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Ce blog s'intéresse à la poésie, à la littérature de l'Océan Indien, à la philosophie, aux sciences, à l'Homme et au sens de la vie.

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Sciences : "Le cerveau en miroir", hier soir (22 h 25) sur Arte.

Ce documentaire de 55 minutes fait le point sur les avancées des neurosciences.

Il aborde donc l'un des points les plus fascinants et les plus mystérieux de la connaissance humaine : celle de notre propre cerveau.

"Que savons-nous de notre cerveau ?" A vrai dire, encore peu de choses.

Cependant, les scientifiques, actuellement, s'acharnent à explorer les relations entre corps et cerveau, ainsi que la conscience.

"Notre cosmos intérieur" serait, en fait, à les entendre, aussi complexe que l'univers lui-même, ce qui est somme toute impressionnant.

Des "percées fulgurantes" dans le domaine de l'imagerie médicale ont permis, selon les savants, un véritable "tournant", un nouveau "moment-charnière" dans l'histoire des sciences.

Après les mises en évidence - dérangeantes - de Galilée et de Darwin, l'homme se trouve une fois de plus mis à bas du piédestal sur lequel il s'était lui-même placé. "Notre cerveau n'a rien de spécial", il ne serait, au final, rien de plus qu'une "combinaison d'attention et de mémoire".

Un neurologue indien nous avertit : l'étude du cerveau suppose d'oublier le passé, de faire table rase de ses "préjugés et théories".

La neuroscience actuelle voit, en gros, s'"opposer" deux approches différentes du fonctionnement cérébral : "l'approche modulaire" et "l'approche globale".

Les savant qui interviennent ici, au cours de ce documentaire, sont plutôt des tenants de la seconde approche. Ainsi nous apprennent-ils que, dans le cerveau, cet écheveau de "connections neuronales", celles-ci "changent constamment". Ils définissent le cerveau comme "un système dynamique en équilibre constant avec le monde extérieur".

Nous apprenons aussi, à notre grand étonnement, que "l'odorat est la clé du développement du cerveau". Qui l'eût cru ?

L'étude du "bulbe olfactif du chat" par Walter Freeman a permis de constater que "le cerveau n'importe pas directement les informations de l'extérieur" mais "pousse l'animal à agir" et "fabrique sa compréhension et sa connaîssance de la réalité grâce à des indices multiples et répétés", en sorte que "quelques neurones construisent un modèle d'activité".

Dans le cerveau, ces sont les neurones qui construisent leurs réseaux de connections, et il se trouve que les connections se font et se défont sans cesse. Ce sont ces "circuits, très changeants, continuellement en mouvance" qui génèrent la fameuse "plasticité" dont on parle désormais si souvent à propos de l'organe-cerveau.

Si le cerveau est si complexe - et donc si compliqué à comprendre - cela résulte de ces "circuits".

En fin de compte, tout se passe comme si le cerveau ne faisait que "répondre à la complexité du monde par une complexité très grande".

On s'est livré à de nombreuses expériences sur des personnes totalement aveugles, et celles-ci ont causé une mémorable surprise : elles ont en effet  permis de découvrir que leur cortex visuel était parfaitement intact, et qu'il pouvait toujours être activé par le truchement des autres sens, et en particulier de celui du toucher (au travers, comme il nous l'est montré, de la langue). Toutefois l'apprentissage est absolument indispensable au "réveil des connections dormantes" qu'est cette activation. Il n'empêche : le cerveau est un organe plein de ressources cachées. En ce sens, il n'en apparaît qu'encore plus troublant, si possible. Les scientifiques interrogés insistent encore une fois sur ce point : "notre cerveau est plastique et adaptable" et "tout a un impact sur son organisation".

Ils nous expliquent ensuite que le cortex (qu'ils appellent encore "neuropile") a évolué à partir d'un cortex primitif reptilien constitué de trois couches pour, avec les mammifères, devenir un cortex à six couches, ce qui ouvre vers une "nouvelle possibilité de croissance".

Le stade mammifère apparaît, en conséquence, comme très important et tout à fait "spécial" : "les mammifères sont différents" en ce que "leur néocortex se plisse et, donc, augmente sans changer de volume" (d'où les fameux "sillons"). Avant la naissance, nous signale-t-on, le cortex n'est pas encore en activité et c'est à partir de la venue au monde que le cerveau s'active. 50 % des connections se mettent en place durant l'enfance.

Les scientifiques se sont penché tout particulièrement sur ce qu'ils nomment "le mécanisme de l'attention" (qui permet de "sélectionner l'information utile"). Ils ont, à cette occasion, remarqué que l' "on ne peut prêter attention qu'à une seule chose à la fois" et que, de ce fait, l'attention était sujette à des "alternances". Curieusement, ce sont des expériences menées sur la mouche qui ont mis en relief cette importance de l'attention.

Mais pourquoi l'attention ?

