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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 10:43

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Photos : P. Laranco.

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 10:35

 

A vous les poètes, les écrivains, les artistes médaillés de la cour du Roi, spécialement à Francketienne et à Georges Castera.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Qui ne connait pas Francketienne, cet arbre géant dont les racines parcourent des milliers kilomètres carrés de la littérature haïtienne ? Qui ne connait pas ce Roi lion de la grande forêt amazonienne des mots ?

Et Georges Castera, qui peut prétendre ne pas connaitre ce génie de la langue créole qui laboure ses entrailles par son énergie poétique et la rend fertile par ses productions littéraires ? Ces deux écrivains militants ont une histoire commune : ils ont mené une lutte plus que littéraire qui consistait par un noble parti pris pour les démunis, pour les opprimés. Leurs œuvres littéraires telles que : Dezafi ( Francketienne) Wòdpote (Georges Castera) témoignent à haute voix leur position contre le régime de Duvalier qui tuait des gens comme des gibiers. Georges Castera, pas trop longtemps, lors du festival Etonnant voyageurs, a pu réaffirmer, le  premier jour de cet évènement, dans la soirée, au public gourmand de littérature, de culture… qu’il est toujours marxiste, communiste jusque dans l’âme. Francketienne, pour sa part, a pu braver l’hostilité, la cruauté, l’injustice dudit régime. Il refusait l’exil et se servait du théâtre, de la poésie, du roman… pour aller à l’assaut de ce régime sanguinaire. Ces écrivains méritent vraiment, sans contestation, comme tant d’autres d’ailleurs, qu’on les célèbre partout : dans les bibliothèques, dans les clubs culturels, dans les écoles et pourquoi pas sur les places publiques, dans les marchés !

Ils sont le fruit d’Haïti littéraire. Ce cercle de créations a engendré de grands intellectuels marqués par des productions littéraires tranchantes. Avec eux la littérature haïtienne vient de connaitre de véritables créateurs par excellence qui réveillent l’intérêt des grands spécialistes en littérature.

Qui ne connait pas non plus Jean Claude Duvalier ? Dois-je aussi parler de ce génie obscur ?

Parler de ce personnage sanguinaire qui est dans nos murs, juste après le tremblement de terre, et déambulant dans nos rues, comme si de rien n’était, dont la présence insulte la mémoire des femmes, des hommes, des enfants qu’il a tué ce serait envenimer cette plaie béante qu’il a laissé en moi : mes proches portés disparus, battus, humiliés, torturés, massacrés ! Ce personnage est un terrible tremblement de terre qui n’a épargné aucune famille haïtienne. Si l’une n’a pas eu un parent mort elle a eu un proche battu ou un ami porté disparu. Ce cyclone inhumain a démembré l’économie haïtienne et a laissé trainer, croupir tout un peuple dans la misère exécrable.

Encore une deuxième fois, si je chevauche ma plume ce n’est pas comme un chevalier de guerre, mais c’est juste comme un simple chevalier de mots contre maux, à charge de citoyenneté reconnaissant ses droits : droit de dire ses maux, droit de cracher sur la face de la bêtise humaine, droit d’être droit là où l’honnêteté n’est plus à la mode, là où l’exercice de celle-ci n’est qu’un signe de danger par celui qui la pratique. Ce monstre géant le voilà mêlé dans la politique du pays avec le sang de toute une population innocente sur sa main. Voilà que le petit prince, Nicolas Duvalier /Machiavel, fils d’un grand Roi tortionnaire se trouve conseiller au cabinet présidentiel de Sweet Mickey !

Qui ne connait pas cette vedette, ce Tontonmacoute tout en rose, ce président tête kaléequi, pour la moindre chose, met ses fesses en vedette ? Voilà le représentant de Roi Jean Claude Duvaliervenait de médailler les cavaliers des lettres de la littérature haïtienne le 7 juin 2012 ! Acte héroïque monsieur le Roi ! Vous êtes dans votre royaume, que vos sujets se courbent humblement devant vous !

