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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 13:40

                                                                                  A Umar Timol.

Nous n'avons que les mots,
mots à rebrousse-temps,
nous les jetons à la
figure du réel.

Là. Dans l'intense fragilité
de l'instant
nous n'avons que les mots
et nous les opposons
pour vêtir
notre nu,
nous n'avons que les mots
à opposer au froid,
au battement de cil
si bref
qu'est le présent.
Tout ce que nous avons
ce sont ces mots lancés
comme des confettis
à la face de l'air
qui ne retient rien
de la trace des corps
et encore moins de
la présence des âmes.


Patricia Laranco

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 12:49

Jacqueline BREGEAULT-TARIEL est poète et critique littéraire . Elle collabore à la revue Poésie-sur-Seine et publie ses recueils à la Lirairie-Galerie Racine.
En matière poètique, son "idole" est, sans contredit, Henri Michaux.



L'ECRIVAIN & LE REBUT.


                                                                 " Où que nous en soyons, je vous invite
                                                                           A traîter prudemment les mots:
                                                                                          Ils peuvent exploser"

                                                                                       Sigfus Dadason (Islande)



Telle est l'aventure de l'écrivain aux prises avec les mots, particulièrement avec ceux qui se dérobent.

Que sont-ils ?
Qui sont-ils ?

Sont-ils usés ?
Sont-ils insignifiants ?
Sont-ils compromettants ?

Quel est le langage de tout un chacun au-delà des mots et des sens tolérés par la société et en deçà de ceux enfouis, oubliés, intolérables pour l'individu ?

Jusqu'où la fonction d'écriture dans un ensemble structuré peut-elle être comparée avec l'organiation interne et fonctionnelle du corps ? Biologie et thérapie cellulaire.

Quel combat se livre entre ce qui peut être dit et ce qui doit se dire dans une nécessité de survie ?

           Ne pas assez en dire serait comme un jardinier dans sa roseraie qui     
           ôterait de la tige les épines - ces drôles de nez mutins - pour
           préserver des doigts trop délicats * .

Quelle est la relation entre la pensée et les mots qui en découlent, entre l'acceptation et le refus de leur représentation ?
Quelle est la relation intime entre le monde émotionnel et l'expression au moyen de métaphores entendues à des degrés différents ?

              La main s'épuise à transcrire ce qu'une patte saurait mieux écrire
              d'instinct * .

Dans quelle armature rythmée, ponctuée ou pas, se glisse l'écrivain ?

              
Le cadre est posé. La marge installe la protection.

                                                           Le retrait se garde de trop en dire.

                                          La fortune est au-delà de la marge

               Y puiser le mot
                                                Marge ou coeur on ne sait
                                             Ce sera le corps du poème. *


Jacqueline BREGEAULT-TARIEL
in "Ensorceler une loque", Ed. Librairie-Galerie Racine.

 

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 12:45

Si rare
Que de nos mots
On s'ensanglante !
Ecrire, c'est aussi ça :
D'abord, se taire sur l'essentiel.


