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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 11:12

La critique du roman d'Amal SEWTOHUL

MADE IN MAURITIUS

par Dominique RANAIVOSON

 

 

 

 

 

 

http://www.africultures.com/ php/ index.php?nav=article&no=10732

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:52

Le vendredi 25 mai

 

 

à 20h

 

 

à la

COMPAGNIE RESONANCE

8 rue Camille Flammarion

75018 Paris

 

 

POETES EN RESONANCE

 

vous convie à une

LECTURE

 

des poèmes de et par

Eric SARNER

Claudine BOHI

Lydia PADELLEC

 

 

 

accompagnés par

Hélène AMTZEN,

musicienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entrée libre, accueil prévu pour les enfants.

 

 

La soirée se poursuivra autour d’une collation festive.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 11:41

Le silence des objets fait masse.

Lorsqu’on les regarde attentivement, l’on est frappé par sa pesanteur, sa capacité d’appesantir.

Il fait, par exemple, de ce poste de télévision un sphinx. Il l’épaissit, l’impose et, pour un peu, le rendrait omniprésent.

Le silence fortifie encore les contours-frontières de la matière.

Il a une façon de la tasser, d’en resserrer les mailles qui en approfondit le sens.

Le silence intensifie, démultiplie la présence des choses.

A force d’être là, il les densifie en des blocs de présence, en des cristallisations d’être qui finissent par acquérir la dureté du diamant brut.

A force de peser, il en arrive à s’effondrer sur lui-même et à se muer en un horizon qui ne se laisse pas dépasser.

Il s’est fait, sans le savoir, justification absolue ; sens immanent qui ne trouve sa racine, son socle, sa légitimité qu’en lui-même.

Et si le silence était la force, la glu qui resserre l’union des atomes ?

Et s’il était le liant organisateur, fusionnel de ce qui est, de tout ce qui s’organise, se soude dans l’être ?

Et si, loin d’être l’émanation des objets, il en était plutôt le grand principe originel ?

 

 

Patricia Laranco.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 11:38


LE MONSTRE

(extrait).

 

 

 


Quand il entend les rumeurs de la lumière, quand il entend l’explosion, il sait qu’il doit s’en aller, rien ne peut, rien ne doit l’arrêter, il sait qu’il doit partir, courir, il sait qu’il doit s’inscrire dans la vitesse, une vitesse absolue, il ne doit se rappeler de rien, il doit oblitérer son passé, détruire ses projets, il ne doit rester rien, il doit courir, il doit courir, plus rien ne l’arrêtera désormais, il entend l’appel de la lumière, il sait que la lumière est là-bas, loin là-bas, il sait que la lumière l’attend, qu’elle n’attend que lui et c’est pour cette raison qu’il se met à courir, il n’a jamais couru aussi vite, au fond il n’est plus un corps, il n’est plus un esprit, il n’est plus un être humain, il n’est plus un monstre, il n’est plus qu’une volonté, celle d’atteindre la lumière, il sait que la lumière l’attend, il ne sait pas d’où il vient, si elle est lumière d’une nouvelle apocalypse ou si elle est lumière d’une nouvelle ère, il ne sait pas mais peu importe, tout ce qu’il sait c’est que la lumière l’attend, il en est certain, la lumière ne ment jamais, alors il se met à courir, il enjambe les rivières, s’enfonce dans les lianes, saccage les forets, rien ne peut l’arrêter, rien ne doit l’arrêter, il court vite, de plus en plus vite, en lu défilent des images, sans doute les yeux de sa femme et de ses enfants, sans doute les yeux de ceux qui sont morts, sans les vestiges de la beauté défunte mais peu importe il n’est ni un être humain, ni un monstre, il n’est plus qu’une volonté, une volonté qui se destine à rencontrer la lumière, il sait que la lumière l’attend et quand il l’aperçoit à l’horizon, il pousse des hululements de joie, il a envie de crier fort, plus fort, cette lumière est splendeur, elle ne se contente de fracturer le ciel, elle est le ciel, elle invente et parachève le ciel, elle est partout, elle s’élance, envahit ses moindres recoins, toutes ses stigmates, il est à bout de souffle mais il doit courir, il court, toujours plus vite, il ne doit pas s’arrêter, il n’a jamais vu ça, cette lumière, elle est féroce, emplie de violence et emplie de fragilité et elle s’avance, bientôt, il ne restera plus qu’elle, le monde cessera d’être, les éclosions de sang, les velléités des ombres, l’armature des cadavres, tout ce qui a été dit, fait, depuis l’aube des temps disparaîtront, tout disparaîtra, il ne restera plus rien, il le sait et il court, il court ce plus en plus vite, la lumière l’attend, elle est là-bas, drapée dans toutes les voiles de sa splendeur, il a besoin de cette lumière, il n’est ni homme, ni monstre, il n’est plus que cette volonté qui poursuit la lumière, il doit s’accoupler avec cette lumière, il le sait, il ne peut faire autrement et quand il s’en rapproche il lui pousse des ailes, il se sent si fort, si puissant, il se met à voler, il vole de plus en plus haut, la lumière est désormais à  proximité et cette lumière se met à calciner sa peau mais il ne souffre pas, il ne peut pas souffrir, pas maintenant car il sera bientôt dans la lumière, il voit un instant, là-bas, la petite créature, elle est venue, elle le regarde s’envoler, elle a un sourire aux lèvres et elle lui dit de s’en aller, va t’en, va t’en, vole et il sait qu’il ne doit pas s’arrêter, il ne peut pas s’arrêter et il sent que la lumière pénètre son corps, ses veines, ses artères, la lumière est en lui, la lumière pulse en lui, il dans un lieu de l’au-delà, au-delà de toute beauté, de tout langage, de tout désir, de toute haine, il y est ancrée et la lumière se met petit à petit à fragmenter son corps, la lumière traverse  son corps, la lumière est en lui, la lumière coupe son corps, la lumière disperse tout ce qu’il y a en lui, il est désormais dans la lumière, il est lumière et son corps se disperse, ses atomes se dispersent, il est lumière, il est lumière, lumière de l’apocalypse ou lumière de la renaissance, nul ne le sait mais il est lumière, lumière.