Messieurs quel sens donnez vous à vos œuvres littéraires qui dénonçaient la monstruosité de ce bourreau s’il arrive, après 25 ans, à vous faire vous agenouiller, par votre propre volonté, à ses pieds ? Je ne vais pas vous vouvoyez mes écrivains. Je tutoie tous ceux que j’aime. Et en plus, je suis pour une littérature là où la fraternité entre créateurs règne. La notion de fraternité bannit le rapport de dominé et dominant. C’est la même vie poétique qui lie notre corde ombilicale. Georges Castera, toi qui avait témoigné, avec fierté, au public du Festival Etonnants Voyageurs comment tu contribuais au renversement du régime Duvaliériste comment te sens tu en face de ces victimes pour qui tu as lutté ? Avec quel cran regarderas-tu tes amies victimes qui t’ont vu courber pour prendre le prix du Baby Doc ? C’est vrai Georges tu es un génie de la langue créole, tes œuvres le témoignent plus fort que toi. Ce poids pèse vraiment lourd dans la littérature haïtienne.

En dépit de ta position clanique je n’ai jamais cessé de parler de toi à haute voix. Je t’ai toujours regardé avec révérence, avec fierté. Mais sache que tu viens de ravager les plaies des victimes ! Sache que tu viens de piétiner la mémoire des immolés, des innocents pour qui tu as combattu dignement !

Comment veux tu que cette folie d’amour que j’ai eu pour toi ne s’écroule pour le respect de la mémoire des immolés, pour le respect des victimes vivants ? C’est un acte de citoyenneté que je pose. Maintenant tout le monde peut le constater que Georges Castera, contrairement à ce qu’on a l’habitude de dire, est celui qui trahit sa poésie !

Francketienne, amour de mon cœur ! Mon Mapou de référence ! Jusqu'à présent je n’arrive pas à comprendre comment est ce que tu te fais abattre à ce niveau. Pourquoi as-tu signé ce pacte avec ce Diable contre qui tu t’acharnais ? Tu risquais ta vie sur ce régime obscur qui mangeait des personnes comme une machine infernale. Je me noyais dans mes larmes regardant à la télé le Dieu de Dezafi, de Pèlentèt, de H’eroschimère, de Oiseau schizophrène, de Ultravocal se prosterner devant Lucifer baisant ses pieds.

Pourquoi descends-tu du trône suprême de ta création pour aller fraterniser avec ces démons ? Par souci de louange, de gloire, de reconnaissance tu blasphèmes tes propres chefs-d’œuvre, tu massacres les victimes, les violés, les portés disparus de fort dimanche, de titre en rien, du cimetière de Port-au-Prince et tant d’autres lieux anonymes. Ta justification n’est ni plus ni moins qu’une malhonnête de grande renommée! Tu as dit lors de cet hors marge qu’on devrait valoriser les travaux des artistes, des écrivains etc… Francketienne, quelle reconnaissance pourrais tu espérer de la part de ce gouvernement dont la famille Duvalierienne est le conseiller ? Je vois ! L’hommage du bourreau à ses victimes, à ses aliénés, à ses avares de reconnaissance après les avoir battus, maltraités, humiliés pour qu’ils se consolent comme un bon enfant restavec ! Quelle sottise ! Quelle bêtise ! Quelle bévue !  Les défenseurs de la dignité sont devenus du jour au lendemain les défenseurs du bourreau pour une poignée dommage !

Franck, je t’aime ! Je parlais de toi, comme un amoureux dans des débats sur la littérature haïtienne aux étudiants dominicains, à mes amis à l’université de UTESA (Universidad tecnologica de Santiago), j’ai fait découvrir cet ogre de lettres que tu es dans le club de Clarc, dans la Petite école, dans Mediclub, à l’alliance française de Santiago de los Caballeros. Je parlais de toi à des amis écrivains dominicains. Aurai-je toujours ce premier amour ? Aurai-je toujours la même boulimie de te lire ? Pour le respect de la mémoire des morts et pour le respect des victimes vivants les livres qui sont nés de ces souffrances ne méritent ils pas d’être brulés, Franck ? Tu viens de changer ta plume-fusil de pôle et dès maintenant elle est pointée sur eux et contre eux.