Hervé MESDON

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 13:16
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 12:17
Féminisme ?
Il fallait, certes, que le féminisme advienne un jour.
L'instruction des filles, les progrès de l'obstétrique et du contrôle des naissances aux XIXème et XXème siècles, ne pouvaient  que déboucher sur la revendication féministe.
Ainsi, dans les années 1970 et 1980, des tas de livres ont été écrits au sujet des méfaits du "système patriarcal" qui, au nom du "chauvinisme mâle", écrasait lourdement la femme et la niait en tant qu'être pensant. Les hommes en ont pris, dit bien plus vulgairement, "plein la gueule". Oppresseurs égoïstes et brutaux, vouant le "beau sexe" aux seules lois de la nature (sexe-reproduction-éducation des petits) et l'excluant purement et simplement du champ culturel (peut-être, pour lui faire payer son pouvoir - formidable - de donner la vie et l'aimantation qu'elle exerce sur l'homme,  tant par le sex-appeal que par le maternage). Tout était de la faute des hommes. Et haro sur le baudet !
Mais ne peut-on pas s'interroger sur cette vision accusatrice ?
A l'instar de toute vision issue d'un coup de colère, d'une exaspération (au demeurant, dans le cas qui nous occuppe, fort justifiée), elle apparaît tout de même comme passablement réductrice.
Dire - toujours - que "c'est la faute de l'autre" est, en soi, assez suspect.
Ne pourrait-on pas imputer, aussi, le relatif effacement des femmes, le fameux "plafond de verre" qui perdure encore aujourd'hui et ce même dans les pays les plus avancés en matière d'application des droits humains - à l'attitude, à la façon de fonctionner des femmes elles-mêmes ?
La liberté est quelque chose d'exaltant, mais d'inconfortable. Son usage implique beaucoup d'indépendance de caractère. Or, les femmes attendent énormémént de l'"Amour", elles sont dans le lien à l'autre. Elles sont dans un lien à l'Autre, qui plus est, volontiers fusionnel. Dans l'amour, que ce soit pour leur enfant ou pour leur partenaire, elles ont fréquemment à coeur de se dévouer corps et âme.
Le pragmatisme, lui aussi, peut être un atout formidable, mais lorsqu'il est employé à "prendre le monde comme il vient", qu'en est-il ?
A force d'esprit pratique (coquette, fée du logis et/ou bonne maman), la femme a une nette tendance à se complaire, pour employer encore une image familière, "au ras des paquerettes".
Venons-en maintenant à la solidarité...là, il est patent que les femmes ont un grand mal à s'entendre entre elles. Volontiers narcissiques et d'une impitoyable intransigeance, ces dames ne se plaisent que dans des amitiés (souvent étroites, si ce n'est fusionnelles) avec des consoeurs qui leur ressemblent, et, donc, les rassurent. Contrairement aux hommes qui savent oublier leurs antipathies tripales au profit du fameux "esprit d'équipe" (l'ancien esprit qui animait les chasseurs de la préhistoire ?) qui les soude dès lors que le besoin s'en fait sentir, les femmes ont , je l'ai assez souvent constaté, un mal fou à faire passer leurs réactions intenses et spontanées au second plan. Douées peut-être d'une sensibilité, d'une "intelligence affective"  plus développée que celle des hommes, elles vivent leurs sentiments avec une intensité à fleur de peau qui les pousse à dramatiser.
Or, le plus souvent, ses consoeurs n'inspirent à la femme que de la méfiance.
La psychologue Christiane Olivier a fait ressortir de façon très intéressante le poids de la mère sur les petites filles, et l'ampleur de la gêne, de l'animosité que celui-ci suscite chez elles. L'énorme Mère a un poids central, omniprésent dans tout foyer et, ce faisant, elle est vécue comme une rivale au fond indépassable. Quant au chemin vers l'homme, il est long : le père est, en général, lointain et, dans nos pays, il y a de plus en plus de familles monoparentales dans lesquelles la mère assure le rôle du chef de famille. L'avidité de contact masculin prédispose, ensuite, la femme à une hostilité plus ou moins latente envers ses consoeurs encore accrue.
Le féminisme implique un soutien que les femmes se donnent -ou se donneraient - les unes aux autres.
Or, les femmes sont -de façon assez spontanée me semble-t-il - pénétrées de leur "mission" de répondre au besoin que les hommes ont d'elles, de les soutenir. Elles semblent avoir du mal à dissocier l'amour des autres sentiments, et soutenir ces toujours potentielles rivales que sont les autres femmes reviendrait, pour elles, à une sorte de sabordage ("moi d'abord !").
Le féminisme ? C'est bien, mais à condition de se montrer adulte.
Les femmes déplorent leur sort, s'en plaignent mais souvent, oublient de prendre conscience qu'elles y sont pour quelque chose, qu'elles sont partie prenante de leur propre problème. Je ne crois pas qu'on puisse être totalement pour rien dans ce qui vous arrive.
Accuser l'autre, cela ne revient-il pas, en un sens, à s'accuser soi-même, dans la même mesure ?
Les femmes n'ont pas encore appris à  prendre leur destin en main en tant que groupe.
Ni présence plus grande sur la "place publique", ni mouvement féministe n'y ont rien changé.
Il y a encore énormément de chemin à faire...encore faut-il le vouloir vraiment, et s'en donner les moyens. "Aides-toi, le ciel t'aidera".