 

Umar Timol.

 

 

 

 

 

 

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 11:20

 

 

 

 

esclavageetreparationsBonjour

   Je me permets de vous rappeler le débat qu'organise le CRAN sur les
réparations liées à l'esclavage, le mercredi 23 mai, à 18h30, à la
Grande Halle de la Villette.

    Sujet tabou, rencontre internationale, avec des représentants
officiels de l'ONU, de l'UNESCO, de l'Union africaine, avec Edgar
Morin, philosophe, médaille d'or de l'UNESCO, en invité d'honneur :
bref, une rencontre à ne pas manquer !

    Ci-dessous le dossier de presse de l'événement, avec une présentation
des enjeux, une petite chronologie, un argumentaire, une bibliographie,
pour aller plus loin.

   N'hésitez pas à venir, et à faire venir !

   Amitiés

   Louis-Georges Tin
   Président du CRAN
    06 19 45 45 52

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 « Esclavage & Réparations »


Conseil Représentatif des Associations Noires

 

en partenariat avec 

 

La Villette-Libération-Tropiques FM

23 mai 2012 -  La Villette, 18h30-22h30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Esclavage et réparations, un sujet tabou...

 

            La question des réparations liées à l’esclavage demeure un sujet tabou.

 

            En Outre-mer et dans la société française dans son ensemble, les questions liées à l'esclavage sont encore source de colères tues, de ressentiments (mal) contenus. La traite négrière est l'un des phénomènes qui ont le plus bouleversé l'humanité (conséquences démographiques, politiques,  économiques, sociales, culturelles sur trois continents au moins). Elle a eu des conséquences lourdes et durables.

 

            La question des réparations ne date pas d'hier. Ainsi, beaucoup de gens l'ignorent, mais au lendemain de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848, des réparations ont été demandées, et octroyées… aux colons. Victor Schoelcher plaida pour que les esclaves reçoivent aussi des réparations. En vain.

 

            Beaucoup ignorent aussi que, pour conserver sa liberté, et ne pas sombrer à nouveau dans l'esclavage, Haïti a dû payer à la France, de 1825 à 1946, un tribut dont le montant est aujourd'hui estimé à plus de 21 milliards de dollars. Les Haïtiens n'ont jamais cessé de demander restitution de cette somme considérable.

 

            Aux Etats-Unis, depuis le XIXe siècle, de nombreuses lois en faveur des réparations ont été proposées, sans succès. Au XXe siècle, cette revendication a sans cesse été portée par le mouvement des droits civiques, et par Martin Luther King, par exemple. Depuis quelques années, plusieurs dispositions ont été prises en ce sens, au niveau local, dans plusieurs villes des Etats-Unis.

               Depuis plus de 10 ans, la question des réparations a été au cœur du débat public au niveau international. Elle est débattue aux Etats-Unis, au Brésil, aux Antilles, à l'Union africaine, à l'UNESCO, à l'ONU.

                 En France, cette question était, on ne ne le dit pas assez, l’un des enjeux majeurs de la loi Taubira du 10 mai 2001 qui prévoyait, dans sa version originale, des mécanismes de réparation. On l'oublie aussi, mais elle était aussi l'enjeu majeur de la loi du 23 février 2005 sur « le rôle positif » de la Colonisation, qui octroyait de fait des réparations aux anciens colons en Afrique du Nord.

            A l'occasion du 23 mai 2012, journée consacrée à la mémoire des victimes de l'esclavage, le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) a décidé de porter cette question dans le débat public afin que puisse enfin s’engager un processus de réconciliation nationale.

 

            Ainsi, un débat public international est organisé par le CRAN, en partenariat avec Libération, La Villette et Tropiques FM sur le thème des réparations de l’esclavage. Il se tiendra à La grande Halle de la Villette, le 23 mai, de 18h30 à 22h30.

 

            Louis-Georges TIN

            Président du CRAN

 

Esclavages et Réparations

Le Programme

 

            Accueil par Jacques Martial, président de l’Etablissement public du Parc et de la grande halle de la Villette, et Louis-Georges Tin, président du CRAN

 

Intervention d'Edgar Morin, philosophe, médaille d'or de l'UNESCO

 

***

 

            Table ronde 1 : la question des réparations sur la scène internationale

 

-Ali Moussa Iyé, Chef de la section Histoire et Mémoire pour le Dialogue et coordonateur du projet La Route de l'esclave de l'UNESCO

-Doudou Diène, ancien rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie, fondateur du projet La Route de l'esclave de l'UNESCO

-Mireille Mendès-France Fanon, experte auprès des Nations Unies, membre du groupe de travail sur les Afro-descendants

-Blaise Tchikaya, président de la Commission de l'Union africaine pour le droit international

-François Durpaire, historien

-Maryse Saint-Pierre Cyprien, deuxième secrétaire de l'ambassade d'Haïti

-Nora Wittman, juriste, experte auprès du MIR (Mouvement International pour les Réparations)

 

            Table ronde 2 : la question des réparations dans l'espace national français

 

-Louis-Georges Tin, président du CRAN

-Jacques Martial, président de l'Etablissement public du parc et de la grande halle de la Villette

-Françoise Vergès, présidente du Comité pour la Mémoire et l'Histoire de l'Esclavage

-Claudy Siar, délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-Mer

-Myriam Cottias, historienne, directrice de recherches au CNRS, directrice du CIRESC (Centreinternational de recherches sur les esclavages, acteurs, systèmes, représentations)

-José Pentoscrope, président du Cifordom

 

 

 

            Les Réparations dans l'histoire 

            Petite chronologie

 

            La question des réparations liées à l'esclavage s'inscrit dans une histoire plus vaste, la longue histoire des réparations consécutives à des violences de masse, ayant ciblé des groupes, ou des populations entières.

