Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 18:13

Docteur en Lettres, Stéphane Hoarau est un jeune intellectuel qui se consacre ardemment à la promotion de la culture de son île : La Réunion. Il vit en France, dans la région parisienne, voyage beaucoup et organise , dans le cadre de l'Association Réunionnaise Communication et Culture, de nombreuses rencontres littéraires consacrées aux auteurs de l'Océan Indien. Il est également photographe, peintre et, comme vous allez le voir maintenant , poète bilingue (Français et Créole de La Réunion).




Fonnkèr Volkan.

Langaz i sonn parey in takon roulèr,
in takon roulèr i sègn parey
in takon roulèr i fé dans lo kor si la brèz :
la brèz nout pasé.

Roulé roulèr !
Talèr la mèr i mari

Tèt cabri y roule dann la pousièr,
tèt cabri i déboul la pant la vi
pou tomb an pitasion dann
bitasion la nasion.

Roulé roulèr !
Talèr la mèr i mari !

Gramoun la di
la kolèr Loséan
la sanz la koulèr la po :
do moun la ni nwar, la ni blan,
tout koulèr nout malèr.

Roulé roulèr !
Talèr la mer i mari !

Roulé roulèr !
Fé dsann la kolèr volkan,
fé koul la lav ziska dann la mèr
pou fèr in sikatris
si lo siyaz nout voyaz.

Dansé marmay !
Suiv la fimé lo san
pou trouv lo semin la pé :
dann brouyar volkan
koulèr sa disparèt !
Dann brouyar volkan
nartrouvé nout Dinité !

Roulé roulèr !
La mèr la marié !

Lo san la asé koulé si nout pasé
Délaye la lang pou larg in kozé
Mé asé tié la vi
Pou dé boug i mérit pa li !


                                                                                                      2006.















Volcanie.

                                                                                        A Boris Gamaleya


Sous l'égide baigne une rouge fournaise
Lami-lave dévore ses makis
Pendant que d'une voix frénétique
S'ergote le couvercle d'une rage néphrétique

A l'embouchure de la lèvre
Pétée en novas d'orchis
Prafile de mornes en pitons
La cracheuse éveillée

Et soudain
Embaument les lambes
Boucanent les sentes
Bombardent les branles

Gonflant en des fumées opimes
Au dessus des mahots de cendres grisés
Les lapilis chauffés
Qui s'épendent en encens
Maloutent les kraals
Eveillent les loules

Kouloukoulou
Chante désabusée
Une buse abîmée

Salanganes et paillanques
Tremblent leurs plumes

Mais panjake papangues
Du haut de ses îlettes
Contemple la jungade de la vie
Tanguer au rythme du Bvana

Gueule ouverte
Il fane dans la poussière
Les codènes brûlants

Gueule ouverte
Il jette dans les columbaires
Les os de son


                                   BE

                           RE
                                                 FI
                                                             
                                                                LI





Stéphane HOARAU.


Repost 0
12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 17:55
Mireille VITRY vient de la fabuleuse île de La Réunion, terre de cyclones et de volcans. Dans la nature, tout est déjà là. D'une concentration extrême, l'artiste déchiffre, écoute avec les yeux. La sculpture - Vigilance - parle des oppressions, qui perdurent sous d'autres formes si on leur coupe la tête, comme l'Hydre de Lerne. Debout, face à cette souffrance, Mireille sculpte lentement le papier. Surgissent des personnages monumentaux, étirés, modelés avec force, vrillés par la main de l'artiste. Son oeuvre dit son ressenti intime face au monde dans un rythme ternaire : commencement, fin, recommencement.

Annick Chantrel Leluc.




Mireille Vitry
Sculpteur sur papier Salon Art en Capital
Grand-Palais
75008 - Paris
Du 20 au 30 Novembre 2008
dans la nouvelle section sculpture papier



