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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 10:31

 

7.

 

 

 

 

 


Je dois procéder maintenant à une analyse de mon rire. Je veux bien essayer de décortiquer ses mécanismes. Je m’intéresse surtout à l’aspect physiologique. Je ne sais pas tout à fait ce que ‘physiologique’ veut dire mais il m’arrive d’être pédant.

 

 

 

 

 


Ce n’est pas un crime. Du moins pas encore.

 

 

 

 

 


Avant d’aller plus loin, un rapide constat. Je suis arrivé à la conclusion qu’au sein de ma famille il y a plusieurs types de rire. Il y a le rire gras, celui de l’oncle Rico, qui a le pouvoir de faire trembler les vitres et les vases mais qu’il réserve à des occasions exceptionnelles, quand, par exemple, grand-mère, dans un grand élan de gâtisme, se met à radoter ses vieilles histoires. Il y a le rire fluet et mignon, celui de ma nièce, Amira, un rire si subtil qu’on l’entend à peine, il ressemble au gazouillement d’un petit oiseau. Il y a le ricanement de la terreur, celui de ma tante Anouckha, une enseignante à la retraite, qui évoque un film de science-fiction, où un bulldozer, doté d’un cerveau, sème la terreur en émettant des bruits étranges. Ce ricanement ressemble aussi au cri hystérique de la victime dans Scream quand le psychopathe lui tombe dessus. Je vous laisse choisir. Nous sommes après tout en démocratie. Il y a aussi le rire mesquin, celui de ma cousine Neha, qui me fait penser aux glapissements de chacals dans un dessin animé.

Le mien, avant que je ne succombe à cette maladie, était tout à fait normal. Il n’était ni gras, ni fluet, encore moins mesquin. C’était un rire comme les autres. Depuis il s’est métamorphosé. Il ressemble beaucoup à celui de l’oncle Rico mais plusieurs tons au-dessus. On dira que c’est un rire gargantuesque. Ce n’est pas un hihihihi ou un hahahaha ou encore un hohohoho c’est un HOUHAHOUHAHOUHAHOUHA suivi d’une HOHOHOUHOHOHOU. Je n’arrive malheureusement pas à retranscrire son intensité.

 

 

 

 

 


On peut le trouver effrayant et je pense que c’est un sentiment légitime.

 

 

 

 

 


Mon nouveau rire émerge littéralement de mes tripes, on pourrait le comparer à un tsunami, une fois le mécanisme enclenché, rien ne peut l’arrêter, c’est une incroyable déferlante, il traverse mon corps à très grande vitesse pour enfin jaillir dans ma bouche. Rien ne peut le contenir. J’ai parfois l’impression d’être en transe, d’être dans un au-delà, d’être littéralement possédé. Mon cerveau est, par ailleurs, pratiquement paralysé. Pendant que dure la crise, je n’arrive plus a réfléchir.

 

 

 

 

 

 


Et détonne alors un HOUHAHOUHAHOUHAHOUHA.

 

 

 

 

 


Et résonne alors un HOHOHOUHOHOHOU.

 

 

 

 

 


Un mot, en l’occurrence ‘la police’, je précise ‘la police et non ‘police’, parvient bizarrement à interrompre la crise.

Pourquoi est-ce qu’il en est ainsi ? Le mystère demeure.

Voilà pour ce qui de l’analyse des symptômes cliniques. Je dois reconnaître, en toute modestie, que c’est une analyse percutante. Cela ne permettra certes pas d’en venir à bout mais il était important d’en parler.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      7.

 

 

Je me dois maintenant contraint d’ouvrir une parenthèse, qui sera malheureusement longue. Je me vois obligé de parler de ma copine / fiancée. On se connait depuis deux années et on s’aime bien ou pour être plus précis, elle m’aime beaucoup et je l’aime bien. Ce déséquilibre amoureux n’est pas bien grave car je suis convaincu qu’elle est la femme de ma vie, qu’on aura un jour trois enfants et que je finirai par l’aimer passionnément. 

Il faut dans la vie toujours se fixer des objectifs réalistes.