 

-1825 : Pour « réparer » le préjudice subi par les anciens colons du fait de l'abolition de l'esclavage, la France impose à Haïti un tribut de 150 millions de francs-or, une somme qui fut versée régulièrement jusqu'en 1946. Depuis lors, cette somme, aujourd'hui estimée à l'équivalent de 21 milliards de dollars, n'a cessé d'être réclamée par les Haïtiens.

 

-1849 : Un an après l'abolition de l'esclavage dans les colonies française, une loi fixe le montant des indemnités versées aux anciens propriétaires d'esclaves : 12 millions de francs-or. Schoelcher propose que l'on indemnise aussi les esclaves ; la proposition est rejetée.

 

-1865 : Politique dite du « 40 acres and a mule », octroyant aux anciens esclaves aux Etats-Unis des terres arables (40 acres = 16 hectares) et des animaux. Politique sociale de redistribution et de réparation, elle fut rapidement suspendue après l'assassinat de Lincoln.

 

-1890 : William Connell propose aux Etats-Unis une loi instituant une retraite pour les anciens esclaves, en guise de réparation. Elle est refusée.

 

-1915 : Porté par le mouvement pour les réparations, Cornelius Jones, ancien esclave, fait un procès au gouvernement américain, qui a perçu des taxes sur le travail forcé des esclaves dans les champs de coton, et qui a donc bénéficié de l'esclavage. Il est débouté de sa plainte.

 

-1919 : Traité de Versailles instituant le versement de réparations par l’Allemagne, qui doit 132 milliards de marks, un montant plus tard revu à la baisse.

 

-1951 : Traité de San-Francisco, par lequel le Japon s'engage à verser des réparations aux pays alliés et aux pays victimes de l’expansionnisme japonais.

 

-1952 : Accord de Luxembourg, par lequel l’Allemagne accepte de verser des « réparations » aux survivants juifs de la Déportation installés en Israël.

 

-1963 : Dans son livre, Why we can't wait, Martin Luther King prend position en faveur de réparations : « aucune somme d'or ne pourrait réparer l'exploitation et l'humiliation des noirs américains tout au long des siècles. Cependant, on pourrait évaluer le prix des salaires non-payés » pendant toutes ces années d'esclavage et réparer en conséquence.

 

-1971 : les Etats-Unis allouent aux populations natives d'Alaska 1 millard de dollars et 44 millions d'acres de terres. Dans les années qui suivent, d'autres réparations sont allouées aux Klamaths (Oregon), aux Sioux (Dakota du Sud), aux Seminoles (Floride), aux Chippewas (Wisconsin), aux Ottawas (Michigan), etc.

 

-1988 : Civil Liberties Act instituant des réparations pour les japonais-américains internés dans des camps, aux Etats-Unis, pendant la Seconde Guerre Mondiale. 20 000 dollars sont octroyés à chaque personne concernée.

 

-1989 : Le député John Conyers, initiateur de la loi instituant le Martin Luther King Day, présente un texte au Congrès, sur les réparations liées à l'esclavage. La proposition de loi est présenté plusieurs fois, sans succès.

 

-1990 : Chili, mise en place d'une commission d'enquête sur les crimes de la dictature d'Augusto Pinochet, aboutissant à la Corporation Nationale pour les Réparations et la Réconciliation (programmes sociaux pour les victimes, retraites, accès privilégiés à l'éducation et à la santé, etc.)

-1994 : Conçu par Doudou Diène, le programme « La Route de l'esclave » est lancé par l'UNESCO.

 

-1997 : Le président Clinton présente des excuses aux survivants des familles noires utilisées comme cobayes par les services de santé dans les années 1930, et leur alloue 10 millions de dollars en guise de réparation.

 

-1999 : Le roi Mohammed VI crée au Maroc une commission indépendante, chargée d'indemniser les victimes dont les droits humains ont été massivement violés pendant « les années de plomb ».

 

-2000 : Mise en place d’un système d’indemnisation des victimes du travail forcé nazi vivant en Israël.

 

-2001 : Vote de la loi Taubira en France, reconnaissant l'esclavage comme crime contre l'humanité. Mais l'article 5 concernant les réparations est écarté en commission des lois.

 

-2001 : Pendant la Conférence de Durban, conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les diverses formes d'intolérance, certains Etats et certaines ONG demandent que l'esclavage soit reconnu comme crime contre l'humanité, et que des réparations soient envisagées. La première demande est acceptée, la seconde est refusée, ces deux sujets constituant un des enjeux-clés de la conférence de Durban.

 

-2002 : Un sondage conduit aux Etats-Unis montre que 67% des Africains-Américains sont favorables à des réparations financières, tandis que 4% seulement des Américains blancs y sont favorables.

 

-2002 : Après la guerre du Golfe, l'Irak verse des réparations au Koweït.

 

-2003 : Chicago fait voter une loi obligeant les entreprises travaillant avec la ville de révéler si elles ont tiré profit de l'esclavage par le passé, et de révéler le nom des esclaves et des propriétaires d'esclaves concernés. Des lois semblables sont ensuite votées à Los Angeles, à Cleveland, à Atlanta, à Baltimore, à Dallas, à Philadelphie, à Detroit, à New York, etc. Wachovia Bank, JP Morgan Chase & Co, Lehman Brothers reconnaissent avoir tiré bénéfice de l'esclavage, présentent des excuses, et commencent à mettre en place des programmes sociaux en guise de réparations.

 

-2005 : Vote de la loi du 23 février sur le « rôle positif de la présence française outre-mer », qui prévoit également des réparations pour les anciens colons en Afrique du Nord (pieds noirs, rapatriés, harkis, etc.)

 

-2005 : Plusieurs associations, dont le MIR (le Mouvement International pour les Réparations) assignent l'Etat français devant le tribunal de Fort-de-France, en raison de sa contribution à la traite négrière.

 

-2006 : La première conférence internationale sur les réparations liées à l'esclavage se tient au Ghana.