Source: http://arcc.asso.fr/nouveau/info.html
Repost 0
11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 19:16
Avec Miriam MAKEBA, ce n'est pas seulement une grande chanteuse qui disparaît, mais un symbole.
Celle qui est décédée dimanche dernier, à l'âge de 76 ans, en Italie, après s'être produite dans un ultime concert, restera, à nos yeux, une des grandes figures mondiales de la lutte contre le racisme.
Elle consacra sa vie à la lutte contre le monstrueux régime de l'apartheid Sud-Africain et, d'une façon plus générale, à la lutte pour les droits des Noirs autant qu'à la musique.
En ce qui me concerne personnellement, son personnage reste lié à l'admiration que vouait ma mère à sa voix et aux rythmes entraînants de sa musique afro-jazzy, admiration qu'elle sut, aussi, très vite me faire partager.
Dans ces lointaines années mille neuf cent soixante (où je n'étais encore qu'une gamine), elle et moi étions, je m'en souviens, à l'affût des  apparitions télévisuelles de Miriam, qui avaient lieu souvent très tard le soir, lors d'émissions de jazz nocturnes.
L' enthousiasme de ma mère à son égard n'a jamais faibli et, pour ma part, je n'oublierai jamais son magique "Pata-pata" ni son engagement, son courage, le plaisir qu'elle prenait visiblement à chanter, à s'éclater sur scène et qui était tellement communicatif.
Adieu, Miriam. On te regrette.
Ce n'est pas la Starac qui te remplacera.
Repost 0
11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 12:10

 France Burghelle-Rey habite à Fontenay-sous-Bois et enseigne les lettres classiques à Paris.
Son style poétique témoigne d'un goût prononcé de la concision, de l'ellipse.
Membre de l'association Hélices Poésie fondée en 1994 par Emmanuel Berland, elle est, pour l'instant, publiée essentiellement dans les revues Libelle, Poésie première, Comme en poésie, ainsi que sur les sites internet "Le Capital des Mots" et "Patrimages".






S'il me faut attendre la nuit incrédule
et fraterniser au matin au mépris des prophètes

me heurter dans le noir à moi-même

et voir dressée l'ombre de l'Autre
           en ombre chinoise
     que cherchaient à former
           mes mains inutiles

     je resterai affolé tout le jour
            o tourbillons singuliers
            des pluriels de ma vie


                                                                                              24 Mai 2008.







Elle a pris pour rien son éventail de pierre
glissé dans la fournaise
sans devenir rouge-gorge

Sa main moite s'est close
et devant sa révolte
s'efface notre légende

O mon vocabulaire tu sais
que mon baiser a précédé sa fugue
tu sais enfin me laisser seul


                                                                                                  10 Juillet 2008.







Blessure pansée
cicatrisée

Ecriture bridée
torturée

noyée dans une douleur
qui n'est même plus là

L'absence du mal
n'est pas le bien

Elle est un mal encore
qui te rend vide et vain


                                                                                                    10 Juillet 2008.







Lorsque tu tais ton nom

ma gorge-angoisse se serre
de ne plus te comprendre
moi qui t'ai baptisé

la nuit m'encercle de solitude
ronde où jamais
aucune danse ne prend part

la beauté fuit la nuit :
tu ne peux qu'être absent
tant que s'absente le jour.


                                                                                                      6 Août 2008.


France BURGHELLE-REY.

Repost 0
Published by ANANDA.
commenter cet article
11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 10:51
Dans le cadre des activités de l'UNIVERSITE POPULAIRE DE L'ILE MAURICE(UPIM) aura lieu, le JEUDI 27 NOVEMBRE 2008 de 17 H 30 à 19 h 30, à la SALLE DU CONSEIL DE LA MAIRIE DE PORT- LOUIS, une CONFERENCE - DEBAT sur le thème "PAUVRETE ET ABANDON SCOLAIRE A MAURICE".
Cette conférence sera animée par Dolize Sidambarompoullé, professeur de sciences humaines.
Voici un résumé de l'intervention qui aura lieu :


L'abandon scolaire est un phénomène dont les causes sont multiples et variées. Actuellement, à Maurice, nous en parlons en terme d'absentéisme scolaire. Pourtant, pour un certain nombre de situations cet absentéisme chronique relève déjà de l'abandon scolaire. Pour mieux comprendre la problématique de l'abandon scolaire dans les milieux défavorisés, nous proposerons tout d'abord une définition des principaux concepts utilisés aujourd'hui. Dans un deuxième temps, nous traîterons de certaines caractéristiques associées aux familles pauvres qui sont prédictives de difficultés scolaires et comportementales chez les enfants. Vivre dans un contexte de pauvreté est sans contredit un facteur de risque important d'abandon scolaire. Nous mettrons l'accent sur les caractéristiques suivantes :
-  le statut socioéconomique de la famille
-  les déterminants familiaux
-  l'influence des différents milieux de vie
Chacune de ces conditions peut avoir une influence sur les compétences, la maturité et le succès scolaire de l'enfant. Conjuguées aux caracctérisriques personnelles de chaque jeune et aux facteurs scolaires, ces conditions associées aux milieux de vie et à la famille forment une trame complexe qu'il est essentiel de mieux comprendre pour prévenir l'abandon des études.

