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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 10:39

Sans rimes ni raisons
Poèmes s'en vont
Dépit du bon sens
En zone de silence
Poèmes morts de vivre
Coincés dans des livres
En papier gâché
Au fond d'un grenier
Poèmes ivres morts
De poser encore
Les questions premières
L'esprit la matière
Le mort et le vif
Le vrai le fictif
Le où le comment
L'après ou l'avant
Poèmes questions
Qui je sais iront
Finir à coup sûr
En boîte à or dur.







Dans le Gardon de St Jean. Journée d'eaux, de miroitements, de croupes schisteuses, de sons bondissants, menus et cristallins. Anaig sortant de l'eau, rieuse et neuve. Et ensemble, exploration à bouts de doigts, à frotte-genoux, des croupes de pierre. Lacs de saveurs sous la langue. D'un pré voisin un transistor gangrénerait l'air.



Hervé MESDON

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 12:15

POEMES D’HIVER.

 

 

I - La nuit tombe déjà : paysage profond

     voué au silence aigu et immense

     du froid :

     l’on sent la dépossession,

     le vide de l’air

     et l’on pense à une bête aux flancs qui ont faim

     évadant son regard vers la lune pâlie

     aussi légère qu’une hostie

-        maigre pitance !

 

09/01/2009

 

 

 

 

II –La neige éclaire la nuit,

      elle darde son éclat mat,

      elle repose là, en paix,

      attentive à trouer

      le noir,

      à perforer

      l’obscurité

      mieux que la lune glaçon rond

 

11/01/2009

 

 

 

III-La lune se ballade entre les nids d’oiseaux

      dans le hérissement des branches nues, dardées

      qui cherchent à emprisonner son nomadisme

 

15/01/2009

 

 

 

IV-Le goût blanc de la neige,

      les flocons pointus

      qui me piquent les yeux et caressent ma langue:

      j’oublie mon visage haché, mes mains qu’on taillade

 

05/01/2009




Patricia Laranco. 

 

 

 

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 11:18
je fais le vœu d'un langage plus vaste que ces nuits qui répandent les
maléfices, un langage sans mots ni verbes, aérien et simple, vide et
empli de la multitude du devenir, je fais le vœu d'un langage qui a le
pouvoir de te défaire et de te reconstruire dans un même élan, un
langage si limpide qu'il peut fendre de bleu le sang des enfants,
qu'il mêle les palabres de nos larmes à la vanité des pierres, je fais
le vœu d'un langage qui ne réside pas dans les livres mais dans les
manifestes de l'aube, d'un langage si fort qu'il peut disloquer la
dialectique des cœurs las, lourds, indifférents, un langage qui
démantèle les adages de la folie et qui m'enroue au mitan de tes yeux,
je fais le vœu d'un langage pour conspuer la mort monotone et pour
fasciner les entraves de la vie, je fais le vœu d'un langage si pur
qu'il fourvoie les origines, qu'il ordonne que pullule la fratrie des
différences, je fais le vœu d'un langage qui m'exercera à ta
dissolution dans les labyrinthes de ma mémoire, qui ne cessera les
baptêmes de ta trace dans ma peau, je fais le vœu d'un langage dont le
sens perdurera au-delà des cadastres de l'éphémère, qui jaillira dans
les lambeaux de l'histoire, un langage qui s'affranchira des étreintes
de la mer, qui intimera à l'obscur de dévoiler sa chair, je fais le
vœu d'un langage qui instaure les vantardises d'un ailleurs toujours
encense, d'un langage qui ne cessera de t'incurver dans mes veinules
fissurées, qui est partout et nulle part, silencieux et tapageur,
comme ton souffle, et dont les errances apaisent les aléas de
l'instant, je fais le vœu d'un langage qui te ressemble car tu es
grâce et tu sillonnes et aumônes, -  le sens de la beauté entre tes
mains recueilli -,  le long de ces rives, trop chargées de vertiges,
trop chargées de cauchemars.