 

-2006 : Canada – Pendant plus de 100 ans, des enfants amérindiens ont été arrachés à leurs familles, et placés dans des institutions religieuses. Le gouvernement canadien établit la Royal Commission on Aboriginal Peoples (RCAP), et en 2006, le gouvernement alloue 2 milliards de dollars en guise de réparations.

 

-2010 : L'Allemagne achève de payer les dettes relatives à la Première Guerre Mondiale.

 

-2010 : Débat au Parlement arménien sur la question des réparations liées au génocide.

 

 

 

 

 

Les Réparations liées à l'esclavage :

Argumentaire

 

            1/ Les réparations, de quoi s'agit-il exactement ?

            Les réparations constituent l'ensemble des dispositifs légaux, moraux, matériels, culturels ou symboliques mis en place pour indemniser de manière individuelle ou collective un groupe social ayant subi des dommages de grande envergure.

 

            2/ Pourquoi cette préoccupation nouvelle ?

            La question des réparations n'est pas nouvelle. Elle s'est posée dans de nombreux pays : en Afrique du Sud, en Allemagne, en Argentine, au Brézil, en Bulgarie, au Cambodge, au Chili, en Colombie, au Congo, aux Etats-Unis, en Finlande, au Ghana, au Guatemala, en Haïti, en Iraq, en Israël, en Italie, au Japon, au Kenya, au Liberia, en Lybie, au Malawi, au Maroc, au Salvador, au Timor oriental, etc. Selon les cas, il s'agissait de réparations liées à des génocides, à des crimes contre l'humanité, à des crimes de guerre, à la Colonisation, à l'esclavage, etc. Par ailleurs, la question des réparations liées à l'esclavage est actuellement en débat à l'ONU, à l'UNESCO, à l'Union Africaine, aux Etats-Unis, etc. Les réparations obéissent tout simplement à une exigence de justice.

 

            3/ La question des réparations n'est-elle pas étrangère à l'histoire de la France ?

            Non. Après la Première Guerre Mondiale, la France a exigé et obtenu de la l'Allemagne des réparations, que celle-ci a payées jusqu'au 3 octobre 2010.

            Autre exemple : en 1849, après l'abolition de l'esclavage, des réparations ont été votées dans les colonies. Mais elles ont été attribuées aux propriétaires d'esclaves. La demande de Victor Schoelcher, qui plaidait pour que les esclaves aussi reçoivent des réparations, a été écartée.

            La question des réparations figurait dans la loi du 10 mai 2001, dite loi Taubira, qui prévoyait un article 5, libellé comme suit : « Il est instauré un comité de personnalités qualifiées chargées de déterminer le préjudice subi et d'examiner les conditions de réparation due au titre de ce crime. Les compétences et les missions de ce comité seront fixées par décret du Conseil d'Etat. » Mais l'article a été abrogé en commission des lois.

            La question des réparations figurait également dans la loi du 23 février 2005 qui, outre « le rôle positif de la présence française outre-mer », affirmait la nécessité de réparations, qui ont été votées et mises en œuvre non pas pour les victimes de la colonisation en Afrique du Nord, mais pour ceux qui l'avaient mise en place (pieds noirs, rapatriés, harkis, etc).

 

            4/ C'est de l'histoire ancienne, il y a prescription !

            L'esclavage est défini par la loi du 10 mai 2001 comme un crime contre l'humanité. Par conséquent, il est par définition imprescriptible. Par ailleurs, la revendication concernant les réparations remonte à l'abolition de l'esclavage elle-même, et n'a cessé d'être portée depuis le XIXe siècle, même si elle a été peu entendue par les colonisateurs, évidemment. Victor Schoelcher lui-même a plaidé, en vain, pour que les esclaves obtiennent des réparations. Aux Etats-Unis, depuis 1865, les militants pour les droits civiques n'ont jamais cessé de réclamer des réparations. C'est une autre raison empêchant d'invoquer la prescription, la demande ayant été formulée dès l'abolition. En outre, de nombreuses questions liées à l'esclavage se sont poursuivies bien au-delà de l'abolition : ainsi, en 1825, pour conserver sa liberté, et ne pas sombrer à nouveau dans l'esclavage, Haïti a dû payer à la France, sous la contrainte, un tribut dont le montant  est aujourd'hui estimé à plus de 21 milliards de dollars, et cela jusqu'en 1946, ce qui n'est pas si vieux. Enfin, l'esclavage a laissé des conséquences lourdes et durables, visibles encore aujourd'hui, dans la plupart des régions où il a été mis en œuvre.

 

            5/ Les coupables sont morts depuis longtemps !

            Oui, mais les profits réalisés grâce à la traite négrière sont toujours là, dans certaines entreprises, par exemple, qui ont participé au commerce triangulaire, et qui existent encore aujourd'hui. Et les dommages sont toujours visibles, également. Par conséquent, la question de la justice demeure d'actualité.

 

            6/ A quoi bon la repentance ?

            En effet, elle ne sert pas à grand chose. Mais il n'est pas question de repentance, ce que personne ne demande, mais bien plutôt de réparations, ce qui est bien différent.

 

            7/ Jusqu'où ira-t-on ?

            Ce n'est pas au CRAN de fixer des limites. Mais lorsque les victimes ou leurs descendants constituent une population identifiable, lorsque le crime a été reconnu, lorsque les profits et les dommages peuvent être évalués, il est difficile de refuser le débat, un débat qui se pose dans le monde entier, qui plus est.

 

            8/ Cela ne risque-t-il pas d'accroître le racisme et les tensions à l'intérieur de la nation ?

            A bien des égards, c'est l'inverse. Les questions liées à l'esclavage sont encore source de colères tues, de ressentiments (mal) contenus, et pas seulement dans les départements d'Outremer, car il y a eu des réparations, mais pour les propriétaires d'esclaves. Plus de 160 ans après l'abolition de l'esclavage, dans certains départements d'Outremer, le contexte est toujours très tendu, toujours au bord de l'explosion. Le sentiment d'injustice est très partagé, la domination coloniale, la domination raciale et la domination économique conjugant leurs effets délétères. Il est temps de mettre les choses à plat, et de crever l'abcès.  Le tabou est la pire des choses. Garder le silence ne sert à rien. Il faut donc ouvrir le débat de manière franche et sereine.

