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Ce blog s'intéresse à la poésie, à la littérature de l'Océan Indien, à la philosophie, aux sciences, à l'Homme et au sens de la vie.

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Patricia Laranco : réflexions.

Plutôt que de nous plaindre pour un oui pour un non, que ne remercions-nous le ciel (ou autre chose) de manger tous les jours à notre faim et plus qu’à notre faim, d’êtres libres de nos mouvements, de pouvoir bénéficier d’un niveau de vie suffisant pour nous permettre d’apprendre, de penser par nous-mêmes, voire, comme je suis en ce moment en train de le faire, de méditer sur les choses du monde et d’écrire !

Nous ne soupçonnons tout bonnement pas la chance qui nous est échue.

Nous considérons les privilèges dont nous jouissons comme naturels et indispensables.

Ce que nous ne savons pas, c’est que les gens qui vivent le genre de vie que nous menons représentent un îlot de facilité et d’opulence dans un océan de lutte de chaque jour contre les forces contraires de la nature et/ou de la société.

Que ne nous souvenions-nous toujours que si nous avons, en ce moment, le loisir d’écrire, de nous interroger sur le monde qui nous entoure, c’est, et c’est seulement parce que nous avons un ventre bien plein, un bon toit au dessus de notre tête et de bonnes écoles qui nous ont bien formées à faire travailler notre pensée. Nous avons la chance d’être –en grande partie – délivrés des soucis les plus immédiats, les plus basiques.

Au moins, ayons la décence de vivre cela sans perdre de vue que c’est loin d’être donné à tout un chacun.

Restons conscients de la munificente générosité du sort à notre endroit et savourons cette munificence autrement que comme des enfants gâtés devenus capricieux qui ne voient pas plus loin que le honteux « jouir sans entraves » !

 

 

Des mots…pour arrêter de flotter dans l’espace, pour conjurer l’insoutenable et foncière ubiquité qui est le lot de notre présence, de notre perception de nous-mêmes en tant qu’alternance de séparation d’avec le monde et de fusion avec lui.

 

 

Notre conscience, parfois, me fait fortement penser à un espace dans lequel le présent serait la surface de notre Terre et la mémoire la lumière fossile des moments passés, perdus.

 

 

Le propre du futur ?

Réserver des surprises.

 

 

Les questions que nous posons au monde nous renvoient toutes à nous-mêmes. Elles nous sont retournées par lui comme de vulgaires retours à l’expéditeur de la poste.

 

 

Les privilégiés justifient souvent leurs privilèges – injustifiables – en leur conférant un sens qui leur permet de continuer à dormir tranquilles.

C’est que, voyez-vous, la position de privilégié comporte aussi ses inconforts.

 

 

Quelqu’un qui écrit, un écrivain, cela vit-il ?N’est-ce pas voué à un incessant porte à faux ?

N’est-ce pas pris entre deux feux : écriture et vie ?

 

N’est-ce pas, de toutes les manières, talonné ? Harcelé par une trop-plein d’exigences contraires ?

 

 

Quelquefois, tu te dis : « c’est exactement ça.

C’est exactement les mots que je voulais mettre.

Ils se sont imposé et ils vont droit au but.

On n’aurait pas pu mettre autre chose à leur place .»

C’est une sorte d’état de grâce, un cadeau du ciel.

Mais c’est bien rare : le réel est si buissonnant. Si hérissé de facettes, d’angles d’approche qui, entre eux, se démentent.

Et les mots ! Les mots qui, par dessus le marché, ont leur propre foisonnement. Leur logique propre, qui les déroute souvent de ce qu’ils voulaient dire.

Entre eux et le réel, il ne peut qu’y avoir hiatus. Voire divorce.

 

 

 

Jamais les gens n’ont autant parlé d’amour que depuis qu’ils sont devenus des monstres de narcissisme incapables d’aimer ni même de faire seulement attention à leur prochain.

 

 

Chez l’être humain – cerveau oblige ! – la mémoire et l’anticipation de l’avenir portent loin.

 

 

Il n’est jamais bon d’être proche de quelqu’un si on veut le juger. En matière d’évaluation, l’humeur n’est jamais bonne conseillère.

 

 

Le bonheur ne prépare-t-il pas mal à l’horreur de la mort ?

 

 

Qu’est-ce que l’être humain par rapport à l’animal ?

Une amélioration ? Ou plutôt une erreur ?

 

 

L’être humain était l’être le plus fragile de tous. Ce fut sans doute la raison pour laquelle il s’attaqua au monde si sauvagement.

Mû par la peur, il se servit des ressources de son intelligence.

Le cocktail intelligence/peur est, comme on le voit, redoutable.

 

 

L’empathie fait l’humanité.

Neurones-miroirs.

L’humanité n’a peut-être dû sa survie qu’à cela.

Qu’à cette glu du lien, de l’imitation, de l’identification à l’autre.

Et si l’être humain craint tellement la différence de son semblable, n’est-ce pas parce que, d’abord, il est possédé, hanté par cette empathie ?

L’individu humain paraît, à bien des égards, vivre dans la crainte de l’empiètement de l’autre.

La différence le frustre dans son besoin de se sentir relié. Soit elle reste inimitable, et, donc, se dérobe à la pulsion d’imitation, soit elle est imitable et, alors, risque de mettre en péril l’identité qu’on s’est bâti.

L’homme est une créature pour qui la perception de l’autre est centrale.

 

 

L’homme n’est jamais à l’abri des retours en arrière.

 

 

On écrit un ou quelques vers.

Et après ?

Le monde est toujours là.

