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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 17:45


Les Éditions

PANAFRIKA / SILEX / NOUVELLES DU SUD

ont enfin renouvelé leur site que vous pouvez trouver à cette adresse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


http://silex-panafrika.com/accueil.aspx

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 10:23

 

 

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Je dois procéder maintenant à une analyse de mon rire. Je veux bien essayer de décortiquer ses mécanismes. Je m’intéresse surtout à l’aspect physiologique. Je ne sais pas tout à fait ce que ‘physiologique’ veut dire mais il m’arrive d’être pédant.

Ce n’est pas un crime. Du moins pas encore.

Avant d’aller plus loin, un rapide constat. Je suis arrivé à la conclusion qu’au sein de ma famille il y a plusieurs types de rire. Il y a le rire gras, celui de l’oncle Rico, qui a le pouvoir de faire trembler les vitres et les vases mais qu’il réserve à des occasions exceptionnelles, quand, par exemple, grand-mère, dans un grand élan de gâtisme, se met à radoter ses vieilles histoires. Il y a le rire fluet et mignon, celui de ma nièce, Amira, un rire si subtil qu’on l’entend à peine, il ressemble au gazouillement d’un petit oiseau. Il y a le ricanement de la terreur, celui de ma tante Anouckha, une enseignante à la retraite, qui évoque un film de science-fiction où un bulldozer, doté d’un cerveau, sèmerait la terreur en émettant des bruits étranges. Ce ricanement ressemble aussi au cri hystérique de la victime dans Scream quand le psychopathe lui tombe dessus. Je vous laisse choisir. Nous sommes après tout en démocratie. Il y a aussi le rire mesquin, celui de ma cousine Neha, qui me fait penser aux glapissements de chacals dans un dessin animé.

Le mien, avant que je ne succombe à cette maladie, était tout à fait normal. Il n’était ni gras, ni fluet, encore moins mesquin. C’était un rire comme les autres. Depuis il s’est métamorphosé. Il ressemble beaucoup à celui de l’oncle Rico mais plusieurs tons au-dessus. On dira que c’est un rire gargantuesque. Ce n’est pas un hihihihi ou un hahahaha ou encore un hohohoho c’est un HOUHAHOUHAHOUHAHOUHA suivi d’un HOHOHOUHOHOHOU.

Je n’arrive malheureusement pas à retranscrire son intensité.

On peut le trouver effrayant et je pense que c’est un sentiment légitime.

Mon nouveau rire émerge littéralement de mes tripes, on pourrait le comparer à un tsunami, une fois le mécanisme enclenché, rien ne peut plus l’arrêter, c’est une incroyable déferlante, il traverse mon corps à très grande vitesse pour enfin jaillir dans ma bouche. Rien ne peut le contenir. J’ai parfois l’impression d’être en transe, d’être dans un au-delà, d’être littéralement possédé. Mon cerveau est, par ailleurs, pratiquement paralysé. Pendant que dure la crise, je n’arrive plus à réfléchir.

Et détonne alors un HOUHAHOUHAHOUHAHOUHA.

Et résonne alors un HOHOHOUHOHOHOU.

Un mot, en l’occurrence ‘la police’, je précise ‘la police’ et non ‘police’, parvient bizarrement à interrompre la crise.

Pourquoi est-ce qu’il en est ainsi ? Le mystère demeure.

Voilà pour ce qui est de l’analyse des symptômes cliniques. Je dois reconnaître, en toute modestie, que c’est une analyse percutante. Cela ne me permettra certes pas d’en venir à bout mais il était important d’en parler.

 

 

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Suite au mélodrame survenu aux funérailles, j’ai décidé de prendre quelques jours de congé. Mon directeur semblait soulagé d’apprendre que je déserterais, du moins temporairement, ce haut lieu de l’intelligence. Le comportement des points est décidément à un point irrationnel !

Je ne sors plus. Ma copine/ fiancée veut absolument me parler mais je trouve des prétextes, pas toujours convaincants, pour qu’on ne se voie pas. Mais elle va bientôt débarquer chez moi. Ce n’est qu’une question de temps. Une femme convenable est toujours aux côtés de son futur époux.

Kémina m’a téléphoné a plusieurs reprises. Elle veut rencontrer son très chou pour discuter. Je lui ai dit qu’on peut discuter au téléphone mais elle estime que cela manque d’intimité. En d’autres mots, elle ne pourra pas, une fois de plus, s’épancher, pendant de longues heures, sur sa vie amoureuse qui est, comme on le sait, d’une complexité qui défie la plus solide des équations. Je lui ai promis un rendez-vous dans les jours à venir.

Je me suis fixé un objectif, qui est le suivant, guérir dans moins d’une semaine. Je crois que c’est un objectif assez réaliste. Je vais prendre le problème à bras le corps. Il faut combattre le mal par le mal. Et voilà que je me mets à parler comme un personnage de Star Wars ! Morale de l’histoire, on a raison d’interdire aux jeunes enfants de regarder la télé.

Que la force soit donc avec moi !

Je me propose de procéder de la façon suivante. D’abord couper tout contact avec le genre humain. Etant donné qu’un Mauricien sur trois (estimation conservatrice) est ridicule et qu’un Mauricien sur six est a peu près fou ( estimation généreuse ) et qu’un mauricien sur huit ( estimation utopique ) est parano-mégalo ( un terme de mon invention ) il me faut à tout prix les éviter. Mais comme ils sont évidemment partout je dois donc m’isoler. Il est impératif d’extraire la racine du problème, en d’autres mots, de me défaire des objets qui provoquent mon fou rire. Ensuite je vais me concentrer très fort et je vais penser à des choses très sérieuses.

J’ai déjà établi une liste.

La guerre dans le monde

La raison d’être des embouteillages à Maurice.

Suis-je effectivement un chou ?

C’est une liste provisoire qu’il faudra, petit à petit, étoffer. Je me propose donc de consacrer de longues heures à méditer la question du mal, une méthode qui devrait normalement refouler très loin toute envie de rire. Et ce n’est pas tout. Je vais régulièrement chatouiller la plante de mes pieds afin de susciter le rire. Cette méthode somme toute révolutionnaire s’inspire de la conviction  qu’on combat, ainsi que je l’ai expliqué plus haut, le mal par le mal. Ainsi je suis convaincu que ce procédé d’auto-chatouillement provoquera une irrésistible envie de rire que mon corps apprendra à vaincre.

Je précise que je n’ai pas encore trouvé l’objet qui conviendra le mieux à l’entreprise de chatouillage de la plante de mes pieds.