 

            9/ Cela va coûter trop cher !

            Le coût des réparations peut sembler élevé : il sera toujours inférieur aux dommages véritables, car de nombreux dommages ne peuvent pas être réparées, et notamment les vies humaines, qui n'ont évidemment pas de prix.

           

            10/ L'esclavage n'est-il pas irréparable ?

            Les tortures infligées, les vies humaines sacrifiées, les cultures anéanties, tout cela est irréparable. Mais bien d'autres choses peuvent faire l'objet de réparations. Par exemple, le tribut que la France a imposé à Haïti jusqu'en 1946 ne peut-il être réparé ? Ne pourrait-on, par conséquent, annuler la dette d'Haïti ? Ce ne serait qu'un jeu d'écriture, il ne faudrait qu'un trait de plume. Autre exemple : certaines entreprises qui ont prospéré grâce à la traite négrière, et qui existent encore aujourd'hui, ne pourraient-elles participer chaque année, sur la base d'un pourcentage de leurs bénéfices, à des projets destinés à célébrer la mémoire de l'esclavage, du marronage, de l'abolition, etc. ?

 

            11/ Concrètement, comment peut-on réparer ?

            Il y a 1001 manières de réparer les dommages liés à l'esclavage. Cela peut se faire de manière symbolique (ouverture de musées, créations de stèles et de monuments, soutien à la recherche sur l'esclavage, mise en valeur de l'enseignement sur ces questions, promotion des arts et des cultures issus de l'esclavage, etc.), ou matérielle (contribution financière des entreprises liées à la traite négrière, ouverture d'un fonds par l'Etat, réforme agraire, annulation de dettes, etc.).

            Selon le CRAN, il convient que le Comité pour la Mémoire et l'Histoire de l'esclavage, soutenu par d'autres experts internationaux, se saisisse de cette question, et produise deux rapports : l'un sur les pratiques de réparations mises en œuvre dans le monde, l'autre sur la traçabilité des flux financiers issus de la traite négrière. Dès lors, fort de ces informations utiles, on pourrait s'inspirer de l'article 5 (abrogé) de la loi Taubira, et instaurer « un comité de personnalités qualifiées chargées de déterminer le préjudice subi et d'examiner les conditions de réparation due au titre de ce crime. » Les recommandations de ce comité pourraient ensuite être mises en œuvre par le Parlement, par les professionnels concernés, par la société tout entière.

           

            12/ Quel est l'objectif final de la réparation ?

            Le premier objectif de la réparation est évidemment la justice, la justice liée à ce crime contre l'humanité que fut la traite négrière. Autrement, sans réparation, la traite serait véritablement le crime parfait : un crime sans coupable, ni victime, ni indemnisation. Mais au-delà de cet aspect judiciaire, il y a un second objectif, peut-être plus politique et plus philosophique, qui est la réconciliation nationale.

            Le CRAN estime, comme le MIR (Mouvement International pour les Réparations), qu'il faut un processus en 3 temps : Reconnaissance, Réparation, Réconciliation. 1/ Reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité : la loi Taubira l'a permis, c'est désormais chose faite. 2/ La Réparation, c'est ce dont nous voulons parler désormais, conformément à l'article 5 (abrogé) de la loi Taubira. 3/ La Réconciliation, c'est l'objectif final. Mais il n'y aura pas en France de réconciliation véritable, sans réparation véritable.

 

 

 

Ressources

 

-Boisson de Chazournes Laurence et alii (dir.), Crimes de l'histoire et réparations : les réponses du droit et de la justice (2004).

-Roy L. Brooks, When sorry isn't enough. The controversy over apologies and Reparations for human injustice (1999).

-Brophy Alfred, Reparations Pro and Con (2006). 

-Horowitz David, Uncivil Wars: The Controversy Over Reparations for Slavery (2002).

-Lange-Eyre Valérie, Droits humains, enjeux et perspectives pour les peuples d'Afrique et d'Amérique (2009).

-Plumelle-Uribe Rosa-Amelia, Traite des blancs, traites des noirs : aspects méconnus et conséquences actuelles (2008).

-Robinson Randall, The Debt: What America Owes to Blacks (2000).

-Salzberger Ronald, Turck Mary, Reparations for slavery. A reader (2004).

-Torpey John, Making Whole What Has Been Smashed: On Reparations Politics (2006)

-Winbush Raymond, Belinda's petition. A concise history of reparations for the transatlantic slavetrade (2009).

-Winbush Raymond, Should America pay ? Slavery and the Raging Debate on Reparations (2003).

 

http://www.abolitions.org/index.php?IdPage=1173454388, La Route de l'esclave de l'UNESCO

http://173.83.187.24/, Site du Mouvement International pour les Réparations

http://www.ncobra.org/, Site de la National Coalition of Blacks for Reparations in America

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Contacts :

            Louis-Georges Tin

            tinluigi@aol.com       

            06 19 45 45 52

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 18:01

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 11:12

La théorie du BIG BANG est, sans conteste, « la plus grande découverte de la cosmologie ».

Elle a permis de dévoiler « les plus grands secrets de l’Univers ».

D’après elle, c’est très simple, « tout a été créé à partir de rien ».

Oui, mais voilà…aujourd’hui, « une nouvelle génération de scientifiques » vient y jeter passablement le trouble, en soulevant des questions comme : « quelle est l’origine du temps et de l’espace ? », ou encore « quelle est la nature de la matière noire ? ».

Certains, parmi ces beaux esprits, osent même s’aventurer plus loin, en déclarant que « le modèle actuel est trop sommaire ».