P.Laranco.
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 11:14
Ne vous fiez pas trop au titre plutôt austère de ce gros livre de 305 pages : loin d'être rebutant, c'est le moins qu'on puisse dire, il se lit, en fait, aussi vite et aussi agréablement qu'un roman. Sa lecture procure même une indéniable détente.
Entrecoupé d'articles qui nous éclairent sur l'époque et la condition féminine aux plans historique et sociologique, il nous brosse, d'une plume alerte et pleine de charme, le portrait de cinq figures féminines parmi lesquelles deux atteignirent les sommets du pouvoir : Joséphine de Beauharnais la Créole antillaise qui devient impératrice de France et Victoria, reine de Grande-Bretagne qui eut un interminable règne. S'ils sont nettement moins connus, les destins des femmes de lettres Germaine de Staël et Charlotte Brontë et celui de l'assez lamentable danseuse-courtisane de la Belle Epoque Caroline Otero valent cependant qu'on les découvre.
Liesel Schiffer a un style inimitable, piquant, délicieux : on se demande comment elle fait pour manier avec une telle aisance, une telle fluidité la langue française.
Jamais de pesanteur. Un sens du récit confondant de naturel. Un humour teinté de tendresse qui survole les personnages et sait cerner leur intimité sans que jamais le mouvement des phrases ne perde son animation, sa presque désinvolture. On songe, ici, aux auteurs du XVIIIème siècle avec, en plus, une vivacité toute journalistique, toute actuelle.
Liesel Shiffer a pour principal souci de rendre son récit vivant. Elle nous parle de ses héroïnes comme elle nous parlerait de n'importe quelle "vedette" du XXIème siècle. Elle a l'art de les rapprocher de nous.
L'absence de gravité, de pédanterie, la parfaite distance vis à vis des personnages que l'auteur adopte et maintient, font de la lecture de ce livre, je le redis, le répète, un véritable régal, un véritable remède contre l'ennui.
Toutes ces femmes sont des illustrations de la condition féminine d'une époque, des illustrations du "faire avec" cette condition ingrate, pour le moins défavorable. Certaines (Germaine de Staël ou Charlotte Brontë) apparaîssent comme des pionnières du féminisme. La reine Victoria, elle, se veut, très paradoxalement comme le note l'auteure, une "anti-féministe" patentée.
Et, entre les deux, il y a les figures peu intellectuelles d'Otéro qui a mué sa rage de fille des bas-fonds en avidité  perverse de prendre sa revanche sur les riches et les "grands de ce monde" en les plumant, et Joséphine, la parfaite femme selon les désirs des hommes du temps, qui frappe par sa capacité à traverser les évènements les plus chaotiques de la Grande Histoire pour ainsi dire sans les voir, et en rebondissant sans cesse (insouciance ?).
Pour ma part, j'ai été particulièrement heureuse de découvrir le personnage de Charlotte Brontë, que je trouve assez fascinant dans son type de solitude, de prise en otage par une famille puritaine repliée sur elle-même et par la lande dont le cadre âpre, grandiose, désespérant, s'il n'est pas moins austère que le celui de la famille,a de quoi aiguiser les rêves. Une "névrosée" avant la lettre ?
Mais toutes ces femmes ne le sont-elles pas, chacune à sa manière, névrosées ?
Aucune n'a le courage de revendiquer ouvertement; il est encore trop tôt. La science n'a pas encore donné aux femmes la possibilité, essentielle, de se libérer des diktats de la nature, et des menaces de catastrophe en tout genre (grossesse non désirée, mort en couches) que leurs corps faisait peser sur elles.
On reste songeur devant ces êtres pathétiques qui se rejoignent tous dans un point qui leur est commun : leur solitude.
Cela fait un peu penser à la chanson de Julien Clerc : "Femmes, je vous aime...".
Liesal Schiffer est, on le sent, leur complice à la fois émue, pleine de compassion et amusée. L'amusement désamoce le tragique des situations. C'est également, me semble-t-il, une forme de pudeur, de mise à distance qui protège. Et Liesel Schiffer excelle dans l'art d'atténuer, par le ton, les éventuelles noirceurs des situations insupportables qui blessent les personnages et qui, donc, par ricochet, nous blessent, nous.
Dans la manière de raconter une histoire, le ton est tout.
Voilà, semble-t-il, ce que démontre cet ouvrage, à lire. A la fois (paradoxalement) pour prendre la mesure d'un drame et pour cesser de se prendre la tête.