Voilà donc les trois volets de ma stratégie. Je dois réussir. Aide-moi Obi-Wan Kénobi tu es mon seul espoir (désolé pour ce reflexe mais je suis un fan invertébré - et non invétéré - de Star Wars). C’est une question, après tout, de vie et de mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Umar Timol

(à suivre)

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 10:05


Les obsèques de Mouloud AOUNIT auront lieu jeudi 16 août à 15h 15 au cimetière d’ Aubervilliers, 52 rue Charles Tillon.

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 09:52


Bonjour à tous,

 

 

 

 

 

 

 


Dans le cadre de l'introduction du créole mauricien dans les écoles depuis janvier 2012, le Mauritian Kreol Unit du MIE est engagé dans la conception de matériels pédagogiques (manuels, recueils d'histoires...). Nous souhaitons inclure des textes d'auteurs (en créole mauricien) dans notre matériel. Ce matériel est destiné aux élèves du primaire étudiant le créole. Toute personne souhaitant contribuer de manière bénévole dans ce projet est bienvenue. Vous trouverez ci-joint l'appel à textes (en créole) qui comporte également un protocole de rédaction.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Apel a text

 

 

 

 

 


Prezantasion proze maniel Kreol Morisien

Avek lintrodiksion Kreol Morisien kouma enn size dan bann lekol depi Zanvie 2012, Younit Kreol Morisien dan MIE angaze aktielman dan enn travay konsepsion ek elaborasion maniel ek materyel pedagozik an Kreol Morisien ki pou servi dan bann lekol primer. Pou le moman, enn panel-redaksion pe travay lor maniel Std 2 ek apartir lane prosenn, travay redaksion pou bann maniel Std 3 amonte pou koumanse.

Mem si ena enn literatir an Kreol Morisien ki deza existe, li pa touzour adapte pou bann zanfan lekol primer. Savedir ki bann profeser ena tigit resours ekri a zot dispozision. Finn ena bann ekrivin ki finn manifeste zot dezir pou partisip dan proze maniel atraver bann kontribizion text. Pou sa rezon-la, Younit Kreol Morisien pe anvi ouver sa lapel-la a tou bann ekrivin ki ekrir an Kreol Morisien e ki ti pou kontan propoz zot text, de manier benevol.

Sak propozision pou examine par panel-redaksion ek pou kapav inklir swa dan maniel Std 2, Std 3-6 (a partir lane prosenn) ou bien dan enn materyel pedagozik separe (enn liv zistwar, etc.), si li zize apropriye pou enn litilizasion pedagozik.

Protokol redaksion

* Bann text ki propoze kapav swa enn poem, swa enn ti-zistwar pou bann zanfan. Pou maniel Std 2, nou pou bizin prioriterman bann text pou bann zanfan ant 6 ek 7 an.

* Longer sak text pou ant 100 – 200 mo (pou maniel Std 2). Pou bann nivo klas siperyer (3-6) bann text pou kapav al ziska 350 mo. Dan kad konsepsion enn rekey zistwar ki separe depi maniel, bann text pou kapav evantielman pli long.

* Sak text bizin inedi. Si enn text finn deza paret ayer, li inportan ki nou gagn permision editer-la avan pou ki nou kapav servi li dan nou materyel. Sak oter pou gard kopirayt lor zot bann text.

* Dat limit soumision pou bann text pou premie volim maniel Std 2 li le 11 Septam 2012. Pou deziem volim maniel Std 2, dat limit se le 11 Novam 2012.

* Pou bann text ki nou pou resevwar apre dat limit ou ki nou pa pou kapav servi pou maniel std 2, nou pou gard zot pou enn itilizasion evantiel dan bann materyel Std 3 amonte. Savedir ki ena bann text ki pa pou forseman paret dan maniel Std 2 me ki kapav paret dan materyel bann lezot nivo klas. Pou lemoman nou pa ankor fixe dat limit pou materyel nivo std 3 amonte.

* Panel redaksion maniel pou retranskrir tou bann text dan lortograf standar Kreol Morisien. Savedir ki mem si enn kontribiter pa metriz lortograf standar, li kapav avoy so text kan mem.

* Li posib ki panel redaksion maniel sigzer sertin modifikasion avan servi enn text dan maniel.

Bann diferan maniel Kreol Morisien pou distribie gratwitman dan bann lekol par Minister Ledikasion; li pa enn linisiativ komersial. Par konsekans, nou pa an mezir ofer okenn renimerasion a bann diferan oter ki ena dezir kontribie dan sa proze-la. Nou donn lasirans toufwa bann diferan oter ki dan okenn fason nou pa pou komersializ bann text ki zot avoy nou.

Si zot interese pou kontribie dan sa proze-la, zot kapav avoy nou zot bann text lor sa ladres-la : younitkreol@mieonline.org

Nou remersie tou bann oter ki finn manifeste dezir kolabor avek nou e nou invit zot pas mesaz-la a bann lezot kamarad ekrivin ki kapav interese par sa proze-la.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Nicholas NATCHOO.

 

Mauritian Kreol Unit

Mauritius Institute of Education

Réduit

Mauritius 

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 09:13

 


Toute dérision devrait commencer par la dérision de soi-même.

 

 

 

En un sens, dominance et domination doivent être renvoyées dos à dos : en effet, chacune des deux est une prison, à sa manière.

 

 

 

Les gens à qui l’on reconnait une autorité, pour autant, restent des êtres humains. Il faut savoir les regarder au-delà de leur sacro-saint pouvoir.

Ils impressionnent et ont les moyens d’intimider, d’obtenir ce qu’ils veulent.

Mais c’est tout. Si l’on les traverse en profondeur de notre regard, on s’aperçoit qu’ils pèsent aussi peu que les autres, que nous-mêmes. Le poids d’une feuille.

Ils ont les mêmes faiblesses et les mêmes talons d’Achille que nous.

Comme nous (voire plus que nous encore), ils sont vaniteux, avides de reconnaissance, de sexe, de richesses, de paraître, de contrôle sur les autres. Comme nous, ils sont bouffis d’orgueil et incapables de se regarder tels qu’ils sont. Comme nous, ils sont esclaves de leurs propres illusions, de leur égoïsme, de leurs idées reçues, de leurs formatages.

Penser à cela contribue grandement à les démythifier.

On peut, certes, les admirer le cas échéant, pour les grandes choses qu’ils réalisent. Mais ne jamais oublier qu’ils ne sont rien d’autre que des Hommes.