On dira que c’est une femme bien. Elle est tout à fait convenable. Elle agit de façon convenable, elle pense des pensées convenables, elle a des rêves convenables.  Au collège déjà, elle était membre de plusieurs associations, elle luttait non seulement pour protéger l’environnement mais aussi pour les chiens et les chats orphelins. Elle a toujours eu d’excellents résultats, première de sa classe à l’école maternelle, à l’université et probablement sera-t -elle première au paradis. Elle a fait des études de lettres parce que ce sont évidemment des études convenables. Et depuis peu, elle est enseignante de français dans un collège privé.  Elle prend son métier à cœur, elle aide après les heures de classe les enfants qui n’arrivent pas à maitriser cette langue incompréhensible et elle consacre de longues heures à chercher sur le Net de nouvelles méthodes pédagogiques. Au collège, elle ne se mêle pas des palabres, les femmes en général parlent de leur mari ( elle n’a rien à leur dire car elle est célibataire ),  de vêtements et de maquillage ( elle s’y intéresse mais ce n’est pour elle franchement pas une priorité ) et de leurs enfants ( elle n’en a pas ), les hommes parlent en général d’eux-mêmes ( ce qui n’est pas exaltant ), du football ( une bêtise ) et de politique ( une deuxième bêtise ) et de toute façon une fille convenable ne se mêle pas à la conversation de ses collègues hommes.  Le dimanche, ses parents, qui pratiquent le même métier que leur fille adorée, sont contraints au repos  et elle en profite pour leur préparer de bons petits plats, elle fait le ménage et elle leur parle de Molière et de Racine. Le soir, avant de s’endormir, elle lit un livre sacré et un Harlequin, elle réalise ainsi la complémentarité de la spiritualité et de l’amour. Je me demande ce que cette phrase peut bien vouloir dire. Je me suis décidément imprégné des voltiges verbales de mon prof de français à l’université.

Que désire une femme convenable, à votre avis ?

Un homme bien sous tous rapports, en l’occurrence moi.

Elle m’aime passionnément mais je me demande parfois ce qu’elle aime vraiment en moi. Est-ce qu’elle aime l’homme bien comme il faut,  celui a grandi dans le carcan de la solide classe moyenne aisée de Beau-Bassin,  l’élève du collège Saint Esprit, celui a qui a fait de bonnes études,  celui a déjà une maison avant de se marier, qui est destiné à une belle carrière dans la fonction  publique ou est-ce qu’elle aime l’homme qui se cache derrière tous ces masques ?

Elle me dit qu’elle m’aime entièrement. Et elle ne cesse de manifester son amour. Elle n’arrête pas de me dire que je suis adorable, que je suis un chou, ce qui n’est pas pour me déplaire. Elle m’offre régulièrement des cadeaux, qui coûtent parfois une petite fortune. Elle veut à tout prix m’aider. Elle est à l’écoute de mes moindres problèmes. Elle évoque, sur un ton rêveur,  notre vie future, la maison, les enfants, tous les projets qu’on envisage de réaliser.

Je croule parfois sous ce bonheur. Elle est vraiment adorable mais je ne l’aime pas assez.

Et la trouve parfois ridicule. Et je m’en veux. Elle me donne envie de rire.

Elle est conventionnelle et tout a fait prévisible. Et j’ai peur que mon rire fou ne détruise tout.

J’ai peur que mes pensées parasitaires ne prennent le dessus et que je me mette a lui rire au visage. Je ne l’aime pas assez mais je veux l’épouser. Je sais qu’elle me rendra heureux.

Ce rire est loin d’être une rigolade, c’est un sérieux problème. D’autant qu’il est prévu qu’on se rencontre bientôt.

 

 

 

 

8

 

J’ai ri aux funérailles d’un proche aujourd’hui. Mais j’ai deux alibis. D’abord j’y suis allé alors que je ne voulais pas, ce qui est, dans une large mesure, tragi-comique. Ensuite les gens qui y étaient avaient une tête de mort. Ils avaient cet air constipé qu’on aime à se donner quand on veut paraître triste alors qu’on ne l’est pas. Je range ceux qui se rendent aux funérailles dans trois catégories. D’abord il y a les proches qui ont toutes les raisons d’y être, ils souffrent vraiment et ils ne jouent pas à paraître ( sauf peut-être pour le fils, le frère ou la sœur qui effectuent le jour même des calculs pour savoir quel part de l’héritage leur reviendra ). Ensuite il y a les proches qui ne sont pas si proches  et qui viennent surtout par devoir. Ils énoncent durant une bonne partie des funérailles des clichés sur la bonté du défunt avant de discuter de polémiques autrement plus graves, par exemple, la nouvelle alliance entre nos politiciens surdoués. Dans la troisième catégorie on retrouve les inconditionnels des funérailles, on ne sait pas exactement d’où ils viennent ni qui ils sont mais on les voit tout le temps. Et ils sont passés maîtres dans l’art du visage constipé. Ils vous offrent leur commisération alors que vous ne leur avez rien demandé. Ils ont toujours à la bouche des mots sirupeux à propos de la personne décédée et on les voit même pleurer parfois, mais de façon très pudique.