Georges Castera, l’hommage qui t’a été rendu le vendredi 29 juin à l’école normale supérieure, hommage qui était digne tu le méritais bien et je félicite les étudiants pour cette initiative positive. Seuls eux, ont l’autorité de le faire-pas ces spécialistes en torture !-, tu m’avais traité de quelqu’un qui cherche de la visibilité. Ecoute ! Je suis un simple citoyen. Un poète à gage, payé par l’honnêteté, par l’amour, par le respect, par une littérature prônant l’égalité de la fraternité –que toi, tu qualifies de chercher de la visibilité– pour avilir, dénoncer, acculer le mal dans toute la diversité de son expression. Je tâche de rappeler à tous ceux qui auront lu ces lignes que devant toute une multitude composée de plusieurs nationalités, lors du festival Etonnants Voyageurs, au commencement du mois février, à l’institut Français d’Haïti que Georges Castera et Lyonel Trouillot déclaraient avec impertinence que les jeunes poètes qui publient de nos jours sont ceux dont ls travaux ont été supervisés par eux. En dehors de cette faveur, ceux qui ne les lisent, ceux qui n’ont reçu aucune bénédiction de leur part ceux là ne peuvent produire que de la merde ! Ceux qui veulent vérifier mes propos n’auront qu’à aller chercher dans les archives sonores de la Radio Magik9, qui a été témoin en la circonstance, et celles de l’institut Français d’Haïti. Claude C. Pierre,l’un des écrivains qui présentait le prélat de la littérature haïtienne, en l’occurrence Georges Castera, par son analyse sémiotique de l’oeuvre de ce dernier,  a écarté la logique du clan et l’analyse de Bonel Auguste aussi

Le pire encore, un étudiant conséquent en sociologie de la FASCH (Faculté des sciences humaines), Saintil Stephane, a posé à Georges Castera une question très pertinente qui stipulait ainsi : pourquoi, avez-vous accepté un tel hommage de la part du gouvernement quand vous savez pertinemment que le dictateur, contre qui tu luttais, est en Haïti et aucune mesure sérieuse n’a été prise du gouvernement Martelly (lequel avait publiquement dit que Duvalier est son idole) Georges Castera de répondre, comme s’il a été zombifié pour qu’il accepte ce trophée d’humiliation : Bon ! On m’a invité je suis allé et quand je suis arrivé je n’ai rien dit, contrairement à Franckétienne qui fit un discours brillamment éloquent, et l’on m’a médaillé, et j’ai dit merci tout court !’’ Alors tu as dit merci à Papi Duvalier en renonçant à la lutte noble que tu menais contre lui ! Je peux te comprendre Georges qu’en vieillissant cette sacrée érection littéraire, et résistance, que tu avais tu la perds, mais ce n’est pas une raison pour que tu laisses dévaloriser, détruire ce que tu as pris du temps pour construire : ta création littéraire, ta militance, ta résistance contre ce régime. C’est ta soif maladive, c’est ton envie pathologique de reconnaissance qui t’a trainé dans cette condition. Je dis merci à Anthony Phelps, l’auteur de ‘’Mon pays que voici’’, qui a décliné cet hommage-non pas pour lui, mais pour les opprimés du Tontonmacoute- que Duvalier soit jugé pour ses crimes contre la population haïtienne!

Vidanger mon cœur de toutes ces purges, de toutes ces matières voilà ce que Georges Castera qualifie de chercher de la visibilité. C’est pour ne pas être corrompu que je procède de la sorte.

Peut-être, les fanatiques de cet hommage qui auront lu ces lignes me traiteront d’insolent, d’arrogant, d’impertinent cela m’importera peu ! Seuls les sans humanités. Les aliénés. Les mémoires courtes se comporteront ainsi.

C’est une honte de haute portée à tous les autres écrivains ‘’j’approuve’’ qui ont accepté cet hommage, et à tous ceux qui ont participé en chair et en esprit à cet hommage. Vous êtes tous complices du crime contre l’humanité !