Débat : Que pourrait proposer le système scolaire, à Maurice, pour lutter contre l'abandon scolaire ?


                                                             Dolize Sidambarompoullé-Senteni, PhD


Université Populaire de l'Ile Maurice (UPIM)
c/o Scoop & Stratégie
Rue Saint-Georges
Port-Louis - ILE MAURICE
Tél : (00.230) 208.76.60
email : upmaurice@gmail.com
site web : http://upmaurice.wordpress.com
Repost 0
10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 11:17
Né à Bobigny (93), en 1934, Guy Chaty  habite Paris.
Il a été successivement instituteur, professeur de lycée et professeur à l'université.
Parallèlement à ses activités pédagogiques et scientifiques, il publie depuis 1977 poèmes, nouvelles, essais, récits, chansons dans de nombreuses revues, quelques recueils, anthologies et sites.
Il est membre du comité de rédaction de la revue Poésie première , des comités de lecture des revues Intervention à Haute Voix et Poésie sur Seine, ainsi que de plusieurs sociétés littéraires.
Il est, de plus, comédien et, en tant que tel, interprète chansons et textes.




Où poser les pieds.

Au début, on était gêné. On ne savait plus où poser les pieds.
Maintenant, on s'habitue. Il y en a partout sur les trottoirs, dans le métro, des gens couchés par terre. On marche dessus.
Oh, on fait attention. Enfin moi, personnellement, je fais attention. Je me chausse légèrement et je regarde bien où je place mon pied. J'évite les parties sensibles.
D'autres sont de brutes. Ils y vont carrément avec leurs grosses tatanes ou même leurs talons aiguilles !
Par ci par là, montent des plaintes et des cris. Heureusement, la plupart des piétons ont les oreilles bouchées : ils écoutent la musique, et ça crie plus fort dans l'appareil.
Certains couchés se révoltent et vont s'allonger dans la rue, sur la chaussée. En général, les voitures s'arrêtent; les automobilistes n'ont pas envie de salir leurs voitures. Ils remettent les couchés sur le trottoir, au besoin sur d'autres couchés, et remontent dans leur véhicule en pestant contre la société : ils ont perdu un temps précieux.
Le 14 juillet, on enlève tous les couchés. Mais ils reviennent dès que la fête est finie.
Un curé s'est ému de la situation et a réussi à passer à la télévision pour expliquer que ça ne pouvait pas durer. Une mesure a aussitôt été prise : on va élargir les trottoirs pour accueillir davantage de couchés.

in "Décharge", n° 135.










J'en suis très honoré

Je suis très honoré d'être admis dans son monde
Il me reconnaît quand il me voit, se souvient de ma personne
j'existe pour lui c'est une vérité
J'en suis flatté, car il est dans ce pays depuis peu

j'en suis ému car il semble me porter une affection particulière
je le sens dans son regard et dans ses gestes

Il est curieux de tout, tendu vers l'inconnu
Au milieu de mille choses qu'il découvre avec avidité
il sait me distinguer, j'en suis émerveillé
Aux yeux de la plupart cela paraît naturel
pour moi c'est extraordinaire :
il ne suffit pas de dire que je suis son grand-père.


Inédit











En souvenir de Charles Mingus à la contrebasse et Steve Potts au saxophone, fête de l'Humanité, Septembre 1976.


Jazz en amour.

       Steve parle à Charles. Charles fait comme s'il ne l'entendait pas. Charles joue pour montrer qu'il est là, garde le rythme, c'est tout.
       Leur dialogue a pourtant commencé, c'est à eux d'occuper le terrain.
       Steve ne se décourage pas, il sollicite.
       Charles reste de marbre. Sobre, minimal. Juste une note ou deux.
       Steve insiste, module, brode.
       Maintenant il supplie. Ses appels deviennent déchirants.

       Le public attend. En silence, il supplie lui aussi.
       ça ne peut pas durer ainsi. Steve déclare son amour. Charles le refuse.
Steve cherche Charles, et ne le trouve pas.
       Et pourtant ça dure. Le public souffre.

       Tout à coup, un frémissement chez Charles. Sa phrase s'étoffe. Il murmure.
       Steve s'affole, il chante. Il chante de plus en plus.
       Charles lui répond. Lui répond généreusement. Il craque. Il succombe.

       Le public aussi. Charles et Steve s'aiment devant lui.
       Le public en pleure de joie, et crie sa joie comme il peut.
       Apothéose.


Inédit.