Figurez-vous que je suis tombé sur un de ces types. Je vois donc je ris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Umar Timol.

(à suivre)

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 11:14

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 10:58

L'EPREUVE,

lien :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://racontemoi.fr/textes/nouvelles/l%E2%80%99epreuve-nouvelle

 

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 10:50


Au jeu de dupes qu’est l’amour, tu vendrais ton âme pour un instant sublime ? Tes yeux embués ne verraient rien des récifs, ni du naufrage.

 

 

 


Mon pays ne sait plus où boire, assouvir sa soif, se réveille faim au ventre d’autres fenêtres, horizons, de vacances ne sait que faire, en territoire du manque.

 

 

 


L'essentiel ? Il est si loin et si proche ! Un doux vent dans les feuillages, un lit de feuilles sèches et la tête d'un enfant qui se pose au creux d'une épaule... Voix divines jaillies du plus profond pour faire concurrence aux orages. Une fois liquidé toute volonté de possession et de conservation, n'est plus alors qu'à vivre, libre de toutes attaches en quelque territoire que ce soit.

 

 

 


Vacillant sous les coups de boutoir du vent, nuées lourdes au loin, et par-delà le vol des canadairs, te voilà, l’esprit errant en pays de Sorgues, poème aux lèvres entre deux sommes.

 

 

 


Sur l'aile des notes, nous partirons, avec ce qui reste de bagages une fois la maison vidée. Sans attaches nous irons en des lieux plus solitaires où abreuver notre soif de vrai, dans la vigueur d'un torrent et la beauté des cimes. Plus près du ciel, le silence nous sera remède aux tourments que ce monde répand comme jamais.

 

 

 


Mes mots sont canots à la surface de sauvages pays, douce monture pour en parcourir plaines et vallons secrets, y chercher la source d’apaisement contre la morsure de tous les jougs.

 

 

 


Me reste à souquer ferme, pour aller contre le courant, qui serait de ne rien voir du tout, sinon, ce petit moi qui n’est que bouchon sur l’océan de la vie.

 

 

 


Bien sûr petites fumées d’amitié glissées entre les doigts des étoiles, dans ciel serein et place désertée. Mon pays s’étire en longues plaintes et me voilà rêveur.

 

 

 


Il faut tant monter pour atteindre les lieux d'où l'âme peut prendre son envol. J'en connais un ou deux, ainsi, qui ne me laissent jamais indifférent. Me voilà, moi, le mécréant total, en proie à cet allègement de l'être qui ne se produit que rarement. Voix ou pas, il est alors quelque force tellurique et universelle pour me remplir, faire le pas plus léger sur le chemin du retour. Ces lieux sont rares et secrets. On n'y vient qu'au bon moment, juste pour s'écouter respirer et regarder voyager ses pensées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Xavier Lainé.

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 10:16

 

 

      6

 

Evoquons maintenant le contexte. Je me propose d’identifier trois objets qui nous permettrons de mieux cerner ma personnalité.

D’abord mon miroir.

Je dois avouer que j’aime bien les miroirs. Je précise que je ne suis pas narcissique. Je m’observe en moyenne dans mon miroir préféré une vingtaine de fois pas jour. On peut considérer que c’est dans la moyenne mais je n’ai aucun moyen de le démontrer car aucune étude n’a été réalisée à ce propos. On sait que nos intellectuels ont d’autres préoccupations plus urgentes. Ils font, par exemple, des études approfondies pour expliciter le désintérêt de la populace a l’égard de la pravda (pour les plus jeunes d’entre nous l’organe de propagande de l’ex union soviétique) locale, pardon, la télé locale.

Fascinant n’est ce pas ?

Le miroir est un témoin de nos métamorphoses.

Je me mets, une fois de plus, à parler comme mon prof de français à l’université.  C’est un homme tout a fait aimable mais il a une particularité, il est un contorsionniste des mots. Ainsi il ne dit pas, cette jolie jeune femme mais cette créature épouse les contours du divin à l’aube des ombres.