Umar TIMOL.
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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 17:40
CRI  NOIR


Contre les parois de mon crâne,
Râclent toujours les fers rouillés
Rivés aux chevilles de mes ancêtres.
Quand je retrouve le rythme syncopé
Des danses oubliées du continent perdu,
C'est leur tintement qui marque mon pas.
Quand je secoue le carcan de l'éducation,
Pour murmurer le cri sauvage des Marrons,
C'est encore le bruit de ces entraves
Qui couvre ma voix.
La rumeur constante de la mer
Ne m'est d'aucun secours.
L'océan ne m'est pas liberté,
Il m'est malédiction !
Derrière son horizon uniforme,
Il masque, avec obstination,
Le souvenir refoulé
D'une terre d'idéale cruauté.
La couleur des flots, même,
M'est incompréhensible.
D'où viennent ces émeraudes et ces turquoises ?
Où est passé le sang des corps
Vite jetés par-dessus bord ?
Vers quels rivages ignorés
Le vent a-t-il écarté la plainte
Et les râles, les prières et les hurlements
De ce « Bois d'Ebène » déraciné ?
Je n'entends plus ces tristes mélopées,
Mais seulement l'obsédant cliquetis
De ces fers, qui m'empêchent d'avancer.

Laurent DUBOURG.
publié dans l'éphémère revue mauricienne "
Le Nouvel Essor," sous le pseudonyme: Denis Laventure
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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 17:31
Si j'habitais Gaza
je ne serais pas là
à ruminer mes petits, mes maigres
soucis :
les défauts du patron
et mes peines de coeur,
l'organisation
du réveillon, tout ça
ce serait devenu
cadet de mes tracas
si j'habitais Gaza
je n'aurais que le temps
de penser à sauver
ma peau, de me glisser
sous les gravats
pour fuir,
je pousserais
des cris
et des lamentations
qui n'auraient rien à voir
avec ceux que j'émets
pour un oui pour un non
et à propos de tout,
du moindre contretemps
dans ma vie
à l'abri
ce serait dans mes chairs,
dans l'immédiateté
de mon souffle vivant
qu'il me faudrait sentir
menace, irruption
de tout ce qui
détruit.

Où est l'obscénité,
dans les ronchonnements
de ma vie trop gâtée
où j'ose me poser
quelquefois en martyr

ou là-bas
à Gaza
où je n'habite pas,
où tous les corps broyés
et percutés
gémissent ?


Le 04/01/2008.

Patricia Laranco
 
 
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 13:38

La France est difficile à cerner, ça, je le savais déjà.

Pour autant, cette difficulté ne rebute pas l’américain Ezra Suleiman, qui entreprend, dans ce livre, de dresser l’impressionnant catalogue de ses « schizophrénies ».

Nous avons là un livre fort intéressant d’Américain doublé d’un livre de « cosmopolite », puisque l’auteur est de confession juive, d’origine irakienne et qu’il fut en partie élevé au Royaume-Uni.

Francophile éprouvé (mais oui mais oui), Ezra Suleiman applique le principe « qui aime bien châtie bien ». Sa profonde connaissance de la France et son acuité observatrice l’aident à démêler l’écheveau des multiples complexités françaises, et à dresser de l’hexagone (pour autant que ce soit possible) un portrait somme toute assez net. Même s’il est sans concession. Si les dents françaises grincent à cette lecture, peut-être sera-ce le signe qu’il a atteint son but : confronter la France à sa propre « réalité réelle ».

Car, nous dit-il, esprit français et vérité nue, crue ne font pas bon ménage. « En France, on a souvent l’impression que la vérité a tort ». A quoi cela est-il dû ? Eh bien, à la magie du verbe, du principe, pour ne pas dire de l’incantation (républicaine, ça va sans dire !).

Les Français seraient-ils malins au point de masquer leur élitisme forcené et leur obsession presque comique tant elle est crispée des hiérarchies, des statuts et prérogatives – en un mot de l’autorité (d’où le pullulement des gens atteints du « syndrome du petit chef » entouré de sa « petite cour ») à l’aide de grandes envolées lyriques et intellectuelles ?

D’après l’auteur, ils préfèrent, de loin, le maniement des abstractions au concret et à sa loi dure, implacable, rébarbative.

Duplicité, « mauvaise foi » ? L’auteur n’est pas sévère à ce point. Disons plutôt que cela est la faute de l’Histoire de France, une histoire prégnante – trop prégnante ? – qui leur a appris à gérer les contradictions comme personne.

Car l’ombre des grandes figures de l’Histoire de France plane toujours, inévacuable : les figures de Louis XIV, Napoléon et Charles De Gaulle. Trois « hommes forts », trois figures de proue d’une uniformisation sans égale.

Cette uniformisation séculaire, à force d’agir à la manière d’un rouleau compresseur, a modelé un pays compact (pour ne pas dire « lourd »), profondément centré sur lui-même. A croire que l’idéal ombrageusement autarcique, la fermeture à toute différence (assimilée, dans le cas qui nous occupe, à  une discordance) et le fait d’ignorer quasi complètement le monde extérieur ont été les catalyseurs d’un orgueil et d’une réticence à se remettre en cause à nulle autre pareils.