Anatole et son chat.

         Alors qu'il balayait et qu'il voyait aller et venir la brosse du balai et ses touffes noires à chaque bout, Anatole pensa à son chat maigre et noir : sa tête et le bout de sa queue faisaient deux touffes pareilles à celles du balai.
         Et si c'était son chat ?
         Il se dit que peut-être, un jour de grande tristesse, il avait planté un grand bâton dans le milieu de son chat pour en faire un balai.
         Il sentit remonter le long du manche jusque dans ses mains le frottement contre le sol du dos maigre de son chat et il ne put continuer. Il remit doucement le balai à se place et partit à la recherche de son chat. Mais il se souvint alors qu'il était mort l'année d'avant et qu'il l'avait enterré au fond du jardin.
         Il rentra dans la maison et s'assit pour rêver.


in "Anatole et son chat" (IHV 1998; Editinter/bilingue, 2004).


Guy CHATY.







Repost 0
9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 15:19
Ce documentaire archéologique allemand cherche à cerner le mystère de la civilisation de l'Indus , laquelle fut une des premières civilisations dignes de ce nom (c'est à dire urbanisées et dotées d'une écriture) et, sans conteste, la plus avancée urbanistiquement et technologiquement de son époque (bien qu'à ma connaissance, on ne l'enseigne toujours pas dans les programmes de sixième des manuels scolaires français).
Les éternelles questions, posées depuis l'ouverture des fouilles par les Anglais en 1925, sont : d'où vient cette culture brillante, qui étaient les gens qui l'ont bâtie et, surtout peut-être, à quoi est dû son brutal et définitif abandon, mille ans après sa fondation ?
Le documentaire nous apprend, par la bouche d'un des archéologues qui fouillent actuellement le site de Mohenjo-Daro qu'on a, à ce jour, relevé à peu près 1500 sites identifiés comme appartenant à l'antique civilisation de la vallée du fleuve Indus, une civilisation qui remonte au III ème millénaire avant Jésus-Christ (soit l'Âge de Bronze) et dont l'emplacement géographique est la plaine qui s'étend au Sud de l'actuel Pakistan. Cependant, parmi tous ces sites, Mohenjo-Daro n'a pas tardé à se signaler comme la première grande cité de l'Histoire, non seulement aussi évoluée (sinon plus) que l'Egypte ou Sumer, mais encore disposant d'un urbanisme planifié fortement en avance sur son temps de par les sophistications qu'il révèle, uniques en leur genre. A ce sujet, le terme "moderne" s'impose presque aux archéologues.
Les habitants de cette cité colossale savaient faire preuve d'un grand esprit pratique. Aux temples et aux palais (inexistants sur le site), ils préférèrent les bassins d'ablutions gigantesques, les maisons de briques d'argile (très pratiques pour retenir la fraîcheur dans ces contrées caniculaires), les larges, impressionnantes avenues rectilignes à plusieurs voies et les rues toutes équipées de rigoles d'évacuation des eaux usées, les confortables demeures qui s'alignaient le long des avenues en pâtés de maisons réguliers et où tout était aménagé pour la propreté et le confort des hôtes (toilettes, salles de bains spacieuses, puits communiquant directement avec les nappes phréatiques, cours intérieures et pièces ayant chacune son affectation spécifique).
On juge une civilisation à ce qu'elle a laissé derrière elle.
Souvent, les ruines trahissent ses préoccupations spécifiques.
Ici, au grand étonnement des archéologues, celles-ci semblent être le pragmatisme, le sens de l'organisation poussé à l'extrême, l'hédonisme, le goût prioritaire de la propreté et du luxe.
Tout cela plaiderait (?) pour un gouvernement "démocratique" et non violent, aux mains d'une classe moyenne de commerçants et d'administrateurs très actifs et (apparemment) assez peu préoccupés de religiosité grandiose ou de prestige.
Richesse et confort attenant à la richesse, souci du bien-vivre...On est là loin des méga monuments somptuaires des égyptiens, ou de leur obsession de la théocratie  et de l'autocratie centralisée.