Le miroir a été donc le témoin de mes nombreuses métamorphoses.

Qu’est-ce que le miroir a retenu ?

Est-ce que vous me permettez maintenant d’être lyrique ? Je vais passer de l’ironie (que je maitrise plutôt bien il faut le reconnaitre) au lyrisme (que j’apprends à maitriser).

Le miroir a retenu d’abord le visage d’un petit garçon d’une grande timidité, qui toujours se refugiait dans les jupes de sa maman et dans les jupes de la nuit (belle métaphore n’est-ce pas). Ce même garçon qui avait peur de tout et de rien (mais surtout de rien) et qui se réfugiait (utilisation du même mot, pas très lyrique !) dans sa chambre quand des proches venaient rendre visite a ses parents (il voulait surtout éviter l’exercice quasi-mystique du ‘pinçage’ des joues). Ce même garçon qui n’avait en tout  et pour tout qu’un seul ami, Sylvestre, qui, tout comme lui, était un aficionado des ordinateurs (quoique ce mot n’est pas tout a fait approprie pour définir cet appareil encore primitif, il fallait ainsi le brancher sur un radio cassette pour pouvoir télécharger des jeux vidéos). Ce même garçon qui était un peu rêveur, il avait la tête dans les nuages et dans l’espace, il aimait dormir pour pouvoir rêver, les rêves cohabitaient (ce phénomène ne concerne pas que les politiques, je parle de la cohabitation) avec un réel qu’il n’aimait franchement pas.

 

Ensuite examinons un deuxième objet, ma brosse a dents. On pourrait se demander ce qu’une brosse a dents vient faire dans cette histoire. Vous ignorez sans doute la métaphysique de la brosse à dents. Elle a en effet le pouvoir de déceler l’identité d’un être, il en est d’autres qui lisent l’écriture, les graphologues, il en est d’autres qui lisent le ciel, les astrologues, il en est qui lisent les brosses à dents. Et j’en suis. Que nous révèle donc ma brosse à dents rouge ? Elle nous révèle qu’à l’adolescence l’enfant rêveur cède la place à un être nouveau qui commence à comprendre les difficiles réalités de la vie (réussir à l’école, gérer son argent, penser à son avenir et draguer les filles). Que nous révèle la brosse à dents rouge ? Que l’adolescent prend désormais la vie au sérieux, un peu trop même et qu’il apprend a refouler son rire, certes il rit énormément mais il s’impose une discipline fondée sur le sérieux, de longues heures à apprendre et à étudier des manuels sur l’art de draguer les filles. Que nous révèle sa brosse à dents rouge ? Que le nouvel adolescent sera toujours un être de la nostalgie, qu’il voudra toujours renouer avec une enfance oubliée, qu’il voudra toujours rétablir le lien avec toutes les féeries de l’enfance (pas mal pour ce qui est du lyrisme pas vrai ?). Que nous révèle sa brosse à dents rouge ? Qu’il se brossait les dents régulièrement et qu’il a de belles dents bien blanches.

 

Je crois qu’il est important d’avertir la communauté philosophique mondiale car cette découverte est fondamentale et elle pourrait inciter Hegel à se retourner dans son tombeau.

 

 

Passons maintenant au troisième objet. Qui est une gomme. On peut considérer que cette gomme, que j’ai jalousement cachée dans un petit coffre fort, est un symbole. Elle symbolise, en effet, mes années d’études à Paris, ma détermination nouvelle à réussir et ma brillante réussite. J’ai envie parfois d’écrire une ode à la gomme ou plutôt une ode à la gomme qui m’a permis de réussir mais je ne maitrise pas tout a fait ce genre littéraire. On pourrait se demander comment et pourquoi est-ce qu’une misérable gomme, achetée dans une la boutik chinois (ah je me souviens toujours des heures glorieuses de la boutik chinois - en voie de disparition maintenant, remplaces par des mastodontes –on y trouvait de tout mais surtout le charme rustique d’un autre temps – mon Dieu quel lyrisme !), est parvenu ainsi a changer le cours de ma vie ? Franchement c’est un profond mystère et c’est un mystère qui ne sera pas résolu de sitôt. Tout ce que je sais c’est que cette gomme m’a permis d’avoir une bourse, de vivre durant quelques années en France, de faire tant de choses, tellement de choses que je n’ai pas le temps d’en parler maintenant. Tout ce qu’il faut donc retenir c’est que par un effet de métempsycose (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?) cette gomme a infusé dans mon âme et sous ma peau une énergie divine qui m’a permis d’atteindre de nouveaux sommets.