Alors ? « Toutes ces théories pourraient-elles se révéler fausses ? »

Comment rendre compte du fait que les cosmologistes viennent de découvrir « une force que nous ne parvenons pas à définir » et qui « contrôle des groupes entiers de galaxies », les faisant toutes « converger vers un seul point » et faisant, de la sorte, se déplacer des parts de l’Univers « à des vitesses phénoménales » que la théorie du Big bang n’avait aucunement prévues ? Ses découvreurs l’avouent : « ça nous a surpris et déstabilisés ». Et de s’empresser d’ajouter : « le courant noir est une énigme, la dernière d’une grande lignée ».

Sachons-le : avec la théorie du Big bang – encore appelée MODELE STANDARD, les scientifiques n’ont fait qu’écrire « leur version ».

Cette version ? Elle est simple : tout commence avec une méga-explosion, à nulle autre pareille, le Big bang. Juste après, « aux tout premiers temps », ce qui deviendra l’Univers est « un magma d’énergie » pure. Une seconde seulement plus tard, cependant, se dessine déjà « un embryon de matière », sous l’espèce d’un « brouillard épais », lequel, par la suite, « se condensera en atomes » pour former alors « de grands nuages de gaz ». Un milliard d’années plus tard encore, un de ces nuages deviendra si dense qu’il donnera naissance à la première étoile.

Cette histoire, nous apprend-t-on, a été écrite à partir d’ « élégantes équations » qui ont-elles-mêmes « retranscrit des phénomènes physiques » actuels et parfaitement observables. En somme, il s’agit d’une démarche qui nous restitue le passé à partir des données tout à fait présentes dont nous disposons. Elle donne lieu à « une réplique mathématique de l’Univers » que l’on a baptisée « MODELE STANDARD  DE LA COSMOLOGIE ». Ledit modèle standard correspond à un véritable « voyage dans le temps ». Ses deux grands fondements sont le Big bang et l’expansion de l’Univers.

Pourtant, si « la thèse fonctionne », elle « n’explique pas vraiment tout ». Le fait qu’elle ait à son actif cette « force de la simplicité » que goûtent tant les scientifiques (attachés au principe du « rasoir d’Occam ») n’empêche nullement que « certaines [de leurs] observations ne collent pas » et qu’en ne collant pas de la sorte, elles créent « des incohérences » qui, cela va de soi, viennent affaiblir le glorieux modèle.

Pour les scientifiques de la génération de Kathy ROHMER, de Max STEGMARK ou encore de Pedro FERREIRA, nous sommes arrivés à un grand tournant de la science. Le hic est que « nous voyons de plus en plus clairement les limites de la théorie ».

Aux dire de P. Ferreira (de L’UNIVERSITE D’OXFORD en Angleterre), il est même devenu patent qu’ « on doit inventer un nouveau modèle, plus abouti », ceci pour « expliquer des observations aberrantes ».

Le premier problème, nous le rencontrons « juste après la grande explosion », puisqu’à ce moment-là, « la boule d’énergie enfle, mais, brusquement, tout s’arrête ».

Une explosion, ce n’est pas quelque chose qui se déroule n’importe comment ; c’est un phénomène qui a des lois. En vertu de ces lois, celle qui nous intéresse ici « aurait dû produire un Univers irrégulier et désordonné » ; or, ce n’est nullement le cas, puisque aujourd’hui, « où qu’on se place, la température [de l’Univers] est partout la même ». Cela signifie que, vraisemblablement, « une grosse erreur s’est glissée dans le modèle standard ».

Il faut insister : « le Big bang n’explique pas l’uniformité de l’Univers ». Les scientifique précisent : « toutes les explosions sont chaotiques » et, de ce fait, celle du Big bang aurait absolument dû produire, dans l’Univers, des zones très disparates, les unes d’une « chaleur extrême », les autres constituant des « espaces plus froids ».

Fort heureusement, en 1989, surgit fort à propos la THEORIE DE L’INFLATION COSMIQUE. Selon cette dernière, avant que n’intervienne la phase d’expansion qu’a subi l’Univers, celui-ci serait resté pendant un certain temps pratiquement figé, en sorte que sa température se serait uniformisée décisivement et pour toujours. La fameuse phase d’inflation est par la suite intervenue, qui aurait brusquement, « en l’espace d’une fraction de secondes », dilaté l’Univers naissant. Mais l’important est, ici, qu’avant cette inflation, la chaleur ait eu le temps de « se répartir dans l’espace », de façon à ce que l’Univers puisse demeurer homogène.

Ouf ! Pour bien asseoir scientifiquement cette nouvelle théorie-bouée de sauvetage, on s’est mis à mener des recherches sur « le fonds diffus cosmologique » par satellite. On est ainsi remonté treize milliards d’années en arrière, c'est-à-dire 380 000 ans après le Big bang. Cela a permis de constater qu’effectivement, « la température est la même dans toutes les directions [de l’Univers], à l’exception de quelques micro-variations du reste prévues par la théorie de l’inflation cosmique.

Il n’empêche… « l’inflation cosmique reste un mystère » et le fait que l’échafaudage théorique soit parvenu à prédire de tels micro-écarts ne saurait pour autant en rien lui conférer les caractères d’une « preuve irréfutable ». Qu’on le veuille ou non – et les scientifiques sont tout à fait prêts à le reconnaître – « les aspects les plus basiques de l’inflation cosmique demeurent inexpliqués ».

En premier lieu, bien sûr, « pourquoi l’Univers s’est-il dilaté ? ». « Quelle force » a pu provoquer un phénomène tel que l’inflation (phénomène que, signalons-le en passant, les spécialistes s’avèrent inaptes à reproduire) ? Le fait est bel et bien que « la physique de ces énergies nous dépasse encore » et que, par voie de conséquence, dans l’état actuel où sont les choses, la théorie de l’inflation ne peut qu’apparaître « trop grossière ». Quand bien même est-elle devenue « un élément-clé du modèle standard », elle n’en demeure pas moins « une proposition », de l’aveu même des spécialistes concernés.

Venons-en à présent à un autre problème, lui aussi de taille : les observations du ciel montrent que « les galaxies semblent tourner trop vite sur elles-mêmes », en leurs périphéries, en sorte que, curieusement, les étoiles les plus excentrées vont aussi vite que les autres à l’intérieur d’une galaxie.