 

 

 

Ma mémoire me dit « tu es encore en ce temps-là, là-bas » ; ma perception directe me dit « tu es ici, maintenant ». Il y a des moments où je « m’emmêle les pinceaux », où je me demande qui croire.

 

 

 

L’émergence de la conscience réflexive, chez l’Homme, aurait-elle un sens, un but ? Et dans l’affirmative, lequel ? Pourquoi ne serait-ce pas celui de donner au monde une dimension supplémentaire ?

 

 

 

Le monde d’avant l’être humain était un monde sans conscience (du moins tel que nous entendons ce terme). Est-ce à dire qu’il était exempt de sentiment d’exister, de tout désir de se regarder être, de se mieux connaître ?

 

 

 

Chacun doit trouver sa vérité…pourvu qu’il ne cherche pas à l’imposer aux autres !

 

 

 

Le Système n’a pas intérêt à ce que les gens s’intéressent à ce qui les entoure, l’observent et y réfléchissent.

Comme tout système, il formate et l’individualisme forcené, presque autistique l’arrange très bien. Il fait feu de tout bois (le travail, l’hyperconsommation, l’hédonisme, la télévision, la psychanalyse et tous les crédos du « développement personnel », le Net, les consoles de jeux, l’atomisation de la société en une mosaïque de solitudes)pour zombifier et narcissiser au maximum la créature humaine. Ainsi, en la détournant de l’intérêt pour ce qui l’entoure, la détourne-t-il soigneusement de l’observation et de la réflexion et ainsi, ce faisant, se perpétue-t-il encore bien plus efficacement que par les moyens coercitifs plus classiques.

 

 

 

Le Français est affligé d’une maladie de l’esprit critique. C’est cette affection qui fait de lui l’être « jamais content » qu’on connait.

 

 

 

L’Homme est une bête affublée d’une intelligence qu’elle ne mérite pas.

 

 

 

Décoloniser les esprits, c’est apprendre aux Blancs à cesser d’être persuadés que le monde ne tournerait pas sans eux et qu’il est normal qu’il tourne par eux et pour eux, à se dépouiller enfin de leur identité dominante qui leur colle tellement à la peau qu’ils ne se rendent même pas compte à quel point, justement, elle leur colle à la peau.

Autant dire qu’on en est loin.

Plus on est puissant, plus on tend à l’autosatisfaction et à l’orgueil, plus on se ferme à toute remise en cause. C’est pour ainsi dire un réflexe.

Or jamais l’Occident n’a été plus puissant, plus « universel » et donc, plus convaincu de sa légitimité idéologique. Science, abondance et démocratie sont devenus les nouveaux crédos évangéliques.

 

 

 

Le défaut d’empathie est la plus grande catastrophe humaine.

Car tout commence avec la faculté de se mettre à la place de l’autre.

C’est le manque ou le refus d’empathie qui fait décréter que l’autre n’est pas u Homme, qui, en l’excluant de la sphère de l’humain, libère toutes les capacités de lui nuire.

 

 

 

Seule, la contemplation permet la reconquête de l’étonnement. Seule, elle ouvre le chemin vers cet émerveillement de la conscience hypersensible, presque extatique que l’on connaissait à l’aurore de notre vie.

L’action fuit, suit les rapides de la ruée du Temps. L’action survole.

La contemplation, elle, en s’arrêtant sur les choses, nous rend leur vraie couleur, leur vraie texture, leur odeur réelle ; elle nous restitue toute leur profondeur claire, leur densité, leur façon de se relier au monde. En bref, leur plénitude, elle –même issue de la plénitude de notre attention. Car, au profond de nous, l’être qui découvre, l’être vierge ne meurt jamais. Dans les pires de cas, il ne fait qu’entrer en hibernation.

 

 

 

La contemplation est un temple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

P. Laranco.

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 12:01

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Photos : P. Laranco

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 11:06

 

On peut dire qu’aujourd’hui « la Terre est un monde de MAMMIFERES ». Les mammifères forment en effet une « grande famille » représentée par « plus de 5 000 espèces différentes », parmi lesquelles il faut compter les Humains, qui exercent leur emprise sur l’ensemble de la planète, allant jusqu’à modifier les écosystèmes et les climats de façon jamais vue jusqu’alors.

Mais ce qu’on sait moins, c’est qu’il n’en a pas toujours été ainsi, tant s’en faut : les premiers mammifères, c’est à dire nos plus lointains ancêtres, ont eu à faire face à une planète qui n’était, pour eux, qu’ « un monde hostile et terrifiant, un monde de DINOSAURES » !

Ce qu’il faut savoir, c’est que les mammifères, dans leur ensemble, sont le résultat « d’une course évolutive de plus de DEUX CENT MILLIONS D’ANNEES, course d’autant plus intéressante et indispensable à connaître qu’elle constitue « notre histoire ».

La plus ancienne trace connue de mammifère a été trouvée au NOUVEAU-MEXIQUE (Etats-Unis), dans une strate géologique remontant à deux cent vingt millions d’années, par le Dr Adrian HUNT. Il s’agit d’un « crâne minuscule » attestant de manière certaine que l’animal qui en était le propriétaire n’était « guère plus grand qu’une souris ». Cette créature, qui mesurait « moins de dix centimètres » allaitait déjà ses petits qui naissaient toutefois encore dans des œufs, et menait une « existence discrète », motivée par la redoutable présence des grands reptiles de l’époque. Dans la même formation géologique se trouvent en effet aussi des traces de dinosaures tels que, par exemple, le COELOPHYSIS, un « redoutable prédateur ».

Dinosaures et mammifères, nous apprend-t-on, constituent « deux groupes qui sont apparus en même temps » et qui se sont affrontés durant pas moins de « cent millions d’années ».

L’UNIVERSITE DE YALE abrite un fossile vieux de « cent cinquante millions d’années », celui de LAOLESTES, un autre mammifère qui, mesurant « à peine dix centimètres », présentait toujours la même apparence très proche de celle de la « souris », ce qui veut dire qu’en les quelques soixante dix millions d’années qui séparent les restes du Nouveau-Mexique de ceux de cet animal, l’aspect des mammifères ne s’est guère modifié. Qu’en penser ? Sans aucun doute, une telle timidité évolutive tient-elle à « l’incroyable essor des dinosaures », devenus « gigantesques ». Comme on s’en doute, le JURASSIQUE était « un monde âpre et violent », qui comptait des monstres comme le SUPERSAURUS, lourd de « quarante tonnes » et long de « trente trois mètres », de surcroît doté d’une durée de vie de « plus de cent ans ».