 

Voilà ou en nous sommes. Trois objets. Trois histoires qui nous permettent de déchiffrer mon âme fort  complexe.

 

Est-ce que ces objets parviennent pour autant à expliquer ma maladie ? J’en doute. Mais il était nécessaire d’en parler.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Umar Timol

(à suivre)

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 10:45


Dans la pénombre verte, aqueuse de l'été

aussi douce et fluide qu'un effleurement

le plafond semble traversé par de longs doigts,

par des moires ou des ondes aux mouvements herbeux

ou marins qui font frissonner sa pâle chair;

énigmatiques, en la fenêtre, les volets

encore clos attirent à eux le grand jour

et forment avec lui une stèle levée

qui entrelace dans son tamis délicat

les interstices d'éclat et les failles d'ombre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Patricia Laranco.

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 10:23


Dimanche Culture

sur Radio One

à 11h00

le 12/08/12

Au sommaire de cette 152 ème édition:

MONIQUE DINAN pour son ouvrage Marie Reine de la Paix…Protectrice de l’île Maurice. Une belle histoire pour raconter le dévoilement de cette statue sur le flanc de la Montagne des Signaux le 15 août 1940. Un livre richement documenté et abondamment illustré. Une référence.

PAUL OLSEN de Opéra Mauritius et VERONIQUE ZUEL-BUNGAROO pour La Traviata, l’opéra de Verdi qui sera présenté en septembre prochain. Une oeuvre intimiste, une étude de moeurs pour illustrer le triomphe de la morale bourgeoise. Pauvre Dame aux Camé́lias !

GERARD SULLIVAN fasciné par une mélodie. Il s’agit cette fois-ci de La mélodie du bonheur, l’oeuvre majeure de Rogers et Hammerstein devenue un succès planétaire par son adaptation a l’écran par Robert Wise. The sound of music sera présent́e au MGI en octobre prochain.

Et dans la rubrique Ceux qui partent….Carole Boulle prépare ses valises pour Paris.

Bonne écoute et bon dimanche !

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 10:18

 

 

      5

 

Je vous prie de me pardonner. Je vais devoir une fois de plus vous parler d’une crise de fou rire. Il est important, je le sais, d’évoquer le contexte afin de comprendre le pourquoi du comment. Autrement je ne pourrai jamais guérir.

Mais je vous le promets, ce sera la dernière fois.

Puis on essaiera ensemble, dans un grand élan de solidarité et peut-être même de fraternité cosmique de diagnostiquer les soubresauts de mon âme afin de m’aider.

J’avoue que je me sens mal. Parce que cette nouvelle crise de fou rire aura de fâcheuses conséquences.  Je m’explique. Je crois vous avoir parlé de mon patron. Je vous ai sans doute dit que c’est un minable. Je ne récuse pas cette définition. Et je me vois contraint de l’élaborer, on dira qu’il est aussi médiocre et méchant. Et forcément con.

Avant d’aller plus loin, il faut le situer. Imaginez que vous êtes dans un avion et que vous survolez notre île paradis. Vous découvrez de très beaux paysages, de belles plages mais aussi des points. Vous verrez un nombre considérable de points. Ce point est probablement une institution de l’état (j’y travaille, je suis haut fonctionnaire), ou une quelconque entreprise dont la fonction est de broyer l’individu. Au sein de ce point, évidemment minuscule, règne un con. Il a généralement un titre extraordinaire. Il se prend très au sérieux, il est un mégalomane en toutes circonstances et un manipulateur fieffé à ses heures perdues. Il a essentiellement deux objectifs, terroriser son personnel et réussir, devenir un grand point parmi tous les points. Il faut aussi comprendre que son cerveau est légèrement moins grand que le point.

Vous êtes toujours dans l’avion ?

Je vous prie de fermer vos yeux et de méditer un instant. Dans chaque point, il y a un point qui croit être le nombril du monde. Est-ce que vous voyez le gros minable, est-ce que vous voyez toute cette graisse qui s’est accumulée au fil des années dans son cerveau ? Est-ce qu’il ne vous donne pas envie de rire ?