Patricia Laranco.
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 12:53

Maryse Du Souchet-Robert est peintre et poète.
Elle a publié plusieurs de ses poèmes dans ses essais : Le Pays de l'étrange, Papyrus, 1989, Eliezer ou la descente aux Enfers, Le prieuré, 1995, Le Clavecin oculaire ou l'aquagraphie peinture magique et médiation thérapeutique, L'Harmattan, 2001.
Plusieurs de ses poèmes ont été lus à Versailles lors du Printemps des Poètes 2007 et lors du Mois Molière 2008.
Elle vient en outre de publier trois poèmes dans la revue de poésie en ligne Le Capital des Mots d'Eric Dubois (Novembre 2008).


www.aquagraphie-ecriture.fr







LA FILLE DESOLEILLEE.

Troisième prix au concours de poésie de Ville d'Avray en 2005.


Quand je dansais dans ta lumière
Soleil où étais-tu ?
Quand je naissais de ta clarté
Soleil où errais-tu ?
Poussière amoureuse de ton or
Fille désoleillée
J'errais aux confins de mon être
Inexplorée...
Je t'ai enfin trouvé
A l'autre bout de moi
Ô mon pôle
Aimantée par toi
O mon amant
Soleil-silence
Tu me danses
En ton amoureuse présence.

Maryse DU SOUCHET-ROBERT.

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 12:21
Umar TIMOL est heureux de nous annoncer la publication de son troisième recueil poétique : "VAGABONDAGES", aux éditions L'HARMATTAN, à Paris.
La préface de l'ouvrage est signée Dominique RANAIVOSON.

http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/9782296066700/LIV/vagabondages-suivi-de-bleu-umar-timol.htm?
fulltext=umar%20timol&id=165661226327279&donnee_appel=ALAPAGE










tu vagabondes ainsi à la recherche de l'autre et dans ton regard tu interroges la légitimité, le sens et parfois dans une fraction de l'éphémère la lumière jaillit, jouissive, resplandissante, tu y crois, il y a une semblance de plénitude, union des corps, des âmes, communion de l'esprit, mais au bout de la parole, de la chair, de la nuit, tu renoues avec l'angoisse de la précarité, ta peau déchue, soumise aux aléas du temps, la fragilité de ton être, qui se ramasse dans une argile avariée et corrompue et tu sais alors qu'on ne peut résilier ses attaches, qu'on ne peut s'échapper de soi, il n'y a qu'au lieu des fulgurances qu'on peut s'achever dans l'autre, il n'y a qu'au lieu de l'imaginaire qu'elle, elle pourra demeurer, là où se fondent et s'éclipsent les démences de la solitude.







qui donc es-tu ? es-tu le territoire de la nostalgie et des origines ?
es-tu des lieux de l'oubli et de sa mémoire ? es-tu créature qui me ressouvient le vouloir du créateur ? es-tu miroir qui captive et prolifère mes vélléités d'absolu ? es-tu destin enroué sous les traits du hasard ? ou es-tu chaos fané sur mes lèvres déjà livides ? es-tu rêve en effraction de l'absence ? ou es-tu royaume de sang qui fonde le pacte de ma déchéance ? es-tu apparence qui ressasse le désavoeu de la mort ? ou es-tu la mort crucifiée sur les brisants de mon souffle ?
qui es-tu donc ? et qui me le dira ?