« Quelle place pour les petits mammifères » face à des créatures de cet acabit ? Pour survivre, ils n’eurent d’autre choix que celui d’ « investir le monde de la nuit », et c’est ainsi que Laolestes, en « s’affairant dans l’obscurité », développa son sens de l’ouïe.

Au nord-est de la CHINE, dans la province de LIAONING, se trouve un site de « plaques » datant du CRETACE (cent vingt cinq millions d’années). On a eu la chance d’y découvrir « tout un écosystème » portant la trace de « plus de trois cent espèces différentes ». À ceci, une raison : au crétacé, le site était « un lac ». Parmi toute cette multitude d’espèces, un mammifère « radicalement nouveau », que l’on a baptisé EOMAÏA. Pourquoi « radicalement nouveau » ? Eh bien, parce que c’est à cette époque que le groupe des mammifères développe un mode de reproduction révolutionnaire avec l’APPARITION DU PLACENTA. Autant dire (ce que fait le commentateur du documentaire) que « notre histoire commence avec Eomaïa ».

Le placenta protège les petits des mammifères de la faim, des écarts de température et des prédateurs beaucoup plus efficacement que ne le font les œufs. En outre, il « associe plus longuement les mères et leurs petits ». Voilà qui explique peut-être que plus de 90% des mammifères d’aujourd’hui sont des placentaires.

Mais voici que le documentaire nous fait quitter la Chine pour le WYOMING, et, pour être plus précis encore, pour ses fourmilières, lesquelles ont la particularité de retenir en leur sein de minuscules dents de « deux millimètres ». Ces dents appartiennent à un mammifère qui vivait il y a soixante six millions d’années, SIMOLESTES, et dont la taille n’excédait toujours pas « quinze centimètres ». La jeune paléontologue américaine qui exhume ces dents en déduit qu’à cette époque, les mammifères « ne se sont toujours pas diversifiés et n’ont toujours pas évolué ». Le Dr LUO, avec raison, commente : il y a soixante six millions d’années, « les dinosaures sont les grands vainqueurs de la course évolutive ».

Pourtant, ils sont proches de leur fin. Une fin brutale, longtemps demeurée mystérieuse mais qui, maintenant, a son explication, en l’espèce d’un « événement imprévisible » : il y a cent soixante millions d’années a lieu « une collision dans la ceinture d’astéroïdes qui se situe entre les planètes Mars et Jupiter » ; elle occasionne une fragmentation, dont les éléments sont « catapultés dans le Système Solaire » lors d’une course qui durera « près de cent millions d’années ». Le résultat ? D’abord, rendons-nous cette fois en BOLIVIE, à côté de la ville de SUCRE, sur un terrain calcaire de falaises de craie qui constitue « un gisement unique ». Nous y rencontrons le Dr Christian MEYER, de BÂLE, en Suisse, qui a pour mission d’étudier ses vestiges. Ses vestiges, ce sont « plus de 5 000 empreintes de dinosaures » appartenant à « six espèces différentes », lesquelles comprennent tant des herbivores que des carnivores.

Or, le site est daté de « juste avant » la disparition des grands reptiles, et il atteste, de façon éclatante, que, plus que jamais, à ce moment-là, ces derniers sont au faîte de leur puissance : nul déclin, puisque « de nouvelles espèces de dinosaures » continuent allègrement d’apparaître et que, parmi eux, « les carnivores sont devenus terrifiants », à l’image du CARNOSAURUS, cependant qu’en face d’eux, les herbivores ont développé des « défenses » non moins impressionnantes (visibles, par exemple, chez le SALTASAURUS).

Non, force est de l’admettre : « depuis cent cinquante millions d’années, les reptiles géants dominent les continents et rythment la vie de la Terre de leurs monstrueux combats », dans « une lutte permanente pour la survie d’une violence inimaginable ».

« Il y a soixante six millions d’années, la Terre est plus que jamais le royaume des dinosaures et pourtant leur règne va bientôt s’achever » : « jusqu’au dernier moment, ils n’ont décliné ni en diversité, ni en nombre, ni en taille », contrairement à ce que cherchent à soutenir certaines théories, que les découvertes du site bolivien viennent justement battre en brèche.

Ce qui va tout changer, ce sera, il y a soixante cinq millions d’années, « l’arrivée de la météorite », de ce fragment issu de la collision d’astéroïdes entre Mars et Jupiter, près de cent millions d’années plus tôt. Elle sera fatale.

Au CANADA, dans la province d’ALBERTA, le Dr François TERRIEN nous montre une « ligne noire » de trois centimètres d’épaisseur que les géologues désignent par le nom de « LIMITE K-T » (ou encore « LIMITE CRETACE-TERTIAIRE »). Cette « limite » est très importante, puisqu’elle constitue la trace géologique et donc très concrète de « l’événement » accidentel qui cependant occasionna « la disparition de près de 40% de la biodiversité » terrestre il y a soixante cinq millions d’années. On peut vraiment dire que « cette ligne [de limite] marque la fin d’un monde » ; le fameux TYRANNOSAURUS REX vient de naître…

Avec le quartz choqué et l’iridium qu’elle renferme, la limite K-T porte « les indices d’une onde de choc de plusieurs milliards de pascals ». On a calculé qu’elle résultait de la chute d’ « une météorite d’environ huit kilomètres de diamètre » et évalué que l’effet de ladite chute avait été équivalent à « cinq milliards de bombes d’Hiroshima ».

Survenue tout près de la péninsule centre- américaine du YUCATAN, elle a, de par l’onde de choc qu’elle a générée, projeté une multitude d’ « éjectats » et donné lieu à « une gigantesque boule de feu » d’une température de « 6 000 degrés Celsius » qui s’est répandue à une vitesse de « 72 000 kilomètres/heure » et a été « visible de l’espace ». Ensuite se produisit une « condensation en fine poussière » qui au bout d’une heure, se mit à « retomber dans l’atmosphère terrestre ». « Une quantité phénoménale de particules de poussière » fut émise, qui, dégageant une chaleur de « 1 500 degrés Celsius », eut tôt fait de consumer la peau des malheureux dinosaures tout en « embrasant instantanément les arbres sur toute la surface du globe ». A l’endroit même de la chute se creusa « une gigantesque cuvette », que, juste après l’impact, « l’océan réinvestit brutalement » ; l’eau, en s’engouffrant de la sorte, se transforma en déferlante qui eut tôt fait de courir vers les rivages et de submerger le nord comme le sud de l’Amérique d’un « MEGATSUNAMI » de « trois cent mètres de haut » ; le niveau de l’océan monta. On pense aujourd’hui que « l’océan a dû mettre dix heures pour réinvestir le cratère », et qu’il projeta, en direction des continents voisins, « une masse d’eau inimaginable » : « ce méga tsunami s’est enfoncé profondément au coeur des terres ». Les scientifiques ont même réussi à établir (grâce à l’étude des strates) qu’ « au moins six vagues gigantesques successives » ont balayé ces dernières. Un mois après, la Terre était devenue « un monde de cendres », frappé d’ « un refroidissement de dix degrés » de la température, qui devait se prolonger  « sur plusieurs années ».
Si les végétaux, on le sait, « se sont assez vite reconstitué », les dinosaures, eux, n’ont pas eu cette chance : ils se sont éteints définitivement, « en une dizaine d’années au plus ».