Les savants commentent : « à une telle allure, les galaxies devraient se disloquer » (rien que ça !), à moins…à moins que la gravitation soit plus importante que prévu !

Et c’est ainsi que fut forgé le concept de MATIERE NOIRE.

En effet, comme nous venons de le voir, « la gravité produite par ce qu’on voit n’est pas suffisante pour expliquer le mouvement des objets dans l’Univers ». Donc, il y a forcément autre chose, qui alourdit les galaxies et ce « quelque chose » étant très mystérieux et surtout, invisible, on l’a tout naturellement dénommé « matière noire » (rappelons que seule, la matière exerce la force de gravité). Se lançant ensuite dans un calcul des quantités de matière présentes à l’intérieur de l’Univers, les astrophysiciens ont déterminé que, pour chaque kilo de matière « normale » (la matière dont nous sommes faits), existaient 5 kg de matière noire et que ladite matière se trouvait répartie « partout, autour de nous ».

La matière noire est donc devenue « l’un des piliers du modèle standard », même si, en fait –et bien malheureusement – « personne ne sait ce qu’elle est ». Tout ce dont on peut être sûr, en ce qui la concerne, est qu’elle « ne transmet aucun type d’ondes » et que de là découle le fait qu’elle n’émette ni ne reflète de lumière.

A part cela ? Eh bien, elle serait constituée de « particules d’un genre nouveau » qui seraient capables de « traverser les objets ».

L’astrophysicien Dan BOWER s’est mis « en quête de matière noire ». Pour ce faire, il a enterré tout son équipement de recherche à 800 mètres de profondeur, dans les plaines du MINNESOTA (USA). Cette expérience, qui a nécessité un investissement de « millions d’euros », consiste à mettre en place et à activer des détecteurs spéciaux, voués à la traque de traces (sous forme, par exemple, d’électricité et/ou de chaleur) de « particules exotiques ». Elle a été mise en route en 2003 et c’est seulement en décembre 2009 que se sont enfin manifestés « deux évènements » qui, selon Bower, pourraient –sous réserve de confirmation – se révéler attribuables à la manifestation de la matière noire.

Toutefois, concernant cette étrange matière, les scientifiques sont loin de se rejoindre autour d’une opinion unanime. Les uns clament avec assurance : « il ne fait presque aucun doute qu’elle existe », pendant que d’autres entretiennent, au contraire, de sérieux doutes qui les poussent à soupçonner et à affirmer qu’elle n’existe peut-être pas.

Peut-être –sans soute même – faudrait-il d’abord être mieux renseigné quant à la nature de cette matière que nous ne le sommes…

Une autre prédiction – et non des moindres – du modèle standard stipule qu’après une longue phase d’expansion, donc d’accélération, notre Univers devrait connaître une phase d’essoufflement, voire d’arrêt de sa croissance (résultant de l’action de « freinage » qu’exerce l’attraction universelle). Fort bien, mais là où le bât blesse, c’est lorsque des savants nous apprennent que d’après les mesures des mouvements de l’Univers effectuées par « un appareil de haute précision » chargé de balayer le ciel, le TELESCOPE SLOANE, « l’accroissement de l’Univers ne montre, bien au contraire, aucun signe de ralentissement » !

Cette nouvelle, assez récente, a « secoué le monde de la cosmologie ». On sait à l’heure qu’il est que, bien loin de ralentir, « l’Univers s’est emballé durant les derniers sept milliards d’années ». Pour Saul PERLMUTTER, il s’agit là d’une authentique « extravagance » de l’Univers. Tout se passe comme si, en fait, « la déflagration [n’était] toujours pas terminée ».

Il fallait par conséquent appeler à la rescousse une nouvelle force. C’est ce qu’on fit : cette « force supplémentaire » se vit dès lors gratifiée du nom d’ENERGIE NOIRE.

Que peut-on en dire ? « C’est sombre, ça s’étend »…mais « on ignore ce que c’est ». Sur ce dernier point,  les scientifiques sont redoutablement formels. Pourtant, toujours selon leurs dires, cela représente « 75% de notre Univers » !

Quasi accablés, les savants lâchent : « ça n’arrange personne qu’elle soit là ». Puis ils hasardent : serait-elle une forme spéciale de gravitation, une « force de répulsion qui éloigne les objets les uns des autres  » ? Pourrait-on, par hasard, l’assimiler à la fameuse CONSTANTE COSMOLOGIQUE D’EINSTEIN, qui avait le pouvoir de contrebalancer l’attraction de la matière ?

Là, force est bien de dire que nos astrophysiciens se perdent en conjectures. Résultat : le problème de l’énergie noire a suscité « des centaines de théories ». Et pour cause : elle « est la description d’un problème, pas sa solution ».

Nous en sommes maintenant à un stade où l’on peut légitimement parler d’ « une nouvelle représentation de l’Univers ». Représentation qui s’avère on ne peut plus paradoxale, car, tout en demeurant « la plus précise qui ait jamais existé », elle ne s’en enrichit pas moins – ainsi que nous venons de le voir- d’ « incohérences » fort embarrassantes. Or les incohérences ne sont pas tolérables au scientifique.

Reprenons : le modèle standard « relooké » nous décrit le processus suivant : une explosion suivie d’une violente dilatation ; l’apparition de la matière noire, qui entraîne un ralentissement de cet emballement cosmique ; l’entrée en scène de l’énergie noire, qui serait venue contrecarrer ce ralentissement et emballer de nouveau le système.

Tout ceci se tient et les scientifiques, à nouveau, le reconnaissent et le soulignent : « nous avons là un modèle extrêmement convainquant, donc très puissant ».

« It works »…mais voilà qu’un nouveau « grain de sable » s’en vient encore menacer ses rouages !