                                   Pour mettre un terme à mes propos,   Francketienne, Georges Castera c’est un élan d’amour qui m’anime  à vous écrire ainsi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Claude Sainnécharles,

poète,écrivain.                                                                                 schleidenhaiti@yahoo.fr

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:29

 

Viens toucher ma main qui sera froide pour toi

ma main ne brûle pas la peau des mains tendues

Je n'ai plus de jambes pour courir dans les champs

Le blé me manque et les ronces qui m’égratignent

Le sable qui se ploie et le sel qui me donne soif

L'eau fraîche me manque et les mots d'enfants

Raisonnent dans la cour de mon école oubliée.

 

 

 

 

 

 

 


Amina Mekahli.

in Le tableau déchiré

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:23


« SAISIR »

 

 

 

 

 


L’intrépide assaut de la langue

Sur les rives du verbe

Là coulant

À découvert

Là étrenne

Ses sons

Dans le sens exsangue

Des corps inexplorés

 

 


Plis des mots

Dans le courant

Oubliant l’oubli

Pour mille et mille

Renverses du pont aux rives

Où ils giclent sur les pierres-mémoire vive

 

 


Mais – la langue sera-t-elle

Véhiculée pierre par pierre ?

Sera-t-elle sable sans -

À chaque fois -

Viser les embouchements

D’eau prise dans le hasard

 

 


Tout souvenir y creuse

Et le vent pousse à

Leur macération

Comme

Il les porte hors

Des flux trop serrés

En les abandonnant à la diagonale

De l’instant qu’il relève

De la pesanteur

Vers

La beauté libre

D’un chant contant

Le royaume de l’oiseau

 

 


Traversant la colonne

D’un poème qu’il ensemence

De vertiges au précipice de la langue

L’écriture difficile du long désir

Revivifie le corps

Divisé – peau

Sur peau

Polissant ainsi

Les nécessités d’âme

Dans un « Encore »

À venir

 

 


Sang et poème revisités

Traversant tous les courants

Libèrent la grâce

De l’instant

Soufflé

Contre les brûlis

De la souffrance – malgré eux :

Traversant toutes les veines de l’espoir

À chaque lâché

Du verbe

Comme

Sonde

Pour

Monde

Dans toute langue

Dans tous ses rythmes –

Ses accents

Ses images

Jusqu’à la musique

Qui les accompagne

 

 

 

 

 

 

 


Alain Minod.

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 20:09

 

 

 

 

 

 

 

 

Le MERCREDI 25 JUILLET 2012

 

 

 

 

à 18h

 

 

 

 

à l'INSTITUT FRANCAIS DE MAURICE

30 avenue Julius Nyéréré

Rose-Hill

(Tel. 230 467 42 22 ; mail www.ifmaurice.org )

 

 

 

 

 

 

 

aura lieu le LANCEMENT de L'OUVRAGE COLLECTIF

 

 

 

 

JE SUIS UN VIEUX PEAU-ROUGE QUI NE MARCHERA JAMAIS DANS UNE FILE INDIENNE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

en présence de : Barlen PYAMOOTOO, Sonna BARRY-GASPERMENT et Chloé GUILLEMIN, Aqil GOPEE, Shafeyi  KHODABOCUS, Marjorie MEETOO, Jacqueline PILOT et Poonam SEETOHUL

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 12:53

 

INJONCTION.

 

 

Hurles tes manques d’enfant incomplet à la voûte du ciel

Laisse le vent s’engouffrer dans ton corps et dans sa transparence

Fais-toi petit aussi épais qu’un bout de papier maïs

Fais-toi plumeux, léger, nomade jusqu’à traverser les murs

Que brillent en toi toutes les pépites étoilées de l’Univers

dans l’envergure enflée, étendue à tout de l’hyper conscience

deviens rien, juste un granule aérien de vide blanc

qui se dilate soudain aux dimensions de l’immensité

perds

tes frontières

et voyage

sans avoir à bouger d’un pouce !

 

 

 

Patricia Laranco.

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 12:31

... d’antan

Ce fut un temps, ce fut une âme

où je priais la Grande Dame

les sons des cloches m’étaient des rames

 

le bateau ivre bat son plein

dans les yeux - un vent enclin

à l’oubli, et puis rien...

 

j’étais jongleur, pillard, brigand

mais qui ramasse main tenant

les fruits de mes jardins de vent

 

Ce fut un temps...