Les fouilles de Mohenjo-Daro se poursuivent à l'heure actuelle assidûment, surtout en profondeur, et en direction de l'Indus.
Longtemps, les Européens ne s'intéressèrent que tout à fait secondairement à l'Indus et à son caractère de berceau civilisationnel, sans doute à cause d'un euro-centrisme de mauvais aloi qui répugnait à attribuer au sous-continent indien l'importance qu'il conférait aux civilisations sumérienne et égyptienne, plus proches géographiquement et plus reliées au monde méditerranéen, donc à l'Europe.
Les archéologues européens ont maintenant, fort heureusement, changé d'avis, et les merveilles que leur livrèrent les ruines indiennes n'y sont pas pour rien.
Alors, Mohenjo-Daro serait-elle "la plus grande ville de l'Histoire" ?
N'est-elle pas, en tout cas, "la plus grande ville de l'Âge de Bronze " ?
Nous découvrons qu'elle fut d'une taille vraiment impressionnate, construite, comme la plupart de ses consoeurs appartenant à cet "empire", sur un tertre artificiel constitué de briques d'argile (l'argile se trouvant en abondance dans la région du Sind et donnant lieu, déjà, à cette époque-là, à une production massive,assortie d'un immense besoin en combustible pour cuire les briques et donc, de l'abattage de forêts entières), divisée par une urbanisation très planifiée en ville haute et ville basse et résultat d'un travail nécessitant la mobilisation d'une énorme main d'oeuvre.
Avec ses 400 mètres de long sur 200 mètres de large (soit "la dimension de dix terrains de football"), cette cité, en été, n'était plus accessible que par bateau et, du fait de la montée des eaux de l'Indus, se transformait en une majestueuse Venise antique.
Les images de synthèse nous la restituent admirablement dans sa façon de reposer sur les eaux, comme une "grande île".
De suite après, nous est présenté un fort intéressant bas-relief d'époque représentant le type d'embarcation utilisé par les habitants. La ressemblance - frappante - avec les  embarcations actuelles d'un peuple tout à fait actuel de bateliers plus ou moins nomades de l'Indus, appelés "Mohanas" amène l'archéologue allemand qui s'adresse à nous à s'intéresser à la vie que mène, sur un lac, cette population . Il apprend ainsi, par un chef de village lacustre flottant, que les Mohanas ont pour régime alimentaire de base la chair des oiseaux et des poissons. L'archéologue allemand en est convaincu : "en observant la vie que mènent les Mohanas sur ce lac, on peut se faire une idée de la vie à Mohenjo-Daro".
Mieux même : les Mohanas actuels ne seraient rien d'autre que les descendants directs des peuples qui construirent et habitèrent l'antique cité.
Autres "candidats" à cette filiation (que l'archéologue allemand nous assure fort ancienne, puisque remontant au Néolithique) le site de Kodidji, plus ancien que Mohenjo-Daro de cinq siècles, où l'on trouve une forteresse dèjà assez révélatrice, et Amergar, situé dans les montagnes du Balutchistan, site qui, pour sa part, délivre des statues d'âge néolithique très travaillées de "déesses-mères" (dites telles parce qu'elles affichent des formes féminines très accentuées) semblables en tout point à celles de Harappa, une des cités jumelles de Mohenjo-Daro (on parle aussi, à propos de cette culture antique, d'ailleurs, de "culture harappéenne")
Mohenjo-Daro et l'ensemble du complexe archéologique de la vallée de l'Indus (inscrit, disons-le, au patrimoine culturel de l'UNESCO) surprennent en ce qu'ils ne livrent aucun témoignage de sculpture de grandes dimensions
En revanche, comme nous y avons déjà fait allusion, ils livrent une foule de puits à la forme cônique, qui s'avèrent être "d'une très grande résistance" (toujours le souci utilitaire).
L'édifice le plus vaste de la cité de Mohenjo-Daro n'est autre que le grand bassin de la citadelle, que l'archéologue allemand qualifie de "chef d'oeuvre technologique". L'homme ne tarit pas d'éloges sur la "maîtrise technique remarquable" dont il témoigne, avec, notamment, l'utilisation "révolutionnaire" du bitume à des fins d'étanchéité et l'ingénieux système de vidage et de remplissage de ce bain colossal. Il insiste aussi sur le "réseau complexe d'égoûts" (présent, au reste, dans toutes les métropoles de l'Indus) et sur la présence de toilettes publiques et de réseaux de rigoles d'évacuation des eaux usées parcourant l'ensemble de la ville.