Car, insiste Ezra Suleiman, ce que craindrait par dessus tout, plus encore que la peste et le choléra réunis, le pays d’Astérix, c’est de se voir pleinement intégré au concert des nations « normales », banales. La France a une âme de franc tireur, de bravache, d’oppositionnel systématique, qu’on se le dise . Elle a pris l’habitude de se proposer pour modèle au monde entier.

Hélas, l’eau a coulé sous les ponts depuis la Révolution et, même, depuis De Gaulle. Seule, semble-t-il, la France paraît figée dans son sommeil tissé d’autosatisfaction béate. La « Belle au Bois Dormant » frileuse et conservatrice aime à se reposer sur ses lauriers et se cramponne à un système jugé par Ezra Suleiman comme de plus en plus « obsolète ». Elle n’a pas encore compris que grands mots et rodomontades ne sont plus de saison. A l’égard de la « superpuissance » que sont les Etats-Unis, elle manque totalement de pragmatisme et fait les plus énormes contresens (mais n’est-ce pas normal pour des gens qui confondent volontiers « croire que »  et « savoir que » ?). Accepter que l’on n’est plus qu’une « puissance moyenne » d’Europe, est-ce si difficile ?

Ezra Suleiman touche à un point très, très sensible lorsqu’il dénonce la « nouvelle aristocratie » que forment les fameuses Grandes Ecoles françaises et les privilèges corporatistes qui freinent la société entière (et c’est un fait, il est difficile de se faire une place, en France, lorsqu’on n’est pas « né ou il faut », dans un cénacle très fermé, ou lorsqu’on n’est pas passé par des filières d’une rigidité à toute épreuve, aussi rectilignes que des rails).

Anti-américanisme, « mandarinat », multiples lourdeurs bureaucratiques, faillite entretenue de l’université, attachement prioritaire à la « douce vie », absence de culture du travail et, surtout, de ce que l’auteur appelle le sens du « service », au nom de l’orgueil, de la hantise de se voir rabaissé et méprisé, comme sous l’Ancien Régime (à croire que 89 serait à refaire ! ). Méfiance chevillée au corps des Français les uns envers les autres et confinement dans une « morosité » chronique, qui tient du tic.

Avec un sérieux qui n’exclut pas, quelquefois, des pointes bienvenues d’humour mordant, Ezra Suleiman se penche au chevet du « malade » (car désormais, ç’en est bien un, ou, du moins, c’est en passe de le devenir).

Sans céder aux chants des sirènes obsédants des lamentations pessimistes qui sont devenues, avec le temps, une autre spécialité-spécificité nationale, il nous assène que la France doit se réformer et s’adapter, mettre plus de souplesse dans ses vieux rouages. Même si elle voit la « mondialisation » d’un mauvais œil, elle n’a pas le choix : il lui faut à tout prix « sortir de sa coquille » et briser sa « léthargie » si elle veut encore compter un tant soit peu dans le monde.

On se sent un tantinet « poussiéreux » après avoir lu ce livre.

Si Ezra Suleiman a raison, plus que raison, sur bien des points, et même si l’on n’est pas un fan d’une « exception » plus que prétentieuse qui commence à coûter très cher, on ne peut s’empêcher, dès lors que l’on prend un petit peu de recul, de déceler en lui l’empreinte d’une vision libérale très américaine.

L’orgueil gaulois en prend un coup : nos « irréductibles » ne seraient-ils, au fond, que d’indécrottables « petits rigolos » folkloriques ?

La France, on l’a vu, compose avec ses propres contradictions par le déni. Comme si l’esprit généreux et rebelle issu de la Révolution n’avait fait que se superposer, sans le moins du monde l’annuler, à un autre esprit bien plus profond, qui imprègne encore les réflexes : l’esprit chauvin, conservateur, autoritariste, dédaigneux de l’Ancien Régime, avec son idéal « aristocratique » et son goût pour les privilèges.

C’est vrai qu’on s’y perd, qu’on ne sait pas bien quel visage retenir. Celui qui encense la loi, ou celui qui encourage ses contournements ? Le frondeur un tantinet anar ou l’homme d’ordre, le « pète-sec » qui a résolument « le porte-feuille à droite » ?

Faudrait-il remplacer la figure de Marianne par celle de Janus ?