Mon patron me donne, depuis toujours, envie de rire. Mais puisque que je suis un haut fonctionnaire et que je suis une personne respectable et que je viens d’acheter une voiture ‘duty free’ (merci l’état) j’enferme mon rire dans un bocal hermétique. A vrai dire ce n’est tant l’envie de rire qu’il suscite mais bien celui de commettre un meurtre. Je précise que je suis un pacifiste. Avant de travailler dans ce haut lieu de l’intelligence et des points, je n’avais jamais éprouvé la moindre envie de tuer qui que ce soit. Sauf des cancrelats mais cela peut se comprendre.

Donc Monsieur le point a donc trouvé le moyen de me convoquer pour parler d’un sérieux problème. En effet, on n’arrivait plus à retrouver un dossier. Et monsieur le point a insinué que c’est sans doute moi (je ne dis pas que c’est vous, je ne vous accuse pas mais tout porte à croire que c’est vous) qui l’ai égaré. Situation tout à fait normale car c’est ainsi que Monsieur le point procède,  il ment comme d’autres respirent, il travaille à saper, avec talent je précise, l’intégrité de ses employés. Monsieur le Point est un grand malade. Je lui ai expliqué le plus calmement du monde que je n’y suis pour rien, que j’ai mieux à faire et que son dossier est probablement dans le tiroir de la secrétaire. Alors que je lui parlais je sentis une grande vague de rire gonfler mes veines. Je n’en pouvais plus. Il était vraiment affreux. Je voyais un point qui dandinait sur d’autres points. Il était un point, un misérable point.  Je voulais rire. Je devais rire. Au bout d’une trentaine de secondes et trois centième j’éclatais effectivement de rire. Et quel rire. C’était vraiment délicieux. Le rire est une douce euphorie.

HAHAHAHAHOUHOUHOU

HAHAHIHIHIHAHAHAHAHIHHIHAHAHAHIHI

Mais je devais m’arrêter. On ne rit pas ainsi à la figure de son patron. Le pauvre ne plus savait quoi faire. Je faisais de mon mieux pour arrêter mais son visage stupide suscitait de nouvelles vagues, de plus en plus vives. Finalement il se mit à crier, arrêtez ou j’appelle la police.

Police !

Et ce mot a mis une fois de plus fin à cette symphonie. Je sortis ensuite sur la pointe des pieds, heureux mais inquiet.

Ce fou rire, comme vous pouvez le constatez est franchement dangereux. Je ne veux pas me retrouver sur le pavé.

Et il ne faut pas que je pense à la tête du point. Je ne dois pas penser à la tête du point. Je ne dois penser à la tête du point. Je doit penser à autre chose. Je dois penser a des choses sérieuses.

Je ne dois plus penser a la tête du point. Je ne dois plus penser à la tête du point.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Umar Timol

(à suivre)

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 11:28

 

Spéculer sur les extraterrestres …n’est-ce pas, pour l’Homme, somme toute, un moyen de s’évader, d’essayer, en un sens, d’échapper à ses propres problèmes qui sont légion et qui sont autrement plus embarrassants, plus urgents à résoudre que l’hypothétique question d’un contact avec quelques « aliens » ?

 

 

 

 

 


C’est le renouvellement des débuts qui nous console de la fin.

 

 

 

 

 


La pouvoir de l’art, c’est celui de déformer, de casser, de détourner le réel.

 

 

 

 

 


Le grand tort de la mort est de venir séparer les gens qui s’aiment.

Et le grand tort du Temps est de nous mener droit dans le mur de la mort.

 

 

 

 

 


Si riche qu’elle soit en faits et en situations insupportables et révoltantes, notre époque n’en a pas moins à son actif un phénomène formidable : le brassage généralisé des groupes ethniques et des cultures qui, dans les grandes aires de cosmopolitisme, fait enfin réaliser aux Hommes, en les forçant à se côtoyer, qu’ils partagent tous le même fonctionnement fondamental.

 

 

 

 

 


Les gens entretiennent souvent des « dialogues de sourds » qui les empêchent de parler le même langage.

C’est qu’il y a tellement de façons de voir les choses, de les faire parler !

 

 

 

 

 


J’ai souvent des doutes sérieux, persistants quant à l’idée de vérité.

Car, parfois, l’on peut dire à la fois tout et son contraire sans pour autant que ce soit vraiment incompatible.

Car on n’appréhende jamais qu’une –ou plusieurs- facettes de la Réalité dans son ensemble.