Mais qu’en est-il des mammifères ?

Ils ont survécu, nous le savons tous, sans quoi nous ne serions pas là pour le dire. Les scientifiques avancent qu’ « ils doivent leur survie avant tout à leur petite taille ». Cette dernière leur a permis de trouver refuge facilement à l’intérieur de « terriers souterrains » aux pires moments du cataclysme. Leur type d’alimentation, « moins spécialisé », les a aussi aidés : « ces petites souris puisaient peu dans les ressources » et, au surplus, se reproduisaient vite. Leur courte durée de vie, qui n’excédait guère deux ou trois ans, joua de même en leur faveur : elle permettait en effet « une évolution beaucoup plus rapide ». Et n’oublions pas non plus leur « stratégie de reproduction » inédite et ingénieuse, qui protégeait bien davantage leurs bébés à naître…

Les mammifères donnent une illustration éclatante du fait qu’ « une petite taille peut devenir un atout », si le contexte s’y prête.

Le cataclysme de la limite K-T fut, sans aucun doute, « une chance extraordinaire » pour notre gent mammifère.

Puis L’ERE TERTIAIRE vint, qui s’ouvrit sur « un monde nouveau, débarrassé des dinosaures ».

Nous voici en ALLEMAGNE, à trente kilomètres de Francfort, sur le site fossilifère de MESSEL. Il remonte à l’EOCENE, c'est-à-dire à vingt millions d’années après l’apocalypse induite par la météorite.

Il y a quarante sept millions d’années, donc, le site de Messel, tout comme, du reste, celui de Liaoning et celui de Sucre, était un lac. Il a livré les traces fossiles de « plus de dix mille poissons » et de « près de mille insectes » (dont une cigale et une fourmi volante) dans un état de conservation « spectaculaire » (imaginez : la coloration des ailes des insectes s’y trouvait préservée !).

Mais ce qui nous intéresse ici avant tout est qu’il témoigne d’« un essor spectaculaire des mammifères » : nous y trouvons le LEPTICTIDIUM, long de soixante centimètres, qui « sautait comme les kangourous », un autre animal long d’une quarantaine de centimètres et ressemblant fort à notre actuel fourmilier, ou encore une espèce de tapir « au corps très compact » et même une chauve-souris. Mais le fossile sans doute le plus remarquable est celui, « en 3D », d’un animal de cinquante centimètres de long baptisé PROPALEOTHERIUM, qui a été jusqu’à conserver « des vestiges de son pelage ». Ce n’est autre que l’ancêtre des chevaux, et il se nourrissait « de feuilles et de graines ».

A la lumière de tout ce que nous livre le site de Messel, un fait apparait flagrant : « les mammifères ont investi de nouvelles niches et ont [enfin !] commencé à se diversifier » !

Essayons d’imaginer l’étrange univers ancien de Messel : il s’agit d’une « jungle chaude », à l’image de toute l’Europe de l’époque. Tandis que le leptictidium pourchasse les insectes avec constance, l’EUROPOLEMUR, qui mesure près d’un mètre de long, vient tout juste d’apparaître. Pourtant, ne nous y trompons pas : cette jungle n’est en rien un éden. « Cette terre est loin d’être encore un paradis pour nos lointains ancêtres ». Témoin, le « FOSSILE DE KARLSRUHE » qui, de toute évidence, porte « la preuve d’un crime commis sur un europolémur, donc un être arboricole, sur les bords du lac de Messel ». La malheureuse bête a été « déchirée en deux par une puissante mâchoire », dont on aimerait bien savoir à quelle créature elle appartenait.

Mais il y a gros à parier qu’il s’agissait d’un crocodilien. Les CROCODILES DE MER de la région de DARWIN, en AUSTRALIE, n’ont-ils pas pour habitude de faire des bonds hors de l’eau pour attraper des proies ?

Les CROCODILIENS sont une vieille famille qui s’est séparée des reptiles « il y a environ deux cent millions d’années ». Leur premier ancêtre répertorié, le SALTOPOSUCHUS, vivait sur la PANGEE, mesurait quarante centimètres et était bipède. Puis eut lieu le fractionnement de la Pangée en divers continents et, à cette faveur, les crocodiliens se mirent à investir les marécages, qui n’intéressaient guère les dinosaures. Il y a soixante treize millions d’années, ils évoluèrent jusqu’à donner, sur le territoire des actuels Etats-Unis, la forme géante du DEINOSUCHUS, le plus grand crocodilien à avoir jamais existé. Avec ses bons quinze mètres de long et ses dents hautes de quinze centimètres, cet animal était « aussi grand que les dinosaures de son époque » et pouvait facilement tenir en respect jusqu’aux tyrannosaures, qui se méfiaient de lui. Il vivait « le long des rivages ». Cependant la chute de la météorite fatale vit l’extinction tout aussi bien des crocodiles géants que de leurs monstrueux « cousins » les reptiles terrestres. Seules les espèces de crocodiliens « les plus petites » survécurent et purent, après le drame, se lancer dans la reconquête de leur royaume semi aquatique où ils entamèrent avec dynamisme un nouveau développement, avec de nouvelles évolutions (le DIPLOCYNODON, par exemple).
Mais un autre fait frappe à Messel : le grand nombre d’oiseaux que recèle le site. « Plus de cinquante espèces d’oiseaux » s’y trouvent en effet représentées, dont, parmi elles, un volatile qui a de quoi attirer l’attention. Imaginez : cet oiseau est doté d’un os de la cuisse  mesurant  trente centimètres.

