littérairement dès lors qu'elle se sera cristallisée ?
On peut se poser ces questions.
En attendant, le Mauricien, ce "pluriel", se raccroche toujours - sans doute pour se rassurer - à ses références "communautaires". Gérer un tel fouillis d'horizons culturels, d'héritages, ce n'est pas facile . Inde, Chine, Afrique, Madagascar, Europe...sans parler des religions. Il y a de quoi donner le vertige et - certes - ne pas s'y retrouver !
Il est assez étrange de constater que sa proche voisine, La Réunion, est beaucoup plus homogène au plan de son vécu identitaire et, dans le même temps (du moins à ce que j'en sais), nettement moins productive sur le plan littéraire.
Je vous laisse le soin de conclure.


Patricia Laranco.
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