Tournons-nous vers Sacha KACHLINSKI, du CENTRE SPATIAL GODDARD DE LA NASA. Cet astrophysicien qui fut, dans sa jeunesse, passionné de science-fiction a pour mission d’analyser « des tonnes de données » en provenance du fonds diffus cosmologique. Cette importante activité l’amena à la découverte d’une singulière anomalie : il constata « des distorsions dans la lumière provenant du fonds diffus » qui attirèrent en définitive son attention sur le fait que « des groupes entiers de galaxies semblent suivre des trajectoires incohérentes ».

Stupéfait, Kachlinski baptisa ces mouvements de galaxies le « COURANT NOIR ».

Puis il se mit à réfléchir. Il a maintenant sa théorie, qui imputerait ces étranges mouvements à la présence d’ « un autre univers, distinct du nôtre » - rien moins que ça ! Il s’explique : « l’Univers pourrait n’être qu’une partie d’un plus grand tout ».

Fascinant, non ? Ce n’est d’ailleurs, nullement contraire au modèle standard. Celui-ci n’a-t-il pas prévu l’existence de « structures plus vastes créées par l’inflation cosmique » qu’il a appelées « MULTIVERS », ou encore « UNIVERS-BULLES » ?

Si la découverte de Kachlinski nous mettait vraiment en face de cela, alors ce serait « l’une des plus importantes découvertes de l’humanité ».

Pourtant, comme le rappelle la jeune scientifique américaine Kathy Rohmer, il ne faut pas s’emballer si vite ; l’état actuel de nos connaissances impose encore, en ce domaine, « une bonne dose de scepticisme ».

Ce qui est hors de doute, en revanche, c’est que de nombreux cosmologistes travaillent d’arrache-pied à « changer le modèle standard ». Des hypothèses existent, telles que, par exemple, « la vitesse de la lumière variable ».

Un des scientifiques interrogés par le documentaire commente : « on ne manque pas d’alternatives »…pour, toutefois, renchérir de suite, prudent (comme tout scientifique se doit de l’être) qu’elles « restent insuffisamment convaincantes ».

Le « courant noir » lui-même « n’en est qu’au stade du postulat ». « Il ne suffit pas de faire une observation », encore faut-il la vérifier solidement et lui trouver, autant que possible, une explication qui dépasse le stade de l’intuition, ou de la spéculation.

Pour le moment, le modèle standard « résiste » et demeure « inchangé ». A cela, une raison : il permet de comprendre énormément de choses, de phénomènes sur lesquels on possède des connaissances solides.

Mi-figue mi-raisin, l’on va même jusqu’à nous déclarer, pour conclure, qu’ « il est proche de la perfection, le seul ennui étant qu’il est peut-être totalement faux ». Ça promet !

 

 

P. Laranco.

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 19:40

Nouvel entretien disponible avec Boris GAMALEYA. Une rare occasion d'entendre parler le doyen des poètes réunionnais

 

 

 

 

 

 

 

http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/media/5questions_gamaleya.html

 

 

 

 

 

 

 

Boris Gamaleya publie ces jours-ci deux nouveaux recueils de poésie, Le Bal de l'hippocampe, aux éditions de l'Amandier (février 2012) et L'Entrée en météore, Océan Editions (mai 2012).

 

 

Entretien réalisé chez l'auteur, à La Plaine des Palmistes en 2009.

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 19:19

Le poète français Alain HELISSEN vous invite à venir le rencontrer au prochain MARCHE DE LA POESIE DE PARIS, Place Saint-Sulpice (métro Odéon ou Saint-Sulpice) le samedi 16 juin à 18h  au STAND 604 (Editions Les Deux-Sicile et Revue DIERESE) où il dédicacera son ouvrage Le rappel des titres.

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 12:27

Escarpé, rocailleux est le sentier des sages.

 

 

 

Métis à la peau blanche tu as un Noir en toi

Métis à la peau noire tu as en toi un Blanc

La couleur, chez nous, n’est jamais que loterie.

 

 

 

Qui écouter ?

Notre propre voix, maintenant

Ou celle de nos aïeux qui réclament leur dû ?

Qui sommes-nous ?

Nous ou les fils de nos ancêtres ?

 

 

 

Xénophobe, la France ?

La xénophobie n’est-elle pas tout à fait dans la logique d’un peuple de petits clans, de petites habitudes où les gens « se connaissent » et où l’accueil du tout nouveau venu est volontiers vécu comme une menace pour les petites fatuités individuelles ?

Un peuple frileux ne peut être qu’un peuple xénophobe.

 

 

 

Dans l’optique de l’Homme qui se veut « tout esprit », mépriser la femme, c’est mépriser la nature, le sexe, la génération, bref tout ce qui relie la créature humaine à son « animalité », au grand courant de la Vie.

 

 

 

En Occident, les hommes cherchent toujours à monter les filles contre leur mère.

Et quel meilleur auxiliaire que la psychanalyse pour cela ?

 

 

 

Quand je regarde au loin, vers ma jeunesse aux teintes délavées…c’est pour n’y voir, brusquement, qu’un simple brouillon de ce que je suis.

 

 

 

Pourra-t-il jamais y avoir de réelle disparition du racisme tant que ceux qui appartiennent à la civilisation occidentale baigneront dans la conviction que cette dernière dépasse les autres en prenant pour « grand argument » la « modernité » ?

Comment convaincra-t-on des gens qui ont de leur côté la richesse, la supériorité technologique, scientifique et la démocratie de ne pas considérer peu ou prou ceux qui n’en jouissent pas ou en jouissent moins comme des « sauvages » que l’on a pour mission de « civiliser » ?

En d’autres termes, l’Occident cessera-t-il jamais d’être « colonial » et « missionnaire » ?

 

 

 

Est-il « humain » que l’homme ait cette tendance si marquée à ne voir en toute femme qu’une partenaire sexuelle potentielle ? Pourquoi ce désir de contrôle masculin sur l’ensemble des femmes ? Un tel comportement ne ressortit-il pas d’une volonté d’emprise purement animale ?

N’oublions pas que la nature a programmé le sexe mâle pour féconder le plus grand nombre possible d’éléments du sexe opposé.

 

 

 

P. Laranco.

 

 

 

 

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