Le double langage a réponse à tout. Il piège, il biaise…et il irrite.

 

 

P.Laranco.

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 11:36

Pour assister aux conférences-débats

 

 

 

Rien de plus simple que de téléphoner le jour même au 263 0014 pour confirmer la tenue des séances, aux salles de conseille des municipalités de Beau Bassin/Rose-Hill et Port-Louis. Ces séances bien distinctes les unes des autres sont ouvertes à ceux désireux d'approfondir leurs connaissances. Aucune inscription au préalable n'est nécessaire. À noter que les intervenants de l'Université Populaire sont des professionnels partageant leur savoir à titre gracieux. Les horaires sont comme suit : Salle du conseil de la mairie de Beau Bassin/Rose Hill de 17h15 à 19h15 et le samedi matin de 10h à 12h. Salle du conseil de la mairie de Port-Louis de 17h30 à 19h30.

 

 

 



Les thèmes

 

 

 

Les philosophies antiques - Joseph Cardella

Vieille d'au moins 2600 ans, la philosophie est l'une des plus anciennes disciplines de l'humanité. Quel peut-être son intérêt aujourd'hui ? Elle semble difficile, abstraite, loin de la vie. En effet, si l'on n'envisage que son aspect théorique, cette perception reste vraie. Mais la philosophie s'adresse à tous, et ce, depuis l'Antiquité. Philosopher, c'est chercher à vivre d'une manière philosophique. Et l'on peut dire que la philosophie aide à mieux comprendre, donc à mieux vivre. Nous aborderons cette année d'autres philosophies antiques qui s'interrogent sur l'homme et le monde, et proposent des réponses pratiques concernant à la fois notre vie et notre monde.

La philosophie sartrienne - Vèle Putchay

A travers cette grille de lecture, on cherchera à établir la part utopique dans la philosophie de Jean-Paul Sartre. On verra comment le philosophe a instauré un système de pensée qui l'a embarqué dans la quête d'une indépassable impossibilité mais néanmoins nécessaire. Dans quelle mesure l'expérience philosophique de l'impossible chez Sartre nous ouvre aujourd'hui la voie d'une conception pragmatique de l'existence ? Telle est la question qui se donne à nous.

Terrorisme, terreur et fantasmes - Laurent Dubourg

Alors que le terrorisme occupe une place prépondérante dans les médias, cette conférence vise à passer en revue les grands mouvements terroristes et leurs objectifs.

La littérature dans l'histoire - Marina Sala

Les mouvements littéraires sont étroitement liés à l'histoire des différents pays dans lesquels ils se sont développés. Afin de mieux les cerner et d'en mesurer la portée, nous verrons donc les principaux mouvements littéraires qui ont marqué l'histoire à partir de la Renaissance, en prenant comme point d'appui les mouvements littéraires français.

André Masson : l'insularité comme image carcérale - Véronique Garrioch

Les contes de fées : le merveilleux inquiétant

Histoire de l'art - Salim Khodabaccus

Leçons théoriques et projections multimédias relatives à l'histoire de l'art, pouvant concerner tout aussi bien des questions esthétiques, qu'une période, un mouvement artistique, ou des grandes figures de l'histoire et de la théorie de l'art. Le programme s'étend de la Rome antique en passant par le miniature islamique à l'époque moderne et contemporaine.

Les femmes mauriciennes et leur présence dans les instances de prise de décision à Maurice - Ibrahim Koodoruth

Psychologie sociale - Jean-Bernard Sadien

Les grands moments de son évolution historique et des éléments permettant de comprendre l'objet de la psychologie sociale et ses niveaux d'analyse. Pourquoi les personnes perçoivent-elles la réalité sociale comme elles la perçoivent ? Comment se construit notre perception d'autrui ? Qu'est ce qui détermine les relations entre groupes et comment ses relations peuvent évoluer vers des rapports conflictuels plutôt qu'harmonieux ? Afin d'apporter des éléments de réponses à ces questions, l'accent est mis sur les deux grands courants de la psychologie sociale, notamment celui de la cognition sociale et celui des relations intergroupes.

Cinéma - David Constantin

Photo - Elie Bernager

La première séquence sera axée sur la présentation des intervenants, une présentation générale/état des lieux de la photo et du cinéma. Engager une réflexion/un débat avec les participants sur l'image et sur la place qu'elle occupe dans notre société.

La photo, passerelle vers les arts majeurs ?