Il se trouve qu’il existait également sur le continent américain. Avec ses deux mètres de haut et ses cent kilos de poids, le GASTORNIS était incapable de voler. Il affichait « un énorme crâne, un énorme bec, un cou très robuste et très musclé », toutes caractéristiques qui signalent « un grand prédateur ». Il apparut très tôt après l’extinction des dinosaures…à se demander s’il n’était pas « leur descendant le plus direct ». Après tout, le site de Liaoning (encore lui !) a livré un fossile de dinosaure daté de cent vingt cinq millions d’années qui était « couvert de plumes ». En MONGOLIE, de même, on a la trace d’ « un petit dinosaure de la fin du crétacé », l’OVIRAPTOR, dont un spécialiste mongol de la question nous révèle qu’ « il couvait ses œufs » et que cette découverte « a révolutionné notre vision des dinosaures » en nous suggérant que certains d’entre eux avaient « développé un nouveau métabolisme ».

Reste à savoir pourquoi les oiseaux ont réussi à survivre au cataclysme météoritique. Si l’on ignore toujours, on serait toutefois enclin à avancer l’hypothèse que le fait de couver leurs petits « a dû jouer un rôle », en augmentant, un peu à l’image de ce qui se passait chez les mammifères, l’INVESTISSEMENT PARENTAL.

Ce qui est certain, en tout cas, c’est que « les oiseaux ont conservé les pattes de leurs ancêtres dinosaures ». Surtout le gastornis, que les scientifiques soupçonnent fortement d’avoir eu un comportement voisin de celui des casoars actuels.

Ce redoutable volatile, à l’éocène, « régnait sur la jungle européenne ».

Il faut, au passage, préciser qu’en ce temps-là, l’Europe n’offrait pas du tout l’aspect que nous lui connaissons de nos jours ; elle consistait en « un territoire morcelé » par d’innombrables « bras de mer » où s’étendaient des zones forestières denses, très humides. En ce sens, elle se différenciait radicalement de l’ASIE qui, il y a cinquante deux millions d’années, était au contraire « restée un bloc continental massif ». De cette différence patente découle d’ailleurs un fait important : alors que les mammifères d’Europe frappent par leurs dimensions encore modestes, la province du HENAN, en CHINE, a livré les restes fossiles d’un « grand mammifère », l’AZOCORYPHODON. Il est avéré que « l’immensité du continent asiatique, avec la diversité des niches écologiques qu’elle comporte (zones de déserts, zones de jungles, espaces de prairies) a favorisé notablement la diversification des mammifères », ainsi que l’augmentation de leur taille.

Les mammifères, au départ, ont eu la chance de s’incarner sous une forme « très simple », voire même « primitive », celle de la souris, totalement exempte de spécialisations. Au rebours de leurs contemporains les crocodiliens et les gastornis, animaux déjà fortement spécialisés et, en tant que tels, peu aptes à s’adapter à de nouvelles niches écologiques, ils avaient donc « la possibilité (enviable à l’époque) d’évoluer dans toutes les directions ». C’est ce qu’ils firent, notamment avec l’apparition des premiers mammifères carnivores lesquels, très rapidement, entraînèrent la disparition des gastornis.

« Il y a trente cinq millions d’années, les mammifères occupent toutes les niches continentales et, désormais, la lutte pour la survie ne se joue plus qu’entre leurs différentes espèces ». L’Asie, qui est déjà depuis bien plus longtemps que l’Europe, comme nous l’avons vu, un « royaume de mammifères », voit apparaître des formes géantes, tel l’INDRICOTHERIUM, un « véritable phénomène » de huit mètres de long qui, à lui seul, totalise le poids et le volume de deux de nos éléphants d’Afrique.

Mais ce qu’il faut savoir aussi, c’est que, « durant vingt millions d’années », la planète fut le théâtre d’ « un affrontement entre deux grandes familles différentes de mammifères » : les MAMMIFERES PLACENTAIRES déjà cités et les MAMMIFERES MARSUPIAUX.

Les seconds se distinguent des premiers en ce qu’ils ont « un placenta beaucoup moins développé » et que, par voie de conséquence, la majeure partie de leur gestation s’effectue dans une poche marsupiale située à l’extérieur, contre le ventre de la femelle (comme c’est le cas du kangourou).

Il y a quarante sept millions d’années, dans la jungle européenne, les marsupiaux étaient présents, comme en attestent les découvertes du site de Messel, où l’on a dénombré, « sur quarante espèces de mammifères, seulement deux espèces » appartenant à ce groupe.

D’après ce que l’on sait, les marsupiaux sont apparus en même temps que les placentaires, avec lesquels ils ont d’abord coexisté, avant de reculer puis de disparaître sur tous les continents hormis l’Australie.

Pendant longtemps, on a cru que c’était l’isolement du continent austral qui, en empêchant les placentaires d’y accéder et de s’y répandre, avait autorisé la survie des marsupiaux. Pourtant, une récente découverte, effectuée dans la strate de MURGON, une strate de cinquante cinq millions d’années d’âge, est venue remettre en cause de façon inattendue cette certitude bien ancrée. Cette découverte fut celle d’une dent de mammifère placentaire. D’elle, un paléontologue australien nous dit qu’elle délivre « un message très clair » : il y a cinquante cinq millions d’années, l’Australie, au même titre que tous les autres continents, vit se côtoyer sur son sol les deux catégories rivales de mammifères et il y eut, tout autant qu’ailleurs, « compétition entre les deux groupes ». Cette compétition, comme on sait, fut perdue par les placentaires, là au contraire de ce qui se passa sur toutes les autres terres. Le choc de cette constatation passé, les spécialistes se demandèrent, légitimement, pour quelles raisons l’Australie fut vouée à ce destin exceptionnel. La réponse (supposée), ils la trouvèrent dans « la sécheresse de l’environnement australien », ainsi que dans la capacité qu’ont les mères marsupiales de « contrôler mieux leur reproduction » du fait que « leurs petits naissent à l’état de larves ».