Quel fut la fonction de Mohnejo-Daro ? se demande-t-til, là dessus, perplexe.
Il faut, une fois de plus, fouiller, scruter les "détails révélateurs".
On sait ainsi maintenant que la ville fut reconstruite à plusieurs reprises (un peu comme Troie), qu'il y eut, par conséquent, plusieurs "phases de colonisation". Ce qui frappe, de même, c'est qu'elle ne livre aucune trace d'ateliers de production. A peine un peu plus jeune que les Pyramides de Guizeh (pour se faire une petite idée) la "mégapole" indienne s'avère être, selon toute vraisemblance, un lieu voué à une activité commerciale intense, le point nodal d'un "vaste réseau d'échanges", à la fois entre  les prospères cités de l'Indus et entre l' "empire de l'Indus" ( si tant est que cette dénomination soit appropriée) et des contrées lointaines pour l'époque, telles que le pourtour de la mer d'Oman ou même la Mésopotamie.
Les habitants de Mohenjo-Daro étaient donc des négociants et des administrateurs hors pairs, doublés de marins audacieux.
Le commerce (tradition déjà bien indienne) devait être le fondement de leur prospérité.
Mais on retrouve également, à Mohenjo-Daro, de très nombreuses lames de pierre taillée qui constituaient les outils usuels et dont les centres de production, qui s'avéraient être gigantesques, avaient leur emplacement à proximité.
C'est dire si, en fin de compte, la région était industrieuse.
Au vu de tout cela, on imagine une vraie fourmilière.
Plaque tournante hyper-active du commerce "international" de l'époque (époque d'apparition des toutes premières civilisations urbaines), l'empire marchand de l'Indus avait, aux dires de l'archéologue allemand, une "emprise plus vaste que celle de l'Egypte et de Sumer réunis".
Il faut, au passage,  préciser que le bassin de ce fleuve représentait pas moins de "mille kilomètres de voies navigables", et que le transport par bateau a été, à l'époque, une vraie révolution. Les premières civilisations (Egypte,l'Indus et Sumer) sont nées et se sont développées grâce aux facilités nouvelles qu'introduisaient les transports fluviaux et/ou maritimes pour le commerce. Le commerce a, là-dessus, à son tour, été le terreau de l'urbanisation, autour des centres d'échanges, qui se mettaient à prospérer.
On le voit, donc, pas de grande civilisation, à l'époque, sans le transport par bateaux. Et les bateaux à voile mohanas de la vallée de l'Indus étaient remarquables.
Les gens de l'Indus, on le sait maintenant, lançaient leurs navires sur la mer, entre autre "pour aller chercher à Oman le cuivre, matière très convoitée".
"L'idée de centre administratif se confirme ainsi, peu à peu" et, toujours selon le spécialiste allemand, Mohenjo-Daro ne devait pas compter de "dirigeant autocrate". Alors, une "démocratie" ? Il est, somme toute, permis - pourquoi pas ? - de se poser la question. L' "invention de la démocratie" se serait-elle faite en Inde ?
Quoi qu'il en soit, lorsqu'on a découvert les merveilles que révélèrent ces ruines imposantes, on a dû désormais s'aviser, bon gré mal gré, que ce n'étaient pas  les Romains qui avaient eu  la toute première et géniale idée du principe des égoûts.
Mohenjo-Daro semblait répugner à la représentation de figures humaines; en fait, on n'en trouve que deux, celle dite du "roi-prêtre" et une "remarquable statue" en bronze figurant une danseuse.
On sait, de source sûre, que "les objets en bronze n'étaient pas fabriqués sur place".
Les cités de l'Indus formaient, sous l'égide de Mohenjo-Daro, un ensemble culturel qui frappe par son homogénéité, et qui alla jusqu'à se doter d'une écriture. Mais, au sujet de cette dernière, le mystère, la controverse demeurent de rigueur : si l'on a déterré des milliers de sceaux gravés de signes (indéchiffrés) l'on ignore encore - et peut-être pour longtemps - s'ils ressortissaient véritablement de ce qu'on appelle "une écriture" ou s'ils étaient plutôt, de simples "estampilles" à usage strictement pratique, commercial.