A cette question, les neuroscientifiques répondent que le cerveau, sans cesse bombardé d'avalanches informatives, "noyé par l'information" en provenance du monde extérieur comme le dit W.Freeman, doit impérativement "éviter la surcharge sensorielle" et par conséquent doit "trier" : "l'attention a pour but de nous permettre d'appréhender, d'anticiper, de mémoriser". Chacun possède sa propre "dynamique de l'attention" et, dans ce domaine, le spectre va de l'hyperactif à l'autiste, en passant par l'individu normal. On nous dit joliment que , par et à cause de l'attention, "nous recréons sans cesse notre connaissance du monde". Voilà qui est troublant là aussi. Si la connaissance, notre connaissance, dépend à ce point d'une sélection, que peut-elle vraiment connaitre du monde en soi ?

Certes, ceci nous mène aux frontières de la philosophie...

Mais revenons au documentaire : un savant, au passage, se risque à hasarder une définition du cerveau qui, selon ses dires, est "un organe constitué de réseaux neuronaux capable de créer des simulacres du monde extérieur pour générer l'action qui convient".

On en vient, après ceci, à un problème qui avait fort accaparé le dénommé Sigmund Freud : celui des rapports entre "pensée consciente" et "représentations inconscientes". Oui, l'inconscient existe bien. Il a bel et bien été mis en évidence par des expériences de neurologie, notamment par celle du détectage de la violation de règle, qui a permis d'établir que la perception se déroulait en deux temps : une phase  première de "traîtement montant" (inconscient), laquelle était ou n'était pas suivie du deuxième temps, celui du "passage dans le conscient". Cela, on le constate, n'a que peu de choses à voir avec la conception freudienne.

Ceci posé, une question reste : "comment la connaissance se crée-t-elle ?"

W.Freeman répond à cette interrogation de façon assez simple :

- première étape : les "percepts"

- seconde étape, leur "étiquetage par l'hippocampe (quand ? Où ?)"

- troisème étape : leur acheminement, leur diffusion vers "tous les cortex, y compris le cortex moteur".

Freeman est formel : "la connaissance est partout dans le cerveau".

Fascinant : tous le 1/10 de seconde a lieu une "oscillation", de sorte que la pensée est une réelle "auto-organisation".

Parvenus à ce stade, les scientifiques avouent buter sur un grand mystère, une sorte de "Mur de Planck" biologique : ils auraient besoin d'un "modèle mathématique" pour cerner le fonctionnement des neurones. Que peuvent faire ces derniers ? "Cela dépasse nos connaissances".

En ce qui concerne les souvenirs - autre question embarrassante - les savant ont cherché du côté de la "sensation du membre fantôme qui fait mal" suite à una amputation. C'est ainsi que, voici dix ans, on a débusqué un phénomène pour le moins étrange, la "paralysie apprise" et l'on se demande à présent s'il y a moyen de la "désapprendre".

Un autre syndrôme, dit "de négligence" (à l'occasion duquel, très bizarrement là encore, une personne ne reconnaît pas une partie de son corps comme sienne) nous aiguille vers le fait central que "la conviction et la croyance (les fictions) accompagnent toute perception et donnent du sens au monde".

Cette "construction des fictions" nous renvoie à la fabuleuse notion de "neurones-miroirs". Les neurones-miroirs sont des groupes de neurones responsables de l'empathie. Ils sont mêmement activés lorsque la personne agit et lorsqu'elle regarde quelqu'un agir. Ils "estompent la barrière entre une personne et une autre" et sont le fondement de la "capacité d'imiter" qui, elle-même, est "le fondement même de la culture humaine (cela me fait ici, penser à la "mimésis" du philosophe René Girard). A cet égard, le savant indien ne résiste pas à la tentation de nous présenter une magnifique statue de Shiva et de Pârvati "se regardant tous les deux en regardant le monde" et en laquelle il voit une "métaphore de toutes les dualités de l'existence" ("Ici, les opposés se rejoignent").

Ici, les scientifiques, sans le savoir, rejoignet le "je est un autre" du poète.

Et la conscience, dans tout cela ? Une "fiction collective" ?

La notion d' "âme" en prend un coup.

Sur quoi déboucheront ces recherches en neuroscience ? Y a-t-il un risque ?

Selon le savant indien, le risque serait qu'à terme, le "contrôle du cerveau" devienne possible.

Un cerveau sous contrôle serait-il encore à même de dire "je" légitimement ? Telle est la question qu'il soulève.

Et l'on reste un peu sur sa faim.

Cette émission de vulgarisation scientifique se clôt là-dessus.

Bien qu'un peu aride parfois, elle s'est révélére passionnante.

Au bout du compte, le cerveau parviendra-t-il à réaliser le bon vieux rêve de Socrate : "connais-toi toi-même" ?

P.Laranco.

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F
<br /> Il aurait fallu un poete comme vous pour rendre ce film moins aride! merci pour vos commentaires attentifs et qui font justice à cet essai de réflexion sur le laborieux parcours qu'il reste à faire<br /> pour que l'humain se comprenne.<br /> <br /> <br />
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