Le continent sud-américain, lui, ne connut pas d’évolution analogue. Pourtant, un autre site constitué de strates, le site de TIUPAMPA en BOLIVIE atteste clairement, grâce à de nombreux fossiles, que voici 64,5 millions d’années, le continent comptait une proportion tout à fait équivalente d’espèces marsupiales et d’espèces placentaires. Etudiés à Paris, ces fossiles, qui appartiennent à des « animaux de petite taille » révèlent « un monde unique et étonnant » au sein duquel on assiste à un véritable « équilibre inversé » par rapport à celui qui triomphe dans le reste du globe. Ici, contre toute attente, ce sont les dents appartenant à des marsupiaux qui portent témoignage d’un régime carnivore ; les placentaires, tant herbivores que carnivores, tiennent un rôle de proies. Les marsupiaux exercèrent donc une très longue domination, qui culmina voici trois millions d’années avec le règne « sans partage » d’un étrange tigre à dents de sabre marsupial baptisé THYLACOSMILUS. Ce grand prédateur carnivore était au sommet de la chaîne alimentaire sud-américaine, sur un continent qui, tout comme l’actuelle Australie, pouvait à bon droit se voir attribuer l’étiquette de « royaume des marsupiaux ». Dans le même temps, l’Amérique du Nord suivait un chemin tout à fait différent. Si nous le savons, c’est, entre autres, grâce au désormais réputé « PUITS DE GOUDRON DE LA BREA », en CALIFORNIE qui, en raison de ses propriétés toutes particulières, a piégé en son sein une énorme quantité de mammifères de l’ère tertiaire. Ainsi le Dr Christopher SHAW peut-il mener des recherches  approfondies sur le grand prédateur local de cette époque, le SMILODON, un placentaire qui fut le quasi sosie du thylacosmilus. « de la taille d’un lion actuel », ce grand fauve aux impressionnantes canines recourbées « chassait probablement en groupe » et « dominait l’écosystème nord-américain » de la même façon que son équivalent et contemporain marsupial dominait celui de l’Amérique du Sud.

Etrange cas que celui de cette évolution convergente des marsupiaux et des placentaires ! Non seulement, comme nous venons de le constater, il y eut « apparition de prédateurs aux caractéristiques identiques » de part et d’autre, mais  encore « toute une série d’espèces pratiquement jumelles » exista, dans les deux Amériques ! Des fossiles de « taupe », de « chat » et d’ « écureuil volant », notamment, en attestent. Le moins qu’on puisse dire est que le cas d’ « évolution parallèle » est ici troublant. Mais cette situation, il y a quelques 2,7 millions d’années, se modifia avec la fusion entre les deux continents américains, qui étaient auparavant séparés. En toute logique, cette rencontre des deux masses continentales par le biais de l’Isthme de Panama se solda par l’entrée en contact (et donc la mise en concurrence) des deux faunes qu’elles abritaient. Ce contact fut fatal à tout ce qui n’était pas placentaire et, en particulier, à l’un de nos « deux jumeaux prédateurs », on devine lequel. Résultat direct : en peu de temps, « la lignée de thylacosmilus s’est éteinte », et celle de smilodon « a prospéré » jusqu’à ce que, il y a seulement 10 000 ans, survienne sa disparition.

Y a-t-il une explication à ce triomphe des placentaires ? Sans doute…car on a noté que le cerveau de smilodon était « une fois et demie plus volumineux » que celui de son infortuné rival. Il n’est d’ailleurs pas seul dans ce cas, et l’on a pu s’apercevoir que « les cerveaux des placentaires sont, en moyenne, plus gros et plus complexes que ceux des mammifères marsupiaux ». Ceci résulte du fait que, chez ces derniers, le cerveau est bridé dans son développement par la contrainte qui lui est imposée de devoir s’ossifier plus tôt en raison de la beaucoup plus courte période de gestation.

Eh oui, force est maintenant d’en prendre conscience, sans longue période de gestation, le développement de cerveaux « volumineux et complexes » demeurerait impossible. Jamais des animaux aux caractéristiques telles que celles des marsupiaux n’auraient pu donner naissance, même par évolution parallèle, aux primates et aux Humains !

Au terme d’une course évolutive de deux cent vingt millions d’années, les placentaires, plus favorisés par la nature, n’ont pu que s’imposer, et ce « en grande partie grâce au développement de leur masse cérébrale ».

 

 

 

P. Laranco.

 

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 13:07

 

Mouloud AOUNIT, président d'honneur du MRAP,  nous a quittés.

 

 

 

 

 

 

 


Le MRAP est en deuil.

 

 

 

 

 

 

 


 C'est avec une profonde  tristesse que le MRAP annonce le décès  de Mouloud Aounit survenu le vendredi 10 août 2012  à l'âge de 59 ans.

Né le 23 février 1953 à Timezrit en Algérie, Mouloud Aounit arrive très jeune en France où sa famille s'installe à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis. Il restera toujours un enfant d’ « Auber », profondément enraciné dans le tissu humain et social de la ville.

Il adhère au MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) en 1979. Il assume tout d’abord la présidence de la fédération de Seine-Saint-Denis du MRAP, puis participe  en novembre 1983, à la « marche des Beurs » Marseille-Paris, « pour l'égalité contre le racisme ».

En 1989, il succède à  Albert Lévy – l’un des membres fondateurs du MRAP avec en particulier Charles Palant - au poste de secrétaire général du Mouvement dont il devient le Président en 2004, puis membre de la présidence collégiale en 2008. Le Congrès national  de 2011 le nomme à l 'unanimité, par ovation, Président d'honneur, en reconnaissance de son engagement.

Il avait, en 1993,  été nommé membre du Conseil National pour l'intégration des populations immigrées, promu Chevalier de l'Ordre national du mérite en 2000 puis Chevalier de la Légion d'honneur en 2003.

Mouloud Aounit a consacré toute sa vie au combat contre le racisme, quels qu'en soient les victimes ou les auteurs. Il aura marqué de manière profonde l'identité de notre Mouvement antiraciste par son intense intérêt pour la vie et pour les gens, par sa curiosité intellectuelle, une vaste culture, une grande capacité de travail et  un inlassable dévouement.  Il aura été, sans hésiter et sans faillir, de tous les combats pour le droit, la justice, la paix  et l'émancipation humaine,  aussi  bien en France que  partout  dans le monde

Frappé par une terrible maladie, il fait montre d'un courage remarquable et sans faille, continuant inlassablement,  jusqu'au bout,  son combat pour la dignité humaine en même temps que celui contre le mal qui le mine mais n’abat pas sa volonté de témoignage et de lutte.

Mouloud laissera à tous ses compagnons et compagnes de militance le souvenir fort de celui qui aura jusqu’au bout refusé de renoncer.

 Dans le respect de cette mémoire, le MRAP exprime aujourd’hui à  son épouse, toujours si présente à ses côtés, ainsi qu' à  ses enfants, l'affection, la solidarité et l’amitié fraternelle des militants et compagnons de lutte antiraciste de toute la France.