Quelle est la place, et quel est le rôle d'un photographe dans la société ? Quelle est la responsabilité d'un photographe face à son sujet ? Pourquoi ces questions sont-elles essentielles ? Séance appuyée par des exemples concrets.

Évolution et biodiversité - Anwar Janoo

Un aperçu de quelques étapes de l'évolution de la vie sur terre. Il faudrait beaucoup plus de temps pour esquisser une histoire détaillée de la vie sur terre mais nous tenterons d'expliquer au moyen d'exemples précis le déroulement de ces événements évolutifs qui ont contribué à cette diversité biologique actuelle.

 

 

 

 

  Source : http://lemauricien.com
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 11:28
 

 

"Les systèmes éducatifs ne font pas réfléchir"

 

 

 

L'Université Populaire. Une institution bénévole qui a pour but de rendre des contenus universitaires accessibles à tous ceux désireux d'acquérir du savoir et de réfléchir sur des sujets contemporains. Son instigateur dans notre île, Joseph Cardella, porte également une réflexion sur le système éducatif français aussi bien que mauricien.

Suite aux résultats des élections présidentielles françaises de 2002 où Jean-Marie Le Pen fut élu au premier tour contre Jacques Chirac, le philosophe Michel Onffray réactualise l'Université Populaire pour réagir durablement, et propose une ouverture sur la culture, le savoir et la réflexion. Le concept d'université populaire existait depuis le 19e siècle, mais devait reprendre une certaine ampleur dans le cas français pendant l'Affaire Dreyfus. Affaire qui suscita une vague d'antisémitisme et de conservatisme très forte.

Or la montée de l'Extrême droite et des idées racistes et xénophobes en 2002, devait motiver une réactualisation de l'Université Populaire dans des villes françaises aussi bien que dans quelques autres villes à l'exemple de Boston ou de Niamey au Niger, et à Maurice. L'Université Populaire du type Onffray ne délivre pas de diplôme, et se distingue par sa gratuité et par son ouverture à tous ceux désireux d'approfondir leurs connaissances. Les intervenants présentent un contenu qui est discuté par les participants.

L'assistance est invitée à poser des questions et peut débattre ou même remettre en question certaines parties du contenu. Cet aspect réflexif ou critique est absent du système académique dans son ensemble. L'Université Populaire n'est ainsi pas une concurrence aux universités dites classiques. Question de réflexion…

Quel est le but de l'Université Populaire ?

Rendre des contenus de savoir de type universitaire accessibles au grand public, à ceux qui n'ont pas entrepris de grandes études et qui ont soif de savoir. L'Université Populaire est ouverte à tous. On voudrait le plus possible toucher ceux qui sont intéressés par un thème particulier ou une discipline. Toucher tous ceux intéressés à acquérir un savoir et qui ont de près ou de loin arrêté leurs études. Ceux qui veulent en savoir un peu plus sur l'île durable, la science ou encore le journalisme.

On traite des grandes questions contemporaines. La conférence-débat de janvier sur le journalisme traitera, par exemple, du terrorisme. On prend le temps d'expliquer ces points et de répondre aux questions du public.

Le public dispose-t-il des outils nécessaires pour réfléchir ?

Il faut être confronté au savoir et à la réflexion pour pouvoir réfléchir. Le savoir ne suffit pas. Parce qu'on peut, justement, apprendre par cœur et n'avoir aucune réflexion derrière. On ne montre pas à quoi sert cet apprentissage, ni quel est l'intérêt de ce que vous apprenez. C'est dans ce sens que l'Université Populaire est différente du système scolaire.

Quel est le but de l'éducation ?

Savoir et réflexion. On met énormément sur le savoir mais très peu, voire presque rien, sur la réflexion. Or les deux vont ensemble. Quelqu'un qui réfléchit est quelqu'un qui sait ; quelqu'un qui sait est quelqu'un qui réfléchit. Il n'y a absolument pas de coupure.

Est-ce que les actuels systèmes éducatifs permettent la réflexion ?

Les systèmes éducatifs ne font pas réfléchir, mais sont là pour donner des contenus de savoir et pour les faire apprendre et pratiquer. La réflexion n'est pas vraiment incluse dans ces systèmes. C'est une grosse lacune. Car quand vous apprenez quelque chose, vous devez savoir à quoi ça vous sert.

Quelle est l'importance de la réflexion ?