 

 

Dana Shishmanian.

 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 12:18

Aimer une certaine solitude, même entourée de personnes, nous permet, je pense, d’être bien avec soi-même, car inévitablement, l’Homme est seul.

 

 

 

En Martinique plus qu’ailleurs, la littérature, la peinture, la musique constituent un accès privilégié pour pénétrer le cœur des Hommes, approcher une culture riche et singulière, comprendre une Histoire douloureuse et toucher du doigt une réalité impalpable : celle de l’imaginaire d’un peuple tout entier qui vibre au rythme d’influences multiples.

 

 

 

La poésie rend « vivant » ce Monde tumultueux !

 

 

 

Nadine Albicy.

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 11:50

Sur le plan mental et spirituel

 

 

 

 

Qu’elle soit réelle

 

Imaginaire ou virtuelle

 

La rencontre reste une aubaine universelle.

 

 

 

 

 

Hugues Cote

Le 21/07/2012.

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 13:59

 

Ce roman pourrait être qualifié de « roman initiatique ». Il conte l’évolution, la véritable métamorphose d’un jeune « bourgeois » appartenant au milieu des métis de type européen (et de culture française) de l’Île Maurice (le même milieu que décrit Marie-Thérèse HUMBERT dans son fameux roman « A l’autre bout de moi »).

Au départ voué à une carrière on ne peut plus balisée – toute tracée vue son appartenance à la « population générale de « l’île arc-en-ciel »- de jeune cadre dynamique dans le secteur privé mauricien, Ernest, l’ambitieux aux dents longues volontiers imbu du privilège que constitue sa couleur de peau et marqué par l’idéal conquérant, ultra-affairiste qui est devenu celui de ce pays, désormais baptisé « le Dragon de l’Océan Indien », va peu à peu, au fil de ses déconvenues sentimentale et de ses diverses mésaventures, revenir, en quelque sorte, à ses penchants créoles « ataviques » de rêverie, de sentimentalisme à fleur de peau, de fascination pour le personnage du bourlingueur (sans doute hérité de ses ancêtre marins bretons et normands) et, en définitive, de douce « bohème » qui, en l’éloignant du cocon cloisonné et bien protégé de son milieu familial et social, le fixeront « dans la brousse », parmi les plus humbles, les déshérités, les exclus.

Doux défi lancé aux préjugés et aux conformismes étouffants de la société mauricienne ? Part d’auto-biographie ? Je pense que ce récit peut être, en effet, interprété comme tel. Il est de part en part traversé par le désir de se trouver propre à la jeunesse, et par le « désir d’évasion » qui ne peut que posséder tout esprit libre dans un contexte aussi étriqué et, de temps à autre, aussi générateur de tensions sociales que celui de Maurice, dont, au passage, l’ouvrage nous livre une fine et excellente observation.

Ce que ce premier roman nous dépeint, c’est la naissance d’une vocation littéraire, l’émergence d’un écrivain. Pour Sylvestre LE BON, l’écriture a toujours part avec la marginalité, et ce n’est pas pour rien que le héros prend Rimbaud pour référence.

Le style du livre est, quant à lui, assez particulier : très imagé, parfois, on le sent, très influencé par l’écriture poétique et par l’esprit contemplatif (son auteur est aussi poète, et poète lyrique de talent), parfois marqué au sceau d’une certaine préciosité un peu désuète, c’est sans conteste, un style qui laisse deviner un premier roman. De magnifiques passages y côtoient des moments plus confus où les phrases se font moins fluides, plus « chargées ».

Mais, d’un bout à l’autre, ce livre est plein du charme, de la magie qu’infuse l’ancienne « Isle de France » (notamment, celle de la localité de Beau Bassin, dont l’atmosphère fascine l’auteur), cette terre fertile s’il en est, par tradition, en gens de plume. Une île loin de toute image d’Epinal, toute en contrastes et en recoins secrets qu’effleure avec délectation le livre : puritaine et sensuelle, « brite brite » et sentimentale, conformiste, petite-bourgeoise et « fofolle » ; irritante et…si attachante !

 

 

PL.

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