 Le MRAP lui rendra , prochainement, un hommage  à la hauteur de ses engagements mais d'ores et déjà il s'engage à honorer sa mémoire en continuant son combat inachevé.

 

 

 

 

 

 

 


 

Paris, 10 août 2012. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


MOUVEMENT CONTRE LE RACISME ET POUR L'AMITIE ENTRE LES PEUPLES

43 boulevard Magenta

75010 Paris (France)

Tél 01 53 38 99 81

Fax 01 40 40 90 98

E-mail direction@mrap.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 11:29

 

23 août 1996 / 23 août 2012

16éme anniversaire du coup de hache contre la porte

de l’église Saint Bernard à Paris.

 

 


 

Manifestation unitaire :

14h30, République, église St Bernard

Samedi 1er septembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le 23 août 1996, 300 personnes, des femmes, des hommes et des enfants, "sans papiers", étaient délogés de l'église Saint Bernard à Paris, à coups de hache et de gaz lacrymogènes. En réaction, 30 000 manifestants défilent pour dénoncer la politique du gouvernement et les lois Pasqua.

Grâce à cette mobilisation, une vague de régularisation a eu lieu sous le ministère Chevénement.

Mais le problème est resté entier. Les « sans-papiers » ont continué d'être surexploités par un patronat intéressé à pousser toujours plus loin la déréglementation du marché du travail. Et, qui par cette « mise en concurrence de tous contre tous », cherche à tirer les conditions de travail et de salaire de l'ensemble des salariés du pays vers le bas. Cela avec la complaisance des gouvernements qui se sont succédés.

Parallèlement dans la dernière période, la politique dite de « lutte contre l’immigration irrégulière » s’est soldée par des lois de plus en plus restrictives, de véritables politiques de « chasse à l’étranger », avec des quotas d’expulsions toujours plus élevés.

En prime, les travailleurs migrants avec ou sans papiers ont été désignés comme "boucs émissaires" du fléau social qu’est le chômage. Et plus généralement les étrangers, comme responsables de l’insécurité, de la délinquance et des trafics de drogue.

Les "sans papiers", les travailleurs-euses sans papiers, avec les organisations syndicales, les associations de défense des droits humains et les collectifs ont résisté à la mise en œuvre de cette politique par des grèves massives, des occupations, des manifestations et des marches, etc.

La majorité des électeurs a sanctionné cette politique répressive de N.Sarkozy et de ses gouvernements comme sa reprise des discours qui étaient restés jusqu’ici l’apanage de l’extrême droite raciste et xénophobe.

Le combat continue !

…/…

A l’occasion du 16éme anniversaire du honteux coup de hache contre la porte de l’église Saint Bernard à Paris, nous, syndicats, associations et collectifs de sans papiers appelons à manifester partout dans l'unité le samedi 1er septembre 2012 pour :

 

La régularisation des sans papiers qui travaillent

d'une façon ou d'une autre.

 

La fermeture des centres de rétention administrative (CRA).

 

L'arrêt des contrôles au faciès et des expulsions.

 

 L'égalité de traitement entre Français-es et Etrangers-es dans les études comme au travail.

 

A l’initiative de :

 

ALIF, ALIFSI, CGT, CNSP, CSP 17, CSP 59, CSP 75 (Strasbourg/St Denis), CSP 92, CSP 93, Droits devant.

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 10:47


WOLVES.

 

 

 

 

 

 

 


Allons nous promener dans les bois.

 

 

 

 

 


 

Vos éclats miroitent dans les ronces. Vos peaux se diluent au regard de la lune. La forêt vous emprisonne. Serre d’arbres et de noirceurs. Grattements et hululements. Vous n’êtes que des enfants. Anges dans le fleuve noir de la nuit. Vous êtes roses, bleus et violets. Constellés d’oursons et d’étoiles. Vos odeurs de pêche et de talc se marient aux effluves bruts des bois et de la terre. Vos pieds nus s’enfoncent dans la boue. Vos mains rondes se tiennent par les doigts et le bleu de vos yeux s’insinue sous le couvert des ténèbres. Vous ne savez pas qui vous êtes. Où vous allez. Vous êtes dans les bois. C’est tout ce qui compte.

 

 

 

 

 


 

Vous vous êtes réveillés, il était une nuit. Une nuit dans un monde. Vous vous êtes réveillés et vous avez entendu l’appel. Il venait de loin. C’était un voyageur égaré. Venu de la lune. Il a frappé à vos fenêtres et vos âmes sont descendues de vos lits. Vos corps ont suivi. Et vous avez tous quitté la chaleur de l’orphelinat.

 

 

 

 

 


 

La lune est une grossesse.

 

 

 

 

 


 

Vous marchez. Vers le Voyageur. Suivre l’appel. Il a besoin de vous. Vous avez besoin de lui. Vos boucles blondes sont des feuilles effleurées par le vent.  Les branches s’accrochent à vos vêtements. Les bois sont épais. Vous êtes si petits. Vos joues sont des baies. Vos yeux sont des mers.

 

 

 

 

 


 

-

 

Tandis que le loup n’est pas là.

 

 

 

 

 


 

Enfants de nuit. Enfants de lune. La forêt vous reconnaît soudain. Elle s’ouvre à vous comme l’utérus d’une femme morte. Froide et maternelle. Et vous avancez. Pantins de chair et d’os. La terre écorche vos pieds. Se délecte de la senteur du sang et de l’innocence.

 

 

 

 

 


 

Vous débouchez sur une clairière.

 

 

 

 

 


 

Une robe blanche, sans visage. Cheveux couleur de lune. Elle vous tend une main invisible. C’est le Voyageur.

 

 

 

 

 


 

-

 

Le loup est là.

 

 

 

 

 


 

Vous tombez  par terre. Vos corps se convulsent sous le regard du Voyageur. Les basques de sa robe s’envolent jusqu’aux étoiles. La pleine lune vous sourit.

 

 

 

 

 


 

Et vous, enfants innocents, enfants orphelins, enfants de terres, vous explosez. De vos bouches ouvertes surgissent des crocs luisants comme des épées, de vos peaux déchirées naît un pelage noir et touffu, brûlant comme la semence de soleil éjaculée sur le ventre de la lune, et de vos gorges déployées vagissent des hurlements de bêtes, profondes comme les cavités de l’espace.

 

 

 

 

 


 

Enfants des bois. Enfants des loups. Les lambeaux calcinés de vos chairs disparaîtront avant l’aube.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Aqiil Gopee.

 

 

 

 

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