L’intensité qu’on a vécue retombe et tout est à refaire.

Le monde est là, toujours pareil à lui-même, plus que jamais proche et distant, plus que jamais dans son défi. Aucun mot ne l’annihilera.

Les mots continueront à se fracasser contre sa couenne dure à la manière qu’ont les vagues de se fracasser contre une falaise.

La vibration de la vie, de l’instant demeurera intacte, toujours dotée de son pouvoir intact de jouer à cache-cache avec mots et rêves.

Comment entrer véritablement dans une vie qui n’est, au fond, qu’une succession d’instants fugaces et de sensations si vite oubliées ?

Comment demander à une telle ubiquité – en nous, en la vie – d’avoir une quelconque épaisseur à offrir à la prise de notre verbe ?

 

 

Qu’est-ce qui fait douter l’homme du réel ? Sa pensée ?

Le recul, l’extériorité qu’elle lui confère ?

 

 

L’épicentre de vie : où est-ce ? Dedans ? Dehors ?

 

 

Faire comme si ce qui nous gêne n’existait pas.

C’est une réaction toute humaine, bien commode.

L’égocentrisme de l’homme est source d’aveuglement, de déni.

 

 

Comment peut-on fonder la civilisation humaine sur l’hyper exaltation de soi ? Où mène « l’invention de l’individualisme » ?

L’aspiration fondamentale proprement humaine n’est-elle pas, comme le disaient  déjà les Grecs, d’échapper à soi-même ?

Echapper à soi-même, c’est échapper à la solitude, à la finitude.

Vivre pour soi, c’est ouvrir tout béant le gouffre qui nous ramène au MOI, à ses limitations.

L’idéal de liberté débouche donc forcément sur l’angoisse.

L’angoisse est le ver dans le fruit du « jouir sans souci » occidental et, par extension, moderne.

Le bonheur serait-il, lui aussi, un « système voué à l’incomplétude » gödelien ?

 

 

Consentir au bonheur, c’est, aussi, s’exposer au risque de le perdre.

 

 

S’il y a quelque chose que les gens nous pardonnent assez difficilement, c’est bien de ne pas ressembler à ce que vous leur faites l’effet d’être.

 

 

Ne doit-on pas la conscience de sa propre mort à l’empathie ? A ces fameux « neurones-miroirs » qui seraient le propre de l’homme ?

 

 

Les sociétés d’abondance, d’opulence peuvent-elles être autre chose que des fabriques d’égoïstes, que la pauvreté gêne et révulse ?

L’abrutissement par la misère et celui par l’abondance : deux extrêmes qui se touchent ?

 

 

On naît dans la chaleur.

Et on meurt dans le froid.

 

 

La connaissance est un gigantesque mouvement d’arrachement, de distanciation par rapport à l’univers, et à soi-même. Pour interpeller, le connaissant doit être –ou se faire – extérieur.

 

 

Si la psychanalyse a eu un tel succès chez les Français, c’est probablement parce qu’elle les encourageait à s’auto-centrer, à se plonger en eux-mêmes, à se concentrer sur leur histoire personnelle.

Narcissiques, les Français aiment  ramener tout à l’individuel.

Ils sont à ce point individualistes et obsédés par l’affirmation de soi qu’en France, même racisme et xénophobie ont des origines purement égoïstes !

 

 

Le désir est aveu de manque, de dépendance. Il menace la sérénité auto-suffisante.

Il entre en opposition avec l’orgueil. Parce qu’il met en position de demander, d’attendre.

Il rend vulnérable, perméable à la déception. A la frustration, mère de toutes les colères et terreau de tous les ressentiments.

Il en va du désir comme de tout besoin. Il enchaîne. Il aliène. Il rétrécit le monde.

Il le réduit à une seule et même obsession.

 

 

Je cherche mon propre épicentre.

Où suis-je ? Où suis-je pleinement ? Dans mon corps ? Dans l’enclave qui pourrait bien s’appeler esprit ?

Dans mon Moi ou dans son errance, ses prolongements à perte de vue ?

Dans l’instant ou dans l’ubiquité temporelle où je voyage ?

Dans la marche ou dans le sommeil ?

 

 

L’infranchissable miroir

où je me cherche moi-même !

 

 

Le temps passe, aussi indifférent à nos peines qu’à nos bonheurs. Aujourd’hui, des millions de morts, des tonnes de souffrance et, demain, l’oubli. Demain, le renouveau, après des tonnes de morts, de destruction, de souffrance.

Le monde renaît toujours de ses cendres, à la manière du phénix. A l’instar, du chat, il s’arrange toujours pour retomber sur ses pattes.

La marche du monde, au fond, n’a que peu à faire de nos ressentis. Elle est totalement aveugle à nos façons de réagir.

Sa neutralité peut être aussi bien rassurante qu’angoissante.

 

 

L’embourgeoisement change un être. Il vous rend plus conservateur.

Il vous attache, en quelque sorte, au système qui l’a rendu possible.

Il vous enserre tel une masse de graisse qui enserrerait un cœur.

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D
Tes réflexions sont tellement riches que l'on ne sait où commencer. Le désir, la peur, il me semble qu'accepter puis digérer ces sentiments permet un pas vers la connaissance de soi-même et l'ouverture aux autres. Ne pas ressembler à ce que l'on attend ou attendait de vous est un défi qu'il faut mener je crois jusqu'au bout. Bref, les mots ne servent pas toujours à grand chose, aussi j'arrête là, car j'ai trop de mots face à tes "réflexions".<br /> bon je poursuis ma visite.<br /> Oghamm
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