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Ce blog s'intéresse à la poésie, à la littérature de l'Océan Indien, à la philosophie, aux sciences, à l'Homme et au sens de la vie.

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José LE MOIGNE (Martinique).

PLAN FIXE.

 

 

1

 

Rivières qui passez

les coffres vermoulus

ne vous concernent pas

 

Mais toi-même enfermé

dans le printemps des saules

sais-tu quelle est ta vie

 

Au bout de ta mémoire

un chandelier de cuivre

s'endort comme un vieux chat

 

2

 

A l'horizon bouclé

les grandes centaurées

aiguise les prairies

neigeuses de l'été

 

Cela n'est rien dit-il

en suivant de mémoire

un fleuve d'amertume

sur le plis de ses lèvres

 

Mais la boue

et aussi le soleil

les veines craquelées

de la fécondité

 

3

 

Puis les premières feuilles

se rallument déjà

veneur du grand silence

l'automne marque le pas

 

Timide sur les prairies

labiales de l'enfance

l'échappée du soleil

n'effarouche personne

 

Mais si vif oiseleur

qui donc a ajouté

des cloches de cristal

à tes appeaux de verre

 

4

 

La mer comme une coulée de lave

et l'or trop fin des négriers

 

ressac sac et victoire

la pierre à sucre s'enroule sur l'essieu

 

marquant d'un peu de bronze

l'âme de glas des violoncelles

 

5

 

Le passage de l'aigle

anime la charpente

 

Dans l'aigu des fontaines

dans les poussières des combes

 

qui pense à se venger

de la fièvre de l'arbre

 

fragile en son aubier

 

6

 

Car il y a toujours

des lieux de solitude

 

où la lumière se joue

de l'imprécis des portes

 

où la mémoire érige

des forteresses graves

 

glacis à dénombrer

les racines du temps

 

In Portuaires, Editions Chambelland/ Le Pont de l'épée, 1985

 

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