Lorsqu'on apprend quelque chose, notre intelligence nous le fait comprendre. À partir du contenu appris, on se met à poser des questions pour mieux saisir des aspects qui ne sont pas clairs. La réflexion sert ainsi à faire fonctionner son intelligence pour mieux comprendre les choses ; poser des questions ciblées sur ce qu'on a appris. La réflexion n'est ni plus ni moins que l'intelligence en fonctionnement.

Est-ce que le système français permet cette réflexion ?

Ce système intègre en dernière année la philosophie -une matière où on peut davantage se permettre de réfléchir. Le but est non seulement de former l'individu mais aussi de faire réfléchir sur l'enseignement reçu et sur la vie. La philosophie est une discipline d'utilité plus que publique. Le seul problème est que cette discipline n'est pas présente dans le cursus avant la dernière année.

J'ai appris que certaines écoles françaises et américaines expérimentent la philosophie en primaire. On fait réfléchir les enfants et on les incite à prendre la parole sur des questions : À quoi sert l'école ? Qu'est-ce que c'est qu'apprendre ? Qu'est-ce que le respect ? Ce sont des expériences ciblées et très peu généralisées. La philosophie se veut de faire réfléchir chaque individu.

Quelle est la différence majeure entre le système éducatif mauricien et français ?

La différence entre système éducatif mauricien et le système éducatif français est que celui-ci met un petit peu plus l'accent sur la réflexion. Toutes les écoles décrites au niveau national s'acheminent cependant toujours vers un apprentissage pur, sans trop de questionnement. Il faudrait un enseignement adapté au public ; ce n'est pas au public de s'adapter à l'enseignement. On ne peut pas dire la même chose suivant les couches sociales à qui on a affaire.

Ceci concerne l'introduction du créole dans le système mauricien. Des individus de couches sociales aisées ont accès très tôt à d'autres langues que le créole. Ces individus sont plus armés, puisque le savoir est une question de bagage. Si on vous donne très tôt des outils pour être par exemple charpentier et qu'on vous apprend le métier très tôt, vous saurez évidemment plus vite qu'une personne à qui on n'a jamais donné d'outils. Encore une fois, c'est à l'enseignement de s'adapter aux populations, et non, aux populations de s'adapter à l'enseignement.

 

 

Source : http://lemauricien.com
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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 14:52

PREMIER trimestre 2009

 

 

LE MERCREDI DU POÈTE au FRANÇOIS COPPÉE

 

1, bd du Montparnasse - Métro Duroc

de 15 h précises à 18 h Salle du 1er étage

 

 

Mercredi 28 janvier

 

Invitée Jeanine BAUDE

 

“D’Île en Île” – Présentation par

Monique W. Labidoire.

 

 

Mercredi 25 février

 

Invitée Jacqueline BREGEAULT-TARIEL

 

“Jacqueline Bregeault-Tariel ou L’écriture d’un pays lointain” – Présentation par Laurent Desvoux.

 

 

Mercredi 25 mars

 

Invité Bernard VARGAFTIG

 

“A corps vivant, à corps perdu, le poème” –

Présentation par Monique W. Labidoire.

 

 

Jean-Paul Giraux, Monique W. Labidoire

et Bernard Fournier

 

 

qui  présentent leurs meilleurs vœux à tous

les amis du Mercredi du Poète

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 18:06
faire durer la nuit, t'enrouler dans ses filaments car, en ce lieu, la
vindicte du monde n'ose plus être, faire durer la nuit, effleurer la
chevelure de l'aimée, elle est si belle, si fragile, étreindre le
souffle des enfants et tu récites les versets de leur innocence, faire
durer la nuit afin de la disperser en mille terres pour qu'elle s'y
enracine et renoue sa promesse du fuir et de l'ailleurs, faire durer
la nuit pour que cesse la parole de ceux qui ont oublié le sens de
l'histoire, qui ont oublié qu'on ne peut se défaire de l'autre en soi,
faire durer la nuit pour oublier les carnages selon la doctrine du
mépris et du char, pour conjurer viscères de bombes qui rameutent
corps amputés, corps ravagés, corps épurés, faire durer la nuit pour
oublier les connivences de l'imposture et du mensonge, pour oublier la
barbarie des puissants et le silence des lâches, faire durer la nuit
pour oublier le sang qui jaillira de l'engrenage de nos abîmes, pour
oublier le sang qui macule les larmes des dépossédés, pour oublier
Gaza.

Umar Timol
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Présentation

  • : Le blog de Patrimages
  • : Ce blog s'intéresse à la poésie, à la littérature de l'Océan Indien, à la philosophie, aux sciences, à l'Homme et au sens de la vie.
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