On a aussi exhumé, à Mohenjo-Daro, de touchants jouets en argile qui, sans doute, attestent de la valeur très indienne attachée à l'enfance et à l'état d'enfant, ainsi que d'autres objets révélateurs d'une mentalité "joueuse", peut-être ancêtres du jeu de dés et du jeu d'échecs (que l'on sait apparu en Inde).
Les mohenjo-dariens utilisaient, comme de nos jours dans la même région, les pots en céramique (toujours trouvés, en très grand nombre, à l'écart des zones d'habitation) et, par conéquent, bien sûr, également, les fours à céramique.
Leur agriculture semble avoir été organisée en tous points comme celle pratiquée encore de nos jours dans la vallée de l'Indus : les jouets représentant des attelages de boeufs en portent un témoignage particulièrement éloquent. Il est plus que probable qu'à l'époque comme maintenant, l'on cultivait le blé.
Sur la religiosité de cette première grande culture typiquement indienne, le mystère est total. Si l'on soupçonne volontiers un culte de la fécondité féminine et peut-être, même, l'existence de pratique yoguiques avant la lettre, il faut malgré tout reconnaître que les indices religieux sont particulièrement discrets et infimes, en tous les cas dificilement interprétables avec assurance.
Par prudence, donc, il vaut mieux s'abstenir, jusqu'à nouvel ordre, de leur conférer un sens trop précis.
Les fouilles, nous les savons, se poursuivent...il reste, sans doute, énormément à découvrir, eu égard à l'étendue et à la profondeur du site. Le fait que les constructions soient toutes en brique les rend vulnérables à l'action corrosive de la salinité qui, dans le sol des lieux, augmente de manière assez alarmante. Tant et si bien que l'on se trouve, aujourd'hui, dans l'obligation de protéger les  vieilles briques au moyen d'un enduit qui neutralise les sels corrosifs.
Pour finir, l'archéologue allemand repose la question cruciale : pour quelles raisons une cité si prospère, témoin d'une telle réussite économique et civilisationnelle a-t-elle pris fin sous les espèces d'un abandon soudain, brusque par ses propres habitants ?
On a longtemps soupçonné cet abandon, 1500 ans avant notre ére, d'avoir été consécutif à des invasions destructives en provenance du Nord-Ouest ( celle, en particulier, des fameux et énigmatiques "Aryas", ou Indo-Européens de l'est). Il s'avère, d'après les indications que tendent à nous forunir les résultats des recherches archéologiques, qu'il n'en est rien : selon toute probabilité, Mohenjo-Daro doit sa disparition à une "catastrophe écologique" (un peu à l'instar de la culture de l'Ile de Pâques). Cette catastrophe fut due à la chute du débit de la rivière qui irriguait ce qui est désormais l'actuel désert du Thar. Situé à 150 kiomètres de  la métropole, la région du Thar était vraisemblablement, à ce moment-là, son grenier à blé. Ce fut, pour le monde de l'Indus, et après cinq siècles d'apogée, le coup de grâce décisif.
Le plus étrange est qu'après cela, Mohenjo-Daro ne fut plus jamais repeuplée, et que, jusqu'à nos jours, elle conserva la réputation d'un lieu maudit.
Le documentaire s'achève sur une constatation plus qu'évidente : "l'étude de cette haute civilisation n'en est qu'à ses prémices".
En effet. Elle doit se poursuivre car son objet est fascinant. Il atteste de la précocité civilisationnelle de l'Inde. Du caractère éminnemment local (et non, comme les européens s'étaient longtemps plu à le croire, importé par les Sumériens) de ces entreprises grandioses.
Déjà, en Mohenjo-Daro, le génie indien se révèle. L'attachement extrême porté à la propreté corporelle (gage d'une propreté spirituelle ?), le sens du commerce, l'intelligence aiguë se traduisant par une grande ingéniosité, la propension à l'activité industrieuse inlassable ne trompent pas.
Les énormes bassins d'ablutions de Mohenjo-Daro, source de l'Inde ?
Peut-être. Sinon certainement, même.