MIROIR.

tu te scrutes dans le miroir mais tu n'arrives pas à te voir car tu y cherches le regard de celle que tu aimes, tu veux parvenir au bout de son sens, savoir s'il est prélude ou agonie mais elle l'a forgé dans une nuit dont la cartographie demeurera indéchiffrable.

tu te scrutes et cherches
celle que tu aimes mais ce miroir ne sert qu'à ressasser les béances de ta misère.


Umar.
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 13:39

Né en 1954 à Loudrefing (Moselle), Alain Hélissen a collaboré à une cinquantaine de revues. Il est aussi chroniqueur dans différents périodiques littéraires (Le Mensuel  littéraire et poétique, CCP, Le Polygraphe, Diérèse, le site Poézibao...) Il a réalisé, pour Ecrire & Editer (N°s 44-45, 2003), un dossier sur la poésie française de 1970 à 2000. Depuis 2000, il dirige la collection de poésie Vents contraires aux Editions VOIX (25 titres parus) et, depuis le début de 2007, co-anime des rencontres poétiques trimestrielles à la Médiathèque du Pontiffroy à Metz.

Derniers titres parus : La narration vous change la vie, Comp'Act éditions; Metz in Japan, VOIX éd.; La part des émotions, Les hors-série du 22; L'O de la Voie Lactée, Denkmal; Le rappel des titres, éd. Les Deux Siciles; Le V de la Voie Lactée (2 tomes), Denkmal; Une phrase quelconque, L'âne qui butine; Pas vu pas pris, livre boîte d'alumettes, VOIX éd.; Emplâtres sur les collages de Claude Ballaré.

Contact : alain.helissen@tele2.fr







Des histoires lézardées
décryptées grossièrement
retenues surtout pour
leurs illustrations
strates rouges
terre de sienne brûlée

Deux os en croix on croit
A un jeu de piste
Ou à la chasse au caribou
En pays Dakota

Mais
plus loin
encore chaud
le sang roséifiant la peau
des égorgés dans le ghetto
Allah est grand et ses couteaux
toujours aiguisés comme il faut

                                                          Marchands d'peaux
                                                          Marchands d'peaux
                                                            -pure haine vierge-
                                                        Entretuez-vous frères !
                                                           Y'aura du boudin
                                                                 Aux infos
                                                               Et juste après
                                                                La météo !
                                                                 Tempo ,
                                                               Tempo !







Des rapports falsifiés s'y fier
assez quand même
pour les tambouriner
entre fromage et dessert
avec une petite touche personnelle
sauce piquante ou bécha-pêle-mêle

Dire
et faire dire
des vérités imaginaires
déguisées comme des vraies

Sachant qu'au fond
c'est peut-être rêver
fenêtre grande ouverte
qui importe le plus

Au fond
c'est de continuer sans eux
ouvrir des pistes solitaires
trancher dans sa grammaire
comme dans un paquet d'nerfs !
roter son éducation primaire
pour des effets secondaires
relents de cimetière
ou effluves de pissotière
-la langue remontant la rivière-

                                                    T'as la bouse, roturière ?




1.

On joue tout seul
les prolongations
des mots tardifs
sans suite annoncée

Des mots consignés
dans d'épais lexiques

Toute la langue rangée là
par ordre alpha
bétique plus qu'à
l'accomoder avec un
 peu de gramm
maire sujet verbe con
plément de quoi phra
séifier
C'est ça et pas
La tête en bas !










Poétiquant de la sorte :
                                   (chanson)


                                                                 J'aurais écrit
                                                                Un roman beau
                                                                Mambo de peau
                                                              Sous chemise à carreaux



                                                                        Un roman beau
                                                                    Si manque de pot
                                                                 J'étais frais et dispos
                                                              Bien d'l'égo sans accrocs
                                                                A l'aise sur les tréteaux
                                                                  Dès le lever de rideau



                                                                           J'aurais écrit
                                                                          Un roman beau
                                                                        Avec des étourneaux
                                                                         Sur tous les poteaux



                                                                           Un roman beau
                                                                      Cadré de bas en haut
                                                                             Sans un rot
                                                                            Sans un mot
                                                                                De trop




                                                                               J'aurais écrit
                                                                              Un roman beau
                                                                         Avec des p'tits bobos
                                                                             Rincés au lavabo