Même les systèmes mathématiques sont « ouverts » (théorème de Gödel) en une sorte de fractalité infinie qui détermine leur « incomplétude ». Ainsi, même la logique se heurte à l’ambigüité de l’Infini. L’Univers lui-même semble être un système fractal de poupées-gigognes infiniment complexe.

Comment un être partiel tel que l’Homme pourrait-il être en mesure d’appréhender le Tout ? Un Tout qui, de surcroît, transcende allègrement la somme de ses parties (loi de l’émergence) ?

 

 

 

 

 


De Gandhi, l’opinion publique mondiale (largement façonnée par l’Occident) veut garder une image « douceâtre », celle de l’être éthéré, du saint uniquement préoccupé de spiritualité.

Mais c’était aussi un penseur farouchement anticolonial qui prêchait le retour au rouet et à la vie authentiquement indienne et rejetait avec force le modèle de développement européen.

Être gandhien, c’est, certes, être non-violent mais c’est aussi être un farouche opposant à toute forme de colonialisme.

 

 

 

 

 


La première forme d’humour, la plus importante, devrait être l’autodérision.

 

 

 

 

 


Le grand talon d’Achille des dominants, c’est qu’ils s’enferment dans leur dominance, et s’y aliènent à tel point qu’ils finissent par perdre contact avec le réel qui les entoure. Ils perdent, ce faisant, la faculté salvatrice de se remettre en cause.

 

 

 

 

 


En France, la conception de la poésie est beaucoup trop intellectuelle.

 

 

 

 

 


Tout est partiel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


P. Laranco.

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 11:09

 

      4.

 

Mais avant d’aller plus loin il vous faut quelques éléments de contexte. Sinon vous risquez de ne rien y comprendre. Pas de texte sans contexte, comme le dirait l’autre. Je me propose donc de parler de ma vie, de vous expliquer les tours et détours de ma vie somme tout sobre mais qui est depuis peu du plus grand comique.

Avant de procéder je me dois, cependant, de vous donner un deuxième exemple.  C’est un fou rire qui est survenu très récemment et je me dois d’en parler.

Un fou rire qui m’a, a vrai dire, traumatisé.

Il y a quelques jours de cela j’étais à Port-Louis, je me rendais an travail et en route j’observais les visages des gens. J’avoue que j’aime bien décortiquer les visages. Ils nous permettent de mieux appréhender la complexité de l’humain. Merde, voilà que je me mets à parler comme mon enseignant de français à l’université. Cette exercice n’est pas encore un pêché et j’espère que la cour ne me condamnera pas. Je suis innocent monsieur. J’observe les gens mais à leur insu. Oui à leur insu. Je suis donc innocent.

Mon esprit est un véritable petit garnement. Il se met à penser des pensées sottes et je n’arrive pas à le contrôler.

Mais revenons à nos moutons.

J’observais donc ce matin-là les visages de quelques jeunes qui patientaient dans un bus. Et soudain une crise de fou rire rompit les amarres de ma raison. Je ne parle pas d’un rire frisquet, d’un rire timide, d’un rire sous cape, mais d’un rire grossier et gras, d’un rire comme un vent cyclonique, d’un rire qui tonne et détonne jusqu’aux confins de la terre. Je n’arrêtais pas de rire. Je ne pouvais plus m’arrêter. Des gens se sont attroupés autour de moi. Un policier est même intervenu. J’avais peur qu’il ne me casse la gueule et c’est cela, plus que tout, qui a mis fin à cette symphonie. Mais j’étais plus que confus. Je voulais me terrer sous terre, de préférence dans un bunker anti guerre nucléaire. D’autant plus que je décelais dans le regard des autres la réflexion suivante, pauvre fou ou pagla (qui a exactement le même sens mais qui est plus savoureux) ou sinon moins généreux, pauvre con.

Je crois avoir oublié l’essentiel.

Pourquoi ai-je donc ri ?

Pour une raison toute simple. Parce que les jeunes avaient l’air de vaches qui se rendent à l’abattoir. Visages bovins de ceux qui doivent travailler mais qui auraient préféré être ailleurs.

On peut, en effet, trouver cela du plus haut comique mais il faut éviter de se donner en spectacle.

Je tente tant bien que mal de me remettre de cette mauvaise expérience. Mais je suis franchement inquiet. Le rire n’est jamais très loin. Il risque à tout moment de me tomber dessus. Et comme je ne suis pas un super héros, je ne dispose pas d’une cape anti-rire pour me protéger.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Umar Timol.

(à suivre)

 

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