P.Laranco.
Repost 0
8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 12:26


Roi sur mes terres !
L'immensité en moi !
Je ne veux pas être
L'angle mort de moi-même.
Je suis docteur de mes délires :
La clarté de l'ailleurs,
L'échappée belle, l'échappée belle !







Les poètes
écrivent des mots
sur la pliure du temps.
ça dérange,
forcément.






Je n'entends pas les mots
Qu'il y a dans mon café
Mais ils me montrent leurs yeux
Quand j'y trempe ma tartine.






Le décor ? Le monde.
Les acteurs ? Tout l'monde.
Le sujet ? Nous autres.
Spectateurs ? Les autres
Sur quelle scène ? La vie.
C'est nouveau ? Nenni.
L'enjeu ? La parole.
Le but ? Jouer son rôle.
L'intrigue ? Y en a pas.
Et l'histoire ? Zéro.
La matière ? Les mots.
Quels mots ? Ceux qu'on aime.
Qu'est-ce que c'est ? Poèmes.
Tu les dis ? Quand j'peux.
Les édites ? Si peu.
Et l'audience ? Etroite.
Qu'en fais-tu ? En boîtes.
Dans quelles boîtes ? Or dur.
Vont pourrir ! Pas sûr.






Toute réalité
En toute objectivité
Et toutes proportions gardées
N'est jamais toute la vérité.
C'est pour ça
Que dans nos têtes
Y a un monde fou.






Musique
Aux arêtes myopes
Avec un tournis de serrure
Dans la voix :
Vert de grise mine,
Telle est la couleur du temps.






Chaque fois
Qu'à ses yeux
Je n'avais l'air de rien,
Ma mère me disait :
"Regarde encore
De quoi t'as l'air !"






Le petit sentier à droite,
ça descend très raide,
au grand chêne
tournez à gauche,
escaladez deux ou trois rochers,
arrêtez-vous.
Superbe la vue, non ?


Hervé MESDON

Repost 0
8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 11:35
A Liesel Schieffer.


L'espace m'ouvre grand ses bras
 et je ne regarde plus que
devant moi la lande moussue
qui s'aplanit vers l' horizon.
Je vais, transie par le plein vent
qui tourne autour de tout ce qui
se dresse : roc ou bien maison,
fougère ou bien promeneur
pour lui rappeler qu'il se doit
de ployer sous son sifflement
je vais échevelée sabrée
giflée à pleine paume par
l'énorme vent qui fait plier
et suffoquer tout dans son flux

le vent aux charges de bélier
dont on croirait presque qu'il prend
corps, qu'il matérialise son
immense assaut de fouet d'air;
je cherche l'abolition
dans la lande qui s'obscurcit
où la pluie creuse mes poumons,
je me moque
de grelotter
car seul compte l'espace ouvert
qui m'attire toujours plus loin
dans son empire
minéral
de rocaille que d'ombre  teint
ma rage de marcher, d'aller,
de frôler la bruyère bleue
alourdie de pluie, détrempée
qui couvre de frissons mon corps
décuple au lieu
de faiblir.

Je me nomme
Emily Brontë,
comme mon frère se repaît
dans les tavernes, de liqueur
moi, je me saoule jusqu'à la
lie d'épuisement, de vent,
d'espace brut écartelé
et inhospitalier à l'homme
ainsi, j'oublie
cette maison
où le confinement glacé
des pièces exsude le malheur
et la tristesse de granit

je n'ignore pas qu'un beau jour
bise et pluie me terrasseront
pour châtier ma prétention
à suivre leur grand souffle noir
de liberté, qui hurle en louve !


Patricia Laranco.
Repost 0
8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 11:14

AIMER

je t'aime parce que je ne sais toujours pas ce que je suis, parce que je ne sais quel sens donner à ma vie, parce que je n'arrive pas à me pardonner, à me défaire de mon passé, parce que mon présent est oeuvre du chaos et que mes lendemains se conjuguent à l'ennui et au désespoir, je t'aime parce que tu m'expurges de la chair pourrie qui m'enserre et me révèles dans ma nudité précaire et vulnérable, seul, seul, je ne suis qu'une statue de sable qui attend que la houle bleue, que tes yeux charrient, l'érode, je t'aime parce que je veux croire que tu es plus forte que la mort, plus forte que les rides du temps, parce que je ne veux pas mourir, finir dans un cimetière, dans un trou, des os dans un sac, mourir sans savoir ce que je suis, je t'aime pour toutes ces raisons et plus encore mais je ne sais plus, je ne sais trop, je ne veux plus comprendre, je t'aime et je t'aime parce que je veux m'ériger peuple de sang dans ton coeur alors que je ne suis que cendre à tes pieds, je t'aime.




PRESENCE

tu es trace, gracile et ingénue, qui vagabonde le long de mes rives, ta présence m'insère dans une pleine véhémence, dans la conscience absolue de ton être, elle mutine et révolte toutes les figures de mon corps, décèle l'ailleurs dans les abstinences de l'ordinaire et je m'y enroule, prolifère à l'infini sa démesure et sillonne les alliages de cette peau qui recèle toutes les archives de la douceur et de la tendresse, les fêlures de ce souflfle qui déterre les voilures de la nuit et les viscères de cette chevelure qui n'ose fonder les lieux de l'ombre et de l'oubli.


Umar.

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Patrimages
  • : Ce blog s'intéresse à la poésie, à la littérature de l'Océan Indien, à la philosophie, aux sciences, à l'Homme et au sens de la vie.
  • Contact

Texte Libre

Je valide l'inscription de ce blog au service paperblog sous le pseudo ananda.

<img src=http://annuaire-de-voyage.com/annuaire.gif"alt=Annuaire de voyage"border="0">

Annuaire de voyage

Recherche

Archives