                                                                               Un roman beau
                                                                            Comme un tableau
                                                                        Du Gréco ou de Picasso
                                                                             Si manque de pot
                                                                       J'avais le coup d'pinceau
                                                                              A fleur de peau






                                                                                 J'aurais écrit
                                                                                Un roman beau
                                                                             Avec des trémolos
                                                                              Comme un yo-yo



                                                                                 Un roman beau
                                                                                 De chapitreaux
                                                                                  Sentimentaux
                                                                             Du sang tout chaud
                                                                                Plein mon stylo



                                                                                     J'aurais écrit
                                                                                       Romambo
                                                                                       Romanbo
                                                                                     Romambo...


Alain HELISSEN.



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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 12:42
Simplifier les choses, c'est à dire leur faire violence a toujours été une tendance plus que lourde chez l'homme. Encore une manifestation de sa maudite propension à contrôler , à soumettre, à faire plier le réel en fonction de ce qui l'arrange le plus !




L'homme est, du fait de sa nature même, voué à la fourberie, au déni, à l'oubli de lui-même. Deux dimensions coexistent en lui, qui se nient plus ou moins mutuellement : l'animale et celle de la pensée; la matérielle et la "spirituelle". Quant à donner un sens à cette superposition de dimensions, c'est une autre histoire...
Peut-être tentons-nous de le faire pour donner un sens à notre souffrance.




Le métissage gêne en ce qu'il brouille les repères rigides des gens.




La femme est associée à "l'être pour l'autre" et, donc, à la faiblesse. Dès qu'elle prétend s'engager dans une vie intellectuelle, politique ou bien créative, à une vie qui met l'affirmation de soi au premier plan, elle s'expose à être piégée : si l'on ne lui reproche pas d'être "encore trop femme", c'est à dire encore trop sensible à l'opinion d'autrui (signe patent de "faiblesse"), on lui fera grief d'avoir perdu sa féminité en perdant, justement, cette "qualité" d'attention à l'autre.




Si les hommes ont une telle tendance à ne pas "prendre au sérieux" la femme dès lors qu'ils la jugent désirable, c'est sans doute qu'ils l'associent à l'amusement et au plaisir.




La bête.
Qui se nourrit, défèque, dort, cherche la femelle, copule, met au monde, s'oppose aux rivaux, défend bec et ongle son territoire, ses ressources et sa progéniture, pique des crises de rage lorsqu'on s'oppose à son avidité.
Elle continue d'oeuvrer en nous, avec ses pulsions impérieuses.
Âme ou pas âme, le programme de la nature se poursuit.
Comme les chiens, les chats, nous n'ignorons pas, au fond de nous-mêmes, que l'impératif de se reproduire est notre SEULE chance de survie.
C'est que nature, Vie ne pensent pas à notre petite échelle !




Ce n'est pas nous qui débusquons les mots, ce sont eux qui se donnent.




Le ver de la destruction est dans tous les fruits.




Pour quelle raison chercher raison à ceci, ou bien à cela ?
Le monde a-t-il lui-même une raison d'être, d'avoir raison d'être ?




En changeant, c'est à tous les coups une identité que l'on perd.
Au point que l'on se demande si l'on est encore véritablement SOI.




Il y a toujours quelque chose d'impalpable et de furieusement présent que les mots ne peuvent cerner. Une vie propre de l'univers, qui s'évanouit toujours dès que ceux-ci la touchent.
Qu'ils la touchent mal ou bien, au fond, le problème ne se situe pas là.
La quintessence de l'instant, de l'univers est matière subtile. Mobile.
Dès lors, les mots se révèlent inappropriés, perdants.
La matière des mots ne coïncide pas avec la matière de l'univers.
Il faut à tout coup trancher, couper, mutiler. En faisant des choix.
Toujours, on est à peu près certain de passer à côté de quelque chose.
De quelque chose que, faute de mieux, l'espace entre les mots accueille.


Patricia Laranco.
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  • : Ce blog s'intéresse à la poésie, à la littérature de l'Océan Indien, à la philosophie, aux sciences, à l'Homme et au sens de la vie.
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