Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ce blog s'intéresse à la poésie, à la littérature de l'Océan Indien, à la philosophie, aux sciences, à l'Homme et au sens de la vie.

Publicité

3 textes d'Umar Timol.

JOIE.

Je suis, vois-tu, en quête de joie, d'une joie qui va au-delà des prépogatives de l'instant, des contingences de la réussite ou de l'appropriation, une joie qui est simple et limpide, qui est d'une telle force qu'elle a le pouvoir de tout balayer, de tout renverser, de tout réconcilier, une joie qui récuse la peur, qui l'éloigne et la démantèle, une joie qui n'est pas égoïste car elle est ouverte à l'autre, qui se réalise dans le partage, qui puise dans la compassion et j'aimerais, tous les jours, de plein pied m'y réveiller, m'y empêtrer et y demeurer intensément jusqu'au coucher de la nuit, une joie qui sillonne mon corps, invagine mon sang, mes veines, une joie qui est douce aussi, qui ne se lasse jamais et c'est comme se tenir au sommet d'une falaise qui donne sur la mer, là où le vent blesse et purifie et se laisser ainsi emporter ou envoler car on sait que plus rien ne peut nous retenir, que le vent dissipe toutes nos cendres pour les répandre aux confins et cette joie n'oeuvre pas l'oubli car elle est un retour plus intense au réel, une plongée incessante dans le réel, réel qui se distend, infini, indéfini, sous son impulsion et il me suffit parfois, vois-tu, sans doute est-ce naïf d'en parler, de t'entrevoir pour savoir que cette joie est possible, pour savoir qu'elle est de son territoire, qu'il suffit que ton souffle me touche, que dis-je m'effleure pour que je m'y noie.







j'aime les livres, vois-tu, sans doute plus que la vie
et je me demande si tu n'es qu'une page dans le livre de l'univers ou si, au
contraire, tu es le livre qui contient toutes ses éventualités, je ne
le sais pas, je ne le sais pas encore.







je veux te parler de la mort, qui est une tentation, si on entend par la mort, non pas la dissolution de la chair, de l'être mais la conscience interdite ou absente,
j'ai envie, ainsi, parfois, de me situer, d'être, en dehors de ma conscience car au loin s'amassent les décombres des remords, des échecs et des doutes,
entremêlés, et quand survient la déferlante, qui est irrémédiable, je cesse d'être, je ne suis plus qu'un animal prostré dans la fange, englué dans la mémoire de l'obscur et du sang et je veux, mon ange, je réclame, j'exige que ta peau douce, clairsemée du présage de tant d'éphémères, me libère de ce qui sert à éroder l'édifice de mon dérisoire précaire, qu'elle serve à m'inscrire dans une conscience qui est pleine plénitude, que rien ne retient, ne peut retenir, comme une mer déchaînée enfin affranchie de toutes ses entraves, je veux que tu me libères du désir de la mort en oeuvrant le désir de ton corps.